Mickaël Bedos, la synthèse du bobo qui prend son arrogance pour de la subversion, écope de trois mois de prison avec sursis et 800 euros d'amende pour une altercation avec des agents alors qu'il circulait ivre en scooter.

Mickaël Bedos
© Inconnu
Mickaël Bedos a été condamné vendredi à trois mois de prison avec sursis et 800 euros d'amende pour conduite en état d'ivresse, outrage et menace de mort envers des policiers après une chute à scooter. Le tribunal correctionnel de Paris a suivi les réquisitions du parquet et a retenu l'état de récidive légale, l'humoriste ayant déjà été condamné en janvier 2010 pour conduite en état d'ébriété. Mickaël Bedos n'était pas présent à l'audience. Il « sait donner des leçons de courage [...] aux policiers quand il passe à la télé, mais quand il s'agit de venir s'expliquer devant eux, il n'en a plus beaucoup », a taclé l'avocat des deux policiers, Me Jérôme Andrei. Une référence à une ancienne chronique au vitriol de l'humoriste sur la police, qui lui avait déjà valu une condamnation pour injure publique en juillet 2012.

Dans la nuit du 24 septembre 2013, dans le centre de Paris, deux policiers avaient aperçu un homme circulant avec difficultés sur un deux-roues, zigzaguant et faisant des embardées avant de chuter. Lorsqu'ils étaient arrivés à la hauteur de Mickaël Bedos, le ton était rapidement monté. Selon les deux policiers, l'humoriste, ivre, les avait pris à partie, parlant de leur « boulot de merde » notamment. À l'un d'eux, il aurait dit : « Je te retrouverai et je te tuerai. »

« Vous faites moins le fier qu'à la télé »

La représentante du parquet a fustigé un « comportement inadmissible » et des « propos détestables », déplorant qu'il soit venu au tribunal « présenter des excuses ». Entendu par la police lorsqu'il avait recouvré ses esprits, Mickaël Bedos avait dit ne pas se souvenir avec précision des propos tenus, mais il avait nié toute forme de menace. Et selon lui, l'un des deux policiers l'avait abordé en lui lançant : « Vous faites moins le fier qu'à la télé », ce que le fonctionnaire de police a nié.

Mickaël Bedos a en outre été condamné à verser au total 750 euros de dommages et intérêts aux fonctionnaires et 300 euros pour les frais de justice. Son avocat, Me Vincent Toledano, a déploré que, dans ce dossier, son client soit « doublement coupable : du comportement habituel d'un ivrogne », mais aussi de sa notoriété. Il a renouvelé les excuses de l'humoriste aux policiers.

Georges Brassens - Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con :