« Des affrontements ont opposé, vendredi 2 mai, des militants pro-russes et des partisans de l'unité ukrainienne à Odessa, faisant quatre morts. Trente-et-une personnes ont ensuite péri dans la soirée, lors de l'incendie criminel du bâtiment des syndicats. »Admirons la façon dont le fait est traité, comme pour en faire un événement secondaire, avec la mise en avant des affrontements. Ce qui va marquer le lecteur pressé, soit l'écrasante majorité de l'opinion.
Le titre et l'exergue du journal Libération relèvent, quant à eux, de la prouesse en matière de désinformation. Le titre d'abord : « A Odessa, l'attaque d'un cortège de supporteurs à l'origine du drame ». Une présentation chargée de circonstances atténuantes, à l'intention de ceux qui, alarmés par la nouvelle, viennent s'informer. L'exergue ensuite : « Une quarantaine de personnes sont mortes vendredi dans la ville portuaire d'Ukraine après des affrontements entre jeunes pro-Kiev et pro-russes, notamment dans l'incendie de la maison des Syndicats. » Les morts n'ont pas de camp précis. Même si le journal est obligé de donner de détails, il le fait dans l'article. Là où rares sont ceux qui vont fouiller. Et là encore rien n'est laissé au hasard, c'est Natalia Petropavlovska, une partisane des putschistes de Kiev, interviewée par l'AFP qui est chargée d'expliquer le drame : « Ils ont commencé à le détruire, à y mettre le feu. Les pro-russes auraient pu partir, ils savaient qu'une foule en colère arrivait, il s'est écoulé deux heures entre l'attaque de la manifestation et l'arrivée des supporteurs et des nôtres. Mais au lieu de cela ils ont choisi de se réfugier dans la Maison des syndicats. » La faute des morts est établie. Il faut enfin remarquer que si la dame, au contraire de la presse, ne parle pas que de « supporteurs », et dit aussi « des nôtres », personne ne l'a interrogée sur leur identité.
Tout compte fait, l'ONU et ses agitateurs droitdelhommistes ne bougeront pas pour une enquête, leur spécialité quand il s'agit de reconquista colonialiste.




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