Nicolas Sarkozy nous avait déjà donné quelques indices de ce que serait désormais la Démocratie. Dès son arrivée à l'Élysée, il s'est attelé à une des missions pour lesquelles il avait été élu, annuler le NON français au référendum sur la constitution européenne. Ce qu'il fit avec brio. A la suite de cette expérience, il fera un constat qu'il va exploiter tout au long de son mandat : il peut s'assoir sur la constitution sans que personne ne bouge. Un autre constat est que le parlement, c'est juste pour la galerie. Une loi qui doit passer, passera. Si les représentants de la nation votent mal, on la fera revoter jusqu'à ce qu'elle passe.

Parelement français
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En tant qu'agent de l'Atlantisme, il nous avait montré comment les États-Unis comprennent la Démocratie dans les pays occupés ou vassaux. Nous venons d'en avoir la confirmation dans deux autres pays sous la domination des États-Unis, qui nous avait déjà enseigné que toute élection qui ne correspondait pas à son choix serait à refaire ou à annuler par une révolution. Il s'agit de la Libye et de l'Ukraine.

On vient d'assister à un scénario digne d'un sketch pour la nomination du nouveau premier ministre libyen par le parlement (peut-on encore l'appeler ainsi). N'ayant pas réussi à faire élire leur candidat Ahmed Miitig par un vote à bulletins secrets, les islamistes exigent un vote à main levée, sans plus de résultats. Mais voter à main levée, dans le climat très démocratique qui règne en ce moment en Libye, est une action qui peut se révéler très risquée. Pour ne pas extrapoler, disons qu'avec ce type de vote, on sait qui a voté quoi. Ce qui s'est passé après cette dernière tentative, nous ne le saurons pas, car la retransmission télévisée avait été interrompue. Après une heure, le conclave libyen annonçait, par la voix du président de la séance (qui avait changé entre temps) que la Libye avait un nouveau premier ministre en la personne de... Ahmed Miitig. Un petit détail, qui n'est sans doute pas important dans les démocraties exportées par Washington, le parlement n'était plus valide depuis février.

Pour l'Ukraine, ils ont parfait leurs méthodes. C'est plus propre et plus rapide. Ils ont décidé, purement et simplement, d'expulser de la salle des séances de la Rada (le parlement ukrainien) ceux qui pourraient avoir de mauvais votes, c'est-à-dire les députés communistes. Ainsi la démocratie pourra s'exercer en toute tranquillité, sans perturbateurs qui pourraient distraire les députés restants de leurs devoirs.

Une question me taraude. Si ce qui s'est passé en Libye et en Ukraine se passait en France qu'aurions-nous fait ? La réponse probable est : rien.