Danny Bowman tentant de prendre un « parfait selfie ».
Danny Bowman tentant de prendre un « parfait selfie ».

La mode montante et ravageuse qui consiste à prendre des selfies [autoportrait, ndlr] avec son smartphone est liée directement à un conditionnement défaillant de la santé mentale, qui concentre la personne sur l'obsession de son apparence.

Selon le psychiatre David Veal : « Deux personnes sur trois qui viennent me consulter ont de gros désordres psychologiques déclenchés entre autre par l'apparition des téléphones portables avec caméra, dits smartphones, et développent de manière compulsive le besoin de se prendre régulièrement en photo pour ensuite les partager sur les réseaux sociaux. Les thérapies comportementales sont mises en place pour aider le patient à reconnaître son besoin compulsif pour qu'il puisse ensuite le modérer ».

Un adolescent britannique a tenté de se suicider après avoir raté une tentative de « selfie parfait ».

Danny Bowman est devenu tellement obsédé par son projet de prendre le cliché parfait qu'il y a passé 10 heures par jour avec une moyenne journalière de 200 selfies. Le jeune de 19 ans a perdu quasiment 15 kilos, s'est fait renvoyer de l'école, et n'est pas sorti de chez lui pendant près de 6 mois, tout sa pour obtenir le cliché parfait. Frustré par toutes ses tentatives manquées, le jeune Bowman a tenté de mettre fin à ses jours, mais a été sauvé in extremis par sa mère.

« J'étais constamment en recherche du parfait selfie et quand j'ai réalisé que je ne pourrais jamais y parvenir, j'ai voulu mourir. J'ai perdu mes amis, gâché mon année scolaire, ma santé et presque ma vie », a-t-il déclaré au Sunday Mirror en mars 2014.

L'adolescent David Bowman est considéré comme étant le premier anglais accro aux selfies et s'est vu prescrire une thérapie pour lutter contre ses gros désordres psychologiques.

Une partie du traitement prescrit à l'hôpital Maudsley de Londres consistait pour le jeune homme à se séparer de son téléphone par intervalles de 10 minutes, puis de 30 minutes, puis d'1 heure, etc.

« C'était un exercice atroce pour moi, mais je savais qu'il fallait que je le fasse si je voulais retrouver une vie normale ».

Les organisations sanitaires publiques de Grande-Bretagne ont annoncé que l'addiction aux réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter est une maladie mentale et que plus de 100 patients sont internés chaque année.

Le gros problème avec l'augmentation du narcissisme numérique est qu'il met une énorme pression sur les gens qui cherchent à parvenir à des objectifs irréalisables, ce qui les obsède. Vouloir être une superstar promulguée par le système, telle que Jay-Z ou Beyoncé, n'est pas à la portée du premier venu ; cela requiert un minimum de talent et de travail. Les manifestions de narcissisme en ligne sont une stratégie pour compenser la réalité et une très faible estime de soi. Et quand ces efforts sont renforcés et récompensés par des commentaires et des « J'aime » d'autres personnes, ils accentuent la distorsion de la réalité et consolident la désillusion narcissique en enfermant l'individu dans ce mode de vie et de rapport à l'autre.

Cette addiction aux selfies a également alarmé et attiré l'attention de professionnels en Thaïlande. Panpimol Wipulakorn, du département de santé mental thaïlandaise, est formel : « Pour avoir regardé de prêt ce phénomène et ceux qui y participent en commentant et en cliquant sur « J'aime », l'individu s'enferme dans un mode de rapport à l'autre qui le fait espérer le maximum de « J'aime » et de commentaires ».

Le docteur est persuadé que ce genre de comportement ne peut mener qu'à des problèmes mentaux et à d'importants dysfonctionnements psychologiques, tout particulièrement chez les plus jeunes, en manque de confiance.

Le terme « selfie » a été élu « Mot de l'année 2013″ par le Oxford English Dictionary. Il y est définit comme « une photographie qu'une personne a pris d'elle-même avec un smartphone ou une webcam, puis qui l'a publiée sur les réseaux sociaux ».

Quelques exemples sans équivoque !Le selfie a la muscu, parce que le miroir ne suffit pas :
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Selfie inversé. Nauséabond.

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Individu fragile à la muscu !

Le « selfie en voiture » ou « selfie ceinture de sécurité »

Pour cela, vous devez entrer littéralement dans la voiture et vous dire ensuite : « Wow, j'ai l'air superbe aujourdhui ! Vite, mon smartphone avant que cette impression ne s'évade, afin que je mette cela sur mon Facebook, Twitter, Instagram et LinkedIn ! »

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Généralement, les femmes aiment montrer un bout de nibard.

Ce désordre mental et psychologique n'a pas de sexe :
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Le regard qui tue la mort

La spéciale

Si vous êtes capables de combiner le « selfie ceinture de sécurité », le « selfie torse nu » et le « selfie je-regarde-ailleurs », alors vous êtes un pro. Respect.

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Il faut des années d'entraînement pour maîtriser un tel combo.

Le « selfie je-viens-de-me-réveiller »
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Souvent accompagné d'une phrase du type « Je suis trop moche au réveil » afin de déclencher des « Mais non ! » à foison de la part de mâles en chaleur.

Pire encore, le « selfie je-dors »

On sait que tu ne dors pas connasse, c'est toi qui as pris la putain de photo !

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Le « selfie ajoute-un-gosse »
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But recherché : provoquer de l'émotion. Malheureusement, ce genre de photos provoque plutôt une ambiance malsaine de type pédophilie.

Le « selfie tête-de-canard »

Hé les filles ! Si vous pensez que ce genre de poses vous embellit, sachez qu'en fait, vous avez l'air aussi connes que désespérées !

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Pose également très appréciée par les beurettes.

Le « selfie je-suis-une-gigantesque-pute »

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Dans le même genre, le « selfie oh-on-voit-mon-cul-dans-le-miroir »
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Mention spéciale à l'étiquette qui sort de la culotte.

Le « selfie je-fais-passer-un-message-pour-avoir-un-pretexte-hors-sujet-de-balancer-une-photo-de-moi »

Had a great nite out => J'ai passé une bonne soirée !

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Pour finir, un « selfie » qui fait vraiment peur

Une beurette dans sa chambre en désordre, obscurité, flash aveuglant, visage effrayant avec « tête de canard » en prime et bout de nibard apparent !

Un combo difficile à réaliser. Chapeau bas.

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D'après un article du site Disclose.tv

Traduit par Astu Bardamu pour Croah.fr