Les Maîtres du Monde
En français, en dehors du Monde, le quotidien La Tribune a publié une interview de Soros (Le plan de George Soros pour sauver l'Europe), toujours le 23 octobre, présentée ainsi : « Le légendaire créateur du fonds éponyme et de l'Open Society était de passage à Bruxelles jeudi pour promouvoir son dernier livre, « Wake up Europe ! », qu'il vient de publier dans la New York Review of Books ». On remarquera que l'article de Soros est devenu à l'occasion un livre...
Le même article est paru en espagnol dans La Vanguardia (Despierta, Europa), mais cette fois le 26 octobre (mauvaise synchronisation ?).
Il n'est paru à notre connaissance dans aucune autre langue, certains médias européens se contentant de reproduire des dépêches d'agence le résumant. Cela paraît d'autant plus bizarre que Soros est propriétaire du Project Syndicate, qui diffuse des centaines de tribunes libres de grandes plumes dans 181 quotidiens internationaux et dans une douzaine de langues : de Desmond Tutu à Bill Gates, en passant par Michel Rocard et Javier Solana . Alors que son précédent article (Sauver l'Ukraine pour sauver l'Europe), de mai dernier, avait été diffusé par cette entreprise, celui dont il est question ici ne l'a pas été. Est-ce là le fruit d'une décision tactique ou bien y aurait-il des désaccords dans l'écurie de Saint-George?
Serait-ce par hasard lié à ce que Zero Hedge qualifie de hot, hot, hot, à savoir la fabuleuse exigence de Soros que le FMI injecte immédiatement 20 milliards de dollars en cash en Ukraine, avec l'engagement d'en fourguer encore plus si nécessaire ? Si l'on calcule une modeste commission de 5%, ça fait 1 bon petit milliard de dollars, bref de quoi semer la zizanie chez les banksters et leurs chargés de communication syndiqués. Ou alors, une autre explication relevant de la pure rêverie : et si les rédactions de tous les grands journaux du Nord, du Sud, de l'Ouest, de l'Est, qui acceptent généralement de publier la prose « proposée » par Project Syndicate, avaient tout simplement répondu cette fois-ci : » Niet, spassiba » (Non, merci) ? Ce serait là un scoop révolutionnaire. Bon, assez rêvé.