
Des chiffres qui font froid dans le dos. Plus de 1400 personnes, dont 261 personnalités font l'objet d'une enquête pour pédophilie au Royaume-Uni à des dates plus ou moins récentes. Parmi eux, 76 hommes politiques, 43 du showbizz, 175 de la radio, du cinéma ou de la télévision. Parmi eux, quelques personnnalités déjà inculpées comme Rolf Harris, Gary Glitter and Max Clifford. Des centaines d'établissements ont été identifiés par les victimes dans le cadre de l'opération Hydrant: parmi elles, 154 écoles, 54 établissements pour enfants, 40 institutions religieuses et 14 établissement médicaux, énumère le Guardian.
L'opération Hydrant mise en place par la police britannique en 2014 pour coordonner les différentes enquêtes en cours sur les réseaux pédophiles dans le Royaume. Le directeur de la police à la tête de l'opération, Simon Bailey, qui a rendu public ces chiffres ce mercredi, a prévenu que les victimes pourraient se compter en centaines de milliers. Le nombre de dénonciations a augmenté, selon lui, de 71% depuis 2012. Cette hausse est consécutive au scandale Jimmy Savile, précise le Daily Telegraph. Le Royaume avait découvert cette année-là que l'ancien animateur vedette de la BBC avait été "l'un des plus grands prédateurs sexuels" de mineurs de l'histoire anglaise, selon Scotland Yard. Simon Bailey a également signalé que ce fléau était plus actuel que jamais. Internet est, selon lui, une arme redoutable au mains des prédateurs sexuels.



Parce que les réseaux du show biz utilisent internet, peut-être ? Ces trucs ont eu lieu dans des orphelinats, instituts, etc. Ils vont trouver les victimes là où elles sont...
Par ailleurs puisque ce fléau est si répandu, il faudra peut-être un jour réfléchir au sujet à tête reposée au lieu de nourrir l'hystérie générale. Visiblement, cette attitude ne résout pas le problème, tout comme l'excès de police ne solutionne pas l'excès de crime lorsque celui-ci est, de toute évidence, dans la nature humaine. L'inceste est un fait généralisé dans les familles, bien plus répandu qu'on ne le croit et qu'on ne veut l'admettre. On peut vouloir émasculer ou pendre les déviants, ou l'on peut vouloir comprendre avant de prendre des mesures réellement adaptées... Sinon, dans un siècle, le problème sera toujours là, et il sera juste un nouveau de prétexte pour "plus de sécurité et moins de liberté", il est tellement facile d'instrumentaliser les enfants pour prendre les peuples par les sentiments pour qu'ils baissent les armes que je suis étonné que l'argument n'ait pas été davantage utilisé en ce sens... Peut-être parce que la banalisation en arrange certains aussi, et qu'ils ne veulent pas trop attirer l'attention sur ce problème qui s'étendu surtout chez les puissants... Mais je pense qu'on finira par voir qu'ils n'en sont pas à une contradiction près, et que les écarts de conduite des privilégiés finiront par devenir une excuse pour surveiller les pauvres...
Bref c'est un sujet complexe, qui est sujet à un manichéisme facile, aussi. Il est plus difficile de regarder les choses en face et de comprendre que la sexualité n'est pas une chose qu'on peut enfermer dans des normes aussi facilement. Il y a des asexuels qui vivront mal tout rapport même à l'âge adulte, et pourtant on refusera d'admettre qu'ils puissent percevoir cela comme un viol, et on ne les prendra pas en compte dans une telle demande, et il y a des précoces, et on les criminalisera et les médicalisera... Je ne dis pas qu'il faut tolérer les abus, au contraire. Je dis juste qu'on n'est pas en mesure de regarder un sujet aussi sensible droit dans les yeux. Connaissant personnellement à la fois des victimes et des personnes qui sont passées à l'acte, je les reconnais toutes comme des êtres humains et il serait bon aussi de ne pas les diaboliser ni les sacraliser, pour avancer sur un sujet aussi complexe. Vouloir punir les déviants ou les faire disparaitre n'est jamais qu'une tendance à l'eugénisme qu'on insinue dans nos têtes, sous couvert de bons sentiments.
Par ailleurs, il faut savoir séparer le problèmes des réseaux mafieux et le problème de la violence "ordinaire" à la maison (ordinaire au sens que, comme je le disais, c'est très répandu, pour avoir bossé sur le sujet il y a pas mal d'années). S'il fallait résoudre ce problème en séparant toutes les familles dans lequel il survient, il y aurait soudain une sacrée recrudescence d'enfants sans parents... Une bonne idée pour démarrer un meilleur des mondes à la Huxley... Gageons que c'est une réponse que certains privilégiés pourront envisager, pour sortir les victimes potentielles de la surveillance familiale... Ils n'en sont pas à ça près.
En attendant, on nourrit l'hystérie. Et donc le problème.