Ni arme, ni explosif n'ont été découverts lors des perquisitions, mais du matériel informatique, des tenues d'entraînement de type militaire et du matériel de propagande de l'État islamique ont été saisis et sont actuellement en cours d'examen, selon le parquet fédéral.
Six personnes ont été emmenées pour audition, parmi lesquelles deux ont été placées sous mandat d'arrêt : « La première du chef de menaces d'attentats, de participation aux activités d'un groupe terroriste en qualité de dirigeant et de recrutement en vue de commettre des infractions terroristes, comme auteur ou coauteur et la seconde, du chef de menaces d'attentats et de participation aux activités d'un groupe terroriste, comme auteur ou coauteur », précise le parquet fédéral.
Il s'agirait, selon la RTBF, de deux Anderlechtois domiciliés dans le même quartier, dont l'un serait déjà connu des forces de l'ordre pour des faits de vandalisme - , ne précisant ni leur âge, ni leur nationalité, ni l'endroit précis de leur interpellation. Ils se connaîtraient, et feraient partie d'un club de motards de la capitale, toujours selon la RTBF. La DH précise également l'âge des Anderlechtois : l'un aurait 27 ans, et l'autre 30 ans.
Les quatre autres personnes entendues ont été remises en liberté, après audition par le juge d'instruction.
Un projet d'attentat contre la police à Bruxelles
L'enquête a permis de « mettre en lumière des menaces sérieuses d'attentats qui viseraient plusieurs lieux emblématiques de Bruxelles et seraient commis durant les fêtes de fin d'année », indique le parquet fédéral.
Selon nos informations, l'Ocam a diffusé, lundi soir, un nouvel avis informant les autorités d'une « menace précise ». Elle vise plus particulièrement la Grand-Place, les commissariats et les forces de l'ordre. Elle portait sur « les prochains jours, durant les fêtes », mais n'était pas qualifiée d'« imminente », raison pour laquelle le niveau 4 n'a pas été déclenché. En revanche, les policiers étant désormais considérés comme « cibles », des dispositions particulières seront prises à leur égard, ainsi que vis-à-vis des commissariats.
Cette nouvelle évaluation justifie la décision de l'Ocam de relever le niveau d'alerte à 3 pour les cibles précises comme « les policiers et les militaires en service dans l'agglomération bruxelloise, ainsi que pour les commissariats et plus spécifiquement celui de la rue Marché au Charbon » précise la note interne de la zone de police BruNo (Schaerbeek, Evere, Saint-Josse).
Cette hausse ciblée du niveau d'alerte est immédiatement d'application et court jusqu'au 4 janvier, alors que l'ensemble du territoire belge est à ce même niveau de menace (3) depuis des semaines.
Quelles mesures concrètes ?
Les mesures concrètes supplémentaires qui en découlent pour les commissariats de police sont listées dans la note de la zone de police BruNo. Il a notamment été décidé que les agents de police sortiront toujours accompagnés d'un collègue armé (ou seul, en civil et armé pour les agents de quartier), ou encore que le personnel opérationnel pourra garder son arme de service pendant les déplacements domicile-travail (après demande au chef de corps).
Une Quick Response Team (QRT) sera prête en permanence à aller prêter main-forte à une patrouille sur le terrain, tout en restant disponible pour l'ensemble de la Région bruxelloise « en cas de menace ou situation terroriste ». Les déplacements de service seront limités, et les missions et actions de contrôle non-urgentes ou non-prioritaires seront abandonnées.
Les unités qui ne sont pas équipées d'un sas de sécurité seront obligatoirement fermées à clef.
Un lien avec les attentats de Paris ?
Le parquet a affirmé dans son communiqué que les interpellations et l'enquête en cours n'étaient pas liées aux attentats qui ont frappé Paris le 13 novembre dernier. L'Ocam estime néanmoins qu'il « existe une menace possible et vraisemblable, du même style que les attentats de Paris » envers différents endroits à Bruxelles.
Les festivités du Nouvel An menacées ?
Dans l'état actuel de l'enquête, la décision de maintenir ou d'annuler les festivités est plus délicate que jamais. Le bourgmestre de la Ville, Yvan Mayeur, a demandé à l'Ocam de reformuler un nouvel avis, ciblé, cette fois, sur le périmètre des festivités ; il devrait être rendu ce mercredi dans l'après-midi.
Le feu d'artifice risque-t-il d'être annulé ?
Pas sûr. Yvan Mayeur fait face à un vrai dilemme. « Je ne veux pas décider trop vite de tout annuler, pour qu'on dise après que je n'aurais pas dû le faire. Et puis, je ne veux pas ajouter à la psychose de la population. »
C'est bel et bien au bourgmestre qu'incombent la décision et la responsabilité de trancher.
« Je le ferai mercredi soir, lorsque je serai en possession de tous les éléments les plus objectifs possibles. D'un côté, c'est un rassemblement important, qu'il faut donc arriver à sécuriser. Mais, de l'autre, c'est un événement qui est cadré. Il a lieu dans un périmètre précis, entre 23 heures et une heure du matin et, l'an dernier, on a vu que, dès que c'était fini, les gens rentraient chez eux. Si on l'annule, on aura de toute façon beaucoup de monde dans les rues, ce sera plus compliqué à gérer. »Une équation qui tourne dans la tête d'Yvan Mayeur. Réponse ce mercredi en fin de journée.




Commentaire : Comme nous pouvons le constater, l'information donnée n'est pas très claire concernant le risque réel, pour la population, d'être exposé à un attentat terroriste. Ce qui est clair, cependant, c'est que les policiers sont en danger et qu'ils devront porter des armes à feu, tout le temps, même en dehors de leur service. Les citoyens devront s'habituer aussi de plus en plus à vivre, jour après jour, dans la crainte d'une menace terroriste.