La Russie retire de Syrie plus de la moitié de ses chasseurs et bombardiers, tout en maintenant les systèmes de DCA et la flotte en Méditerranée, ont annoncé à RBTH des experts militaires russes. Mais même après le retrait de la majeure partie du contingent en Syrie les forces armées russes continueront d'effectuer des frappes contre les positions des terroristes de Daech.

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© Ramil Sitdikov / RIA NovostiPilote russe près d'un Su-34 sur la base aérienne de Hmeimim
Les forces armées de Russie entament le retrait du gros de leurs unités depuis la Syrie. Selon les analystes militaires, le contingent des forces aérospatiales dans la région sera considérablement réduit, mais l'opération contre les extrémistes de Daech et du Front al-Nosra (organisations interdites en Russie) sera poursuivie.

« Le nombre de missions a fortement diminué et elles sont effectuées surtout de nuit. Toutefois, l'accord sur la cessation des hostilités ne concerne pas les groupes qualifiés de terroristes par la Russie et la coalition internationale. Les forces armées russes continuent de porter des frappes ciblées contre les positions de Daech », a indiqué à RBTH Viktor Mourakhovski, rédacteur en chef du magazine Arsenal otetchestva (Arsenal de la patrie) et membre du Conseil d'experts de la Commission militaro-industrielle de Russie.

Les forces retirées

Ce mardi matin, un premier groupe de chasseurs et de bombardiers russes a quitté la Syrie à destination de leurs bases de stationnement, a annoncé le ministère de la Défense dans un communiqué publié sur son site. Les vols sont effectués par groupes conduits par des avions de transport militaire (Tupolev Tu-154 et Iliouchine Il-76) qui emmènent ingénieurs, techniciens et biens matériels.

Après avoir franchi la frontière russe, les avions se séparent pour mettre le cap sur sa base de stationnement permanent respective.
« Sur les soixante chasseurs et bombardiers, il est prévu d'en retirer la moitié, voire les deux tiers. Toutefois, nos effectifs en Syrie ne seront réduits que très peu, car il importe d'assurer la sécurité des troupes russes dans l'aérodrome de Hmeimim et le port de Tartous », a fait remarquer Viktor Mourakhovski.
Les forces maintenues

Toujours d'après Viktor Mourakhovski, les unités d'hélicoptères resteront toutes afin d'accomplir des missions de recherche, de sauvetage et de transport tactique en Syrie. La Russie laisse également sur place ses conseillers militaires qui aideront la direction syrienne à lutter contre les terroristes de Daech.

« La Russie maintient au complet ses systèmes de DCA en Syrie : les batteries de missiles S-400, Bouk-M3, Tor-M2 et Pantsir S-1. Les bâtiments des forces navales russes seront également maintenus et se succèderont dans la partie orientale de la Méditerranée, sur la base du principe de rotation », a indiqué à RBTH le colonel à la retraite Viktor Litovkine, observateur militaire de l'agence TASS.
Selon lui, la flotte sera chargée de missions de renseignement et de contrôle des activités de Daech, mais aussi de l'observation des bâtiments de l'Otan qui arrivent en mer Noire avec des missiles de croisière Tomahawk et SM-3 à bord.
« Moscou lance un processus de paix et suit l'exemple des Etats-Unis en Afghanistan en maintenant ses bases et ses moyens de leur défense. Le retrait des unités « de combat » véhicule également un message au président Bachar el-Assad : il indique que la Russie ne résoudra pas toujours les problèmes syriens sur la scène internationale et que le régime syrien est actuellement capable de déployer des activités politiques indépendantes », a déclaré à RBTH le rédacteur en chef de la revue Russia in Global Affairs, Fiodor Loukianov.