Un quart d'heure plus tard, des explosions se sont produites simultanément à Jablé, à 60 km plus au nord, devant la gare routière, la compagnie d'électricité et deux hôpitaux, a indiqué à l'AFP une source policière. «A l'hôpital national, un kamikaze a fait exploser sa ceinture dans le service des urgences, tandis que dans celui d'Al-Assaad, une voiture piégée a explosé à l'entrée «, a précisé cette source.
La télévision syrienne a montré des carcasses de bus carbonisées, du sang, de la fumée et des débris de vitres. Au total, la police a fait état de quatre voitures piégées et de trois attentats suicide, tandis que l'OSDH a rapporté deux attentats à la voiture piégée et cinq attaques suicides. L'ONG a établi le bilan à au moins 121 morts et des dizaines de blessés, la quasi-totalité des civils. Il y a au moins 78 morts, selon l'agence officielle Sana.
Attaques les plus meurtrières depuis 30 ans
Revendiquées par l'Etat islamique, ces attaques sont inédites dans ces deux villes relativement épargnées par la guerre qui ravage la Syrie depuis cinq ans. Elles sont également les plus meurtrières depuis 30 ans dans ces bastions des alaouites, communauté minoritaire à laquelle appartient le chef de l'État Bachar al-Assad.
Ces attentats sans précédent ont été menés alors que l'EI fait face à une pression croissante en Syrie comme en Irak, où les forces gouvernementales ont lancé lundi la bataille pour chasser les djihadistes de la ville de Fallouja. L'EI a par ailleurs revendiqué un sanglant double attentat au Yémen, qui a fait au moins 41 morts en visant de jeunes recrues de l'armée à Aden.
«C'est la première fois que Tartous est rattrapée par la guerre (...) J'ai vu de ma fenêtre des gens courir terrorisés, les magasins ont fermé et la ville est entièrement paralysée», a raconté Merhi, un peintre.
Le mode opératoire est la marque de fabrique d'Al-Qaïda, dont est issu l'EI, qui a revendiqué ces attaques selon l'agence Amaq, liée à l'organisation ultraradicale. Ce dernier groupe n'a pas de présence connue sur la côte syrienne, contrairement au Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, qui combat le régime dans la province de Lattaquié. Mais l'organisation compte énormément sur ses cellules dormantes pour attaquer ses ennemis.
Si la revendication est confirmée, il s'agirait d'un coup d'éclat de la part de l'EI pour montrer qu'il est toujours opérationnel malgré ses défaites tant dans l'ouest de l'Irak que dans l'est de la Syrie. Après les attentats, des habitants de Tartous s'en sont pris à des réfugiés d'Alep et d'Idleb, qui sont des fiefs de la rébellion, en les accusant de «sympathie avec le terrorisme».

Il s'agit des attentats les plus meurtriers depuis ceux du 16 avril 1986, lors que des bombes avaient explosé à Tartous et dans d'autres localités avoisinantes, faisant 144 tués. Les autorités avaient accusé la confrérie des Frères musulmans avec l'appui financier de l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein.





Commentaire : Rappelons que la guerre entre l'Iran et l'Irak s'est déroulée entre 1980 et 1988. En 1986 Saddam Hussein était appuyé par les Etats-Unis dans cette guerre atroce communément appelée « guerre du Golfe Persique »... C'est comme si l'histoire se répétait au même endroit, 30 ans plus tard avec les assassins qui sont appuyés par les mêmes commanditaires... Rien n'a changé et les victimes sont toujours les civils, pour la plupart, comme dans tous les attentats.