La recherche génétique a montré que la plupart des gens sont des « lève-tôt », mais pas moins de 10% de la population mondiale est constituée de « marmottes », et ce n'est pas une propriété de caractère, mais une caractéristique du génome.

Si vous vous couchez tard et avez du mal à vous lever le matin, il se pourrait que votre horloge interne soit génétiquement programmée pour fonctionner lentement, estiment des chercheurs américains et turcs. L'article correspondant sur la prédisposition génétique des « marmottes » et des « lève-tôt » a été publié dans l'une des principales revues scientifiques Cell.

Les chercheurs ont découvert une mutation dans un gène appelé CRY1 qui modifie l'horloge circadienne humaine. Selon l'article, certaines personnes ont des rythmes circadiens qui régissent le sommeil et le réveil, décalés de 2-2,5 heures et si on ne les respecte pas, on s'expose au diabète et à la dépression.
« Les porteurs de cette mutation sont en perpétuel décalage et passent leur vie à essayer de rattraper leur manque de sommeil », explique l'un des auteurs de cet article, Alina Patke, de l'Université Rockefeller.
Il a été démontré statistiquement et de façon fiable que les personnes ayant une mutation du gène CRY1 sont plus actives dans la soirée et la nuit, travaillent efficacement pendant la nuit, mais ils se lèvent beaucoup plus tard.
« C'est comme si ces personnes avaient un décalage horaire perpétuel, se déplaçant vers l'est tous les jours », explique Michael Young, directeur de recherches à l'Université Rockefeller. « Le matin, ils ne sont pas prêts pour affronter la journée ».
Selon les calculs des médecins, aux États-Unis entre 50 et 70 millions de personnes (soit environ 15 % de la population) souffrent du fait qu'ils sont obligés de s'adapter aux cycles « lève-tôt », c'est-à-dire de se lever tôt pour aller travailler. Les personnes qui ont le syndrome de phase de sommeil retardé (le syndrome de retard de phase du sommeil) sont plus exposées aux troubles de l'alimentation, à la dépression et au diabète. En général, les chercheurs estiment que la proportion des personnes ayant une mutation du gène CRY1 dans le monde est d'environ 10 %.