Trois morts au Portugal, frappé par un nombre record de feux de forêts, trois en Galice en Espagne: les incendies ont touché la péninsule ibérique dimanche, provoqués par la sécheresse et des pyromanes et attisés par le vent.
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Galicia
Les trois morts au Portugal ont été recensés pour deux d'entre eux dans une grange près de Penacova, pour le dernier à Serta, deux villes du centre du pays, selon le porte-parole de l'Autorité nationale de protection civile, Patricia Gaspar, qui a précisé que 25 personnes avaient également été blessées.

Au total, plus de 440 incendies ou départs de feu avaient été signalés à travers le Portugal dimanche jusqu'à 22h00 locales (21h00 GMT), soit "la pire journée depuis le début de l'année", avait commenté Mme Gaspar en fin d'après-midi, alors que le décompte en était encore à 300 foyers.

Plus d'une centaine de feux étaient encore actifs dans la nuit, mobilisant quelque 6.000 pompiers. Et la circulation a été coupée sur trois autoroutes, dont celle qui relie Lisbonne à Porto, la grande ville du nord du pays.

Cette vague d'incendies est due à "des températures nettement au-dessus de la moyenne pour la saison et à l'effet accumulé de la sécheresse qui se fait sentir quasiment depuis le début de l'année", a expliqué Mme Gaspar.

Près de 216.000 hectares de végétation étaient déjà partis en fumée au Portugal entre début janvier et fin septembre, selon une estimation de l'Institut de la conservation de la nature et des forêts.

Ophelia souffle sur les braises

En 2003, la surface brûlée avait atteint un record de près de 426.000 hectares, mais l'année 2017 restera marquée par l'incendie le plus meurtrier de l'histoire du pays avec le gigantesque brasier qui s'est déclaré le 17 juin près de Pedrogao Grande (centre), faisant 64 morts et plus de 250 blessés.

Du côté espagnol, trois personnes ont péri en Galice, dans le nord-ouest du pays, où une quinzaine d'incendies ont été recensés.

"Des milliers" de pompiers, de soldats et d'habitants luttaient contre le feu dans la nuit de dimanche à lundi, a déclaré à des journalistes le chef du gouvernement régional de Galice, Alberto Nunez Feijoo.




"Nous n'avons pas connu une telle situation en dix ans. Nous n'avons jamais déployé autant de moyens à cette période de l'année", a-t-il dit.

Ces incendies ont été attisés par des rafales de vent allant jusqu'à 90 km/h liées à l'ouragan Ophelia, qui passait au nord de la côte espagnole et se dirigeait vers l'Irlande, a indiqué Alberto Nunez Feijoo à la télévision privée La Sexta. Ils interviennent après des mois de sécheresse et alors que les températures sont inhabituellement élevées pour la saison.

Deux personnes ont péri piégées dans leur véhicule près de Nigran, alors qu'elles essayaient de fuir, a annoncé le maire de cette ville à la télévision: "Cela a été très soudain, c'était fou", a-t-il commenté.

"Des incendies volontaires, prémédités"

Un homme âgé a aussi été retrouvé mort dans un hangar derrière sa maison, à Carballeda de Avia.

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, originaire de Galice, a exprimé ses condoléances sur Twitter.

Plusieurs de ces incendies ont été déclenchés de manière intentionnelle, a accusé Alberto Nunez Feijoo: "Il s'agit d'incendies volontaires, prémédités, déclenchés par des personnes qui savaient ce qu'elles faisaient", a-t-il déclaré.

Cinq incendies près de la ville portuaire de Vigo, qui compte environ 300.000 habitants, ont provoqué l'évacuation d'un centre commercial et d'une usine PSA Peugeot Citroën. Des résidents ayant dû fuir leur maison ont été accueillis dans deux centres sportifs et trois hôtel.

Au moins dix écoles ont annulé les cours lundi.

Le trafic ferroviaire a été suspendu entre Vigo et Barcelone, a annoncé de son côté l'entreprise publique de chemin de fer Renfe, alors que plusieurs routes ont également été fermées.

Les autorités espèrent que la météo qui annonce pluie et températures plus douces à partir de lundi matin aidera les pompiers à venir à bout des foyers encore en activité.