.L'école Tàber de Sarrià, située dans la ville de Barcelone, vient de retirer 200 livres des étagères de sa bibliothèque, au motif qu'ils véhiculeraient des préjugés sexistes.
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Est-ce l'ère de Fahrenheit 451 qui approche ?
« L'association Espai i Lleure [Espace et Loisirs] ainsi que la "commission du genre" de l'école ont retiré les ouvrages ne promouvant pas une vision égalitaire », rapporte betevé, une télévision locale catalane.

Parmi ceux-ci, on retrouve Le Petit Chaperon rouge ou La Belle au bois dormant, mais aussi des contes locaux comme La llegenda de Sant Jordi (La légende de Saint Georges). Ce dernier raconte l'histoire d'un courageux héros, masculin, devant combattre un dragon pour libérer la princesse apeurée par le monstre. Anna Tutzó, responsable de la commission qui a examiné plus de 600 livres destinés aux enfants de 4 et 5 ans, explique à RAC 1, une des plus importantes radios de langue catalane, qu'il n'existait dans ces ouvrages « aucune analyse critique ». Après cette étude, elle estime à 30% la proportion de livres véhiculant des préjugés sexistes ou racistes.

Une initiative bientôt étendue ?

Ils ne seront pas totalement indisponibles, puisque les étudiants plus âgés pourront les consulter. Anna Tutzó motive ce choix, toujours au micro de RAC 1 : « Ils [les livres] doivent être contextualisés [...] car de nos jours ils n'ont plus aucun sens et sont totalement hors de propos. Cela ne signifie en rien qu'ils ne peuvent être accompagnés d'une analyse historique, mais pour des enfants d'un certain âge [...] et ce afin de développer un esprit critique. »


Commentaire : Ce n'est pas en interdisant ces contes, ces légendes, ces histoires qui font partie des traditions du passé que l'esprit critique sera développé. Puis n'oublions pas que les contes de fées sont aussi un outil qui aide au développement des enfants. Lire à ce sujet le merveilleux livre de Bruno Bettelheim Psychanalyse des contes de fées


Le leader du parti Vox (extrême-droite), Santiago Absacal, a immédiatement réagi, se désolant du retrait de ces livres, et terminant son propos à RAC 1 par : « Ils sont fous. » Cette initiative n'est pas isolée dans la province espagnole, puisque l'école Montseny a également annoncé avoir lancé une grande étude sur les ouvrages de sa bibliothèque, précisant vouloir en retirer ceux perçus comme sexistes. L'école Fort Pienc, elle aussi localisée dans la capitale régionale, a elle créé sa propre « commission de l'égalité des genres », comme le révèle El País.

Celle de l'école Tàber de Sarrià envisage maintenant se lancer dans l'analyse des livres accessibles aux élèves de primaire. Mais selon Anna Tutzó, aucun ouvrage ne sera retiré des étagères. « A leur tout jeune âge, les enfants sont comme des éponges qui absorbent tout ce qui les entoure, ce qui permet de normaliser les stéréotypes sexistes. Les élèves de primaire [âgés de 6 à 12 ans] ont toutefois une plus grande capacité de pensée critique et les livres peuvent être une occasion d'apprendre, de manière à pouvoir reconnaître eux-mêmes les éléments sexistes », conclut la responsable de la commission, toujours citée par El País.