Alors que les manifestations se poursuivent depuis plus de deux mois à Hong Kong, le quotidien Global Times a publié une vidéo dans laquelle il pointe l'existence de liens entre des personnalités politiques au cœur du mouvement et Washington.
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© Victor Fraile ; Tyrone Siu ; Tyrone Siu ; Bobby Yip Source: Reuters
De gauche à droite : Martin Lee, Anson Chan, Jimmy Lai, Albert Ho.
Dans une courte vidéo publiée le 15 août sur YouTube, le Global Times, quotidien chinois qui entend contrer l'influence des médias occidentaux, s'en est pris à quatre personnalités politiques hongkongaises, les accusant d'avoir joué un rôle prépondérant dans les manifestations qui se succèdent depuis le mois de juin 2019 à Hong Kong. A travers une brève présentation de Jimmy Lai, Martin Lee, Anson Chan et Albert Ho, le Global Times accuse ainsi dans sa vidéo « les quatre [protagonistes d'avoir] manipulé les jeunes pour aider des puissances étrangères à s'ingérer dans les affaires de Hong Kong ».


« Le 3 août, alors que des jeunes étaient incités à attaquer la police et à importuner les touristes, quelques personnes savouraient un repas dans un luxueux restaurant, discutant avec leur conseiller étranger sur la meilleure façon de pousser les jeunes à poursuivre le combat, qui sont-ils ? », s'interroge le Global Times au début de sa vidéo.

Un mouvement conforme aux « intérêts stratégiques des États-Unis » ?

Entre autres éléments d'information avancés par le quotidien pro-Pékin, Jimmy Lai, entrepreneur septuagénaire, est décrit comme une des « principales sources de financement pour l'opposition de Hong Kong » ; Martin Lee, un avocat connu dans la mégapole, aurait pour sa part effectué « plusieurs voyages en Europe et aux États-Unis » afin de réclamer « une intervention étrangère dans les affaires de Hong Kong » ; ou encore Albert Ho, homme politique hongkongais présenté comme l'un des instigateurs de la « révolution des parapluies », terme utilisé par les médias occidentaux pour parler de la vague de manifestations qui a secoué Hong Kong entre les mois de septembre et de décembre 2014.


En outre, le Global Times épingle Anson Chan, ancienne numéro deux du gouvernement hongkongais, pour avoir, lors d'un déplacement aux États-Unis au mois de mars 2019, appelé Washington à continuer de promouvoir « les libertés et le style de vie » à Hong Kong. Une implication américaine qui, selon Anson Chan (dont le discours devant le think tank Heritage Foundation de Washington était filmé), s'avérerait d'ailleurs indispensable aux « intérêts stratégiques des Etats-Unis ».

« Anson Chan, Martin Lee et Jimmy Lai ont fait plusieurs apparitions successives aux États-Unis cette année, afin d'y rencontrer des personnalités politiques », explique le Global Times révélant des photographies, non contextualisées, de certains d'entre eux avec l'actuel secrétaire d'État américain Mike Pompeo, ou encore en présence de Mike Pence, vice-président des États-Unis.