En finalisant la rédaction de l'article intitulé « Mammouths gelés et catastrophes cosmiques », j'ai rencontré une anomalie inattendue.
Mars earth plasma discharge
© Inconnu
L'époque de la disparition des mammouths est également connue sous le nom de Dryas récent, une période de refroidissement global au cours de laquelle les températures de surface ont baissé d'environ 7 °C, période qui s'étend de 12 900 à 11 700 ans avant aujourd'hui, soit de 10 900 à 9 700 ans avant J.-C.

En théorie, un refroidissement aussi sévère devrait augmenter le volume de glace polaire et réduire subséquemment le niveau de la mer. Cependant, au cours du Dryas récent, le niveau de la mer a augmenté de 17 mètres sur plus d'un millénaire, comme l'illustre le graphique ci-dessous.
Sea level VS global temperature (20000BP-Now)
© Inconnu
Niveau de la mer en regard de la température globale (d'il y a 20 000 ans à aujourd'hui) - La zone verte représente le Dryas récent, le trait rouge la courbe des températures et le trait noir la courbe du niveau de la mer.
Si le niveau de la mer s'est élevé alors que les calottes glaciaires s'accumulaient, la source de l'eau peut s'avérer avoir été exogène. Mais alors, d'où a-t-elle bien pu venir ?

Coïncidence ou pas, la majeure partie de l'hémisphère nord de la planète Mars était autrefois recouverte d'eau, et cet océan a depuis mystérieusement disparu. Par conséquent, où est donc passée l'eau de Mars ?

Les niveaux de la mer sur Terre

Le Dryas récent a été provoqué il y a environ 12 900 ans par d'importants impacts météoriques sur l'inlandsis des Laurentides, tel que décrit dans l'article précédemment mentionné des mammouths gelés. Ces impacts ont très probablement fait fondre des quantités massives de glace et entraîné une élévation du niveau de la mer. Cependant, les 1 200 années de températures froides qui ont suivi auraient au moins dû geler une certaine quantité d'eau et faire baisser le niveau de la mer, mais il s'avère pourtant que ce dernier s'est considérablement élevé pendant la même période.

Quoi qu'il en soit, les impacts météoriques sur l'inlandsis des Laurentides ne peuvent à eux seuls expliquer la hausse de 17 mètres observée lors du Dryas récent.
« La reconstitution historique de la fonte des glaciers révèle qu'il y a 13 100 à 12 500 ans, au début du Dryas récent, un important débit d'eau de fonte s'est produit en direction du nord. Cet écoulement s'est déversé dans l'océan Arctique par le fleuve Mackenzie et le détroit de Fram, pour finalement atteindre l'est de l'Atlantique Nord.

Les données géomorphologiques, d'autre part, suggèrent que la glace a pourtant bloqué les routes vers le nord et l'est en direction de la voie maritime du Saint-Laurent jusqu'à la fin du Dryas récent. Les courbes du niveau de la mer observées à Tahiti, en Nouvelle-Guinée et à la Barbade montrent qu'aux alentours de l'apparition du Dryas récent, il y a environ 13 000 ans, une petite élévation (moins de 6 mètres) s'est produite, et qu'elle pourrait être due à ce déluge. »

~ Vivien Gornitz, Rising Seas : Past, Present, Future, p. 127 [« L'élévation des mers dans le passé, le présent et le futur », ouvrage non traduit en français - NdT]
Selon Leverman et al., une baisse de température de 7 °C devrait entraîner une baisse du niveau de la mer d'environ 28 mètres (~ 4 m/°C). Cependant, et comme l'illustre le diagramme ci-dessus, le niveau de la mer a augmenté d'environ 17 mètres pendant le Dryas récent, alors que la fonte de l'inlandsis des Laurentides aurait dû entraîner une montée du niveau de la mer de 6 mètres.

Cela signifie que la surface de la Terre a reçu environ 39 mètres d'eau supplémentaire (17+28-6). N'oubliez pas que ces trois chiffres ne sont que des approximations, des estimations fondées sur un certain nombre d'hypothèses, qui nous fournissent néanmoins un ordre de grandeur à partir duquel nous pouvons établir une théorie.

De l'eau sur Mars ?

Par de simples observations au télescope effectuées en 1666, le célèbre astronome Cassini a découvert l'existence de calottes polaires et de nuages glaciaires sur Mars, puis en a déduit que l'eau y était manifestement présente.
Cassini
© Inconnu
Giovanni Domenico Cassini (1625-1712)
Bien que l'approche de Cassini ait prévalu pendant quelques siècles, elle fut exclus par la science moderne et l'absence d'eau sur Mars a dès lors prévalue. Ce n'est qu'avec l'afflux massif de données récemment acquises par le biais des sondes et des rovers envoyés sur Mars que les preuves en faveur d'une indéniable présence d'eau à un moment donné dans le passé sont devenues accablantes.

Selon un article publié dans Science en 2015, Mars contenait assez d'eau pour submerger toute sa surface d'une nappe liquide d'environ 140 mètres de profondeur ; et pourtant, environ 85 pour cent de cette eau a « disparu » (les 15 pour cent restants sont stockés sous la glace des pôles).

L'eau de Mars n'était apparemment pas répartie de façon uniforme sur la surface de la planète. Selon une étude topographique effectuée plus récemment, la majeure partie de cette eau était concentrée au nord de la planète, dans un seul océan dont le volume était à peu près similaire à celui de l'océan Arctique terrestre.

Les conséquences de la transmission de cette eau à la Terre, quelle que soit la façon dont elle ait pu se produire, se traduiraient par une élévation de la mer d'environ 34 mètres. En termes d'ampleur, ce chiffre est comparable à l'estimation de 39 mètres mentionnée ci-dessus.
Mars with its ocean
© Inconnu
Carte topographique de Mars avec son océan
Comment Mars a-t-elle pu perdre son eau ?

Le déversement souterrain et le déversement dans l'espace sont les deux explications offertes par la science moderne pour expliquer cette « disparition » de l'eau de Mars mentionné précédemment.

Mars ne possédant pas de plaques tectoniques connues et donc pas de subduction — principal phénomène par lequel l'eau de surface rejoint les nappes phréatiques —, un déversement souterrain est très peu probable.

Mars complex craters
© Inconnu
Distribution des cratères sur la planète Mars
La théorie du déversement dans l'espace pose comme principe que Mars a perdu son champ magnétique il y a environ 4,2 milliards d'années, et que, dépourvue de cette protection, les vents solaires l'ont privée en quelques centaines de millions d'années de son atmosphère et de la majeure partie de son eau.

Cependant, il est probable que cette théorie soit inexacte, et la raison en est toute simple : la moitié supérieure de l'hémisphère nord où se situait autrefois l'océan de la planète Mars présente des cratères bien plus petits et significativement inférieurs en nombre à ceux observés sur le reste de sa surface [particularité unique dans le système solaire appelée la « dichotomie martienne » qui s'illustre par deux hémisphères à l'aspect radicalement différents - NdT].

En 2011, Robbins et al. ont publié une base de données répertoriant près de 400 000 cratères. Le graphique ci-dessus est extrait de cette publication et illustre la répartition géographique des cratères de Mars, pour ceux dont les diamètres se situent entre 30 et 50 kilomètres. La majeure partie de l'hémisphère nord de Mars présente de toute évidence une concentration de cratères beaucoup plus faible que le reste de la planète.

Si l'océan de Mars a disparu il y a environ 4 milliards d'années, comment expliquer l'inexistence quasi totale de preuves d'impact d'astéroïdes sur le fond océanique de Mars, alors que le reste de la planète est couvert de cratères ?

Il est toutefois possible d'expliquer ce phénomène en considérant que la plupart des impacts sur Mars se sont produits il y a plus de 4 milliards d'années, à une époque où son océan était toujours présent ; ce dernier aurait alors agi comme un amortisseur faisant obstacle à la formation de cratères à la surface de Mars.

Cependant, cette explication ne semble pas tenir debout, car en dépit d'une atmosphère presque inexistante, la planète Mars subit des tempêtes de poussière dont la violence entraîne l'érosion des cratères ; et puisque certains d'entre eux ont été identifiés comme « bien conservés » par Robbins et al., ces cratères sont sans doute relativement récents.

La répartition géographique de ce type de cratère révèle le même schéma : les cratères récents situés à l'endroit où se tenait l'océan de Mars sont moins nombreux que sur le reste de la planète.


Commentaire : Exactement comme le montre cette photographie de Mars prise par la mission Mars Express le 17 juin 2019, et publiée le 19 septembre 2019 sur le site de l'ESA :
tranche de Mars dans un contexte topographique qui présente Terra Sabaea et Arabia Terra
© NASA/ESA
Une tranche de Mars dans un contexte topographique qui présente Terra Sabaea et Arabia Terra, dans lequel Vastitas Borealis (emplacement de l'ancien océan de Mars) montre sans équivoque « une concentration de cratères beaucoup plus faible que le reste de la planète ».
« Cette image topographique en couleur de Mars montre une tranche de la planète rouge allant de sa calotte polaire nord à son Sud (Hella Planitia), qui met en évidence des zones criblées de chaînes de cratères [en pointillé - NdT] dans les régions de la Terra Sabaea et de la Terra Arabia Terra. La zone délimitée au centre de l'image indique la zone représentée par la caméra stéréoscopique haute résolution Mars Express le 17 juin 2019 en orbite 19550.

Cette carte contextuelle est basée sur les données recueillies par les missions Viking et Mars Global Surveyor de la NASA ; les parties inférieures de la surface sont représentées en bleu et en violet, tandis que les régions d'altitude supérieure apparaissent en blanc, jaune et rouge, comme indiqué sur l'échelle en bas à gauche. »


Ce qui précède suggère fortement que la planète Mars a perdu son eau bien plus récemment que ne le proclame habituellement la science dominante.

Décharge électrique interplanétaire

Telle que décrite dans notre livre Les changements terrestres et la connexion anthropocosmique, la théorie de l'Univers électrique explique la dynamique par laquelle les corps célestes (planètes, étoiles, lunes, comètes, etc.) sont chargés de façon électrique et qu'ils s'avèrent également être entourés d'une sorte de « bulle isolante » (double couche).

Lorsqu'un rapprochement suffisamment conséquent entre deux corps astronomiques se produit, comme dans le cas de deux planètes, une décharge électrique se forme depuis la planète la plus négativement chargée vers celle qui est la plus positivement chargée afin de rééquilibrer la charge électrique des deux planètes. Ce phénomène de décharges électriques entre corps célestes a été observé à de multiple reprises. En voici quelques exemples :

- Entre le fragment « G » de la comète Shoemaker-Levy et Jupiter :
Shoemaker Levy
© Peter McGregor
Décharge électrique entre Jupiter et la comète Shoemaker-Levy
« Le télescope spatial Hubble a détecté une éruption du fragment "G" de Shoemaker-Levy bien avant l'impact avec Jupiter, à une distance de 3,7 millions de kilomètres de la géante gazeuse.

Pour les théoriciens de l'Univers électrique, cet éclair se serait produit lorsque le fragment a traversé la gaine de plasma de Jupiter, ou la limite de sa magnétosphère. »

~ Thunderbolts, Deep Impact and Shoemaker-Levy 9 [Source en anglais - NdT]
- Entre Jupiter et Io, une de ses lunes :
Io, electric discharge
© JPL & NASA
Io présentant une décharge électrique massive
« En novembre 1979, le célèbre astrophysicien Thomas Gold a suggéré que les gigantesques panaches sur Io témoignent d'une décharge électrique et ne sont en aucun cas volcaniques.

Des années plus tard et se conformant à la suggestion de Gold, les physiciens du plasma Anthony Peratt et Alex Dessler ont publié une étude démontrant que les décharges avaient pris la forme d'un « effet de jet plasmatique » dessinant un profil parabolique ainsi qu'un filament de matière dans le panache et un autre à l'extrémité de celui-ci sur un mince anneau annulaire. »

~ Wallace. Thornhill, L'Univers électrique, p. 112 [Source en anglais - NdT]
- Objet Herbig-Haro 34. Ici, des décharges électriques, sous forme de courants Birkeland interstellaires, se produisent entre proto étoiles et proto planètes :
HH34
© Inconnu
Décharge électrique le long des objets célestes HH34
Les décharges électriques entre les corps célestes sont très similaires au soudage à l'arc. Lorsque l'électrode chargée négativement est rapprochée de la partie chargée positivement, on peut alors distinguer un arc électrique — de l'air ionisé également appelé plasma — dans lequel voyagent les électrons (le long des « courants Birkeland ») depuis l'électrode vers la partie soudée afin de rééquilibrer les charges électriques.

Il faut savoir que pendant le soudage à l'arc, les électrons ne sont pas le seul matériau à être transféré de l'électrode à la pièce soudée ; chargé négativement, le métal fondu qui se trouve sur la pointe de l'électrode est lui aussi propulsé vers la pièce soudée chargée positivement.

Ces décharges électriques produisent une autre caractéristique typique que l'on appelle la « cicatrice électrique ». Ces structures fractales sont connues sous le nom de « figures de Lichtenberg », d'après le nom du physicien ayant découvert ce phénomène en 1777. Il convient de souligner que la polarité du matériau entaillé a une influence déterminante sur l'aspect que prendra la figure de Lichtenberg :
« Selon la polarité de la charge électrique qui a été appliquée à la plaque, il existe également une différence substantielle dans l'aspect que prendra la forme. Si les zones de charge sont positives, on observe sur la plaque une tache très étendue constituée d'un noyau dense, dont les branches rayonnent dans toutes les directions.

Si les zones de charge sont négatives, on constate qu'elles sont considérablement plus petites et qu'elles forment une délimitation circulaire nette ou en forme d'éventail prononcé qui est entièrement dépourvue de branches. Heinrich Rudolf Hertz a utilisé des figures de Lichtenberg dans son travail précurseur prouvant les théories de Maxwell sur les ondes électromagnétiques. »
La polarité relative de Mars et de la Terre

Comme décrit au chapitre 8 du livre Les changements terrestres et la connexion anthropocosmique, le Soleil est le corps le plus positivement chargé au sein de notre Système solaire. Par conséquent, plus une planète est éloignée du Soleil, plus son potentiel électrique est négatif. La planète Mars étant plus éloignée du Soleil que la Terre, son potentiel électrique est inférieur à celui de la Terre.
Héliosphère - Illustration 14 Fr ECHCC
© Sott.net
Charges électriques relatives entre le Soleil et la Terre et au cœur de ceux-ci (notez qu'on peut assigner une charge relative positive à un corps tandis que sa charge absolue est négative).
Par conséquent, si une décharge électrique se produisait entre Mars et la Terre, elle partirait du corps le plus négativement chargé — Mars dans ce cas de figure — et se propagerait vers le corps le plus positivement chargé — à savoir la Terre.

Parce qu'elle était la cathode, et donc chargée négativement, la planète Mars fut dépouillée de ses matériaux — gaz, roches et eau. Qui plus est, ses cicatrices électriques devraient présenter des cratères, qui, lorsqu'ils sont à nouveau frappés à leurs sommets, forment des tranchées aux parois abruptes et d'autres cratères imbriqués dans les premiers.
« Si la surface est une cathode (et donc de charge négative), l'arc aura tendance à se déplacer sur la surface. Après avoir frappé, habituellement à un point culminant, et érodé un cratère, l'arc peut ensuite bondir vers un nouveau point culminant — et sa cible très probable sera le bord du nouveau cratère.

L'abondance de petits cratères centrés sur les rives des grands cratères témoigne de ce comportement prévisible. Au fur et à mesure que l'arc se déplace, il peut éroder une série de cratères en ligne, qui se présentent alors comme une chaîne de cratères.

Si les cratères de ces chaînes se chevauchent, l'effet est une tranchée à parois raides avec des bords en forme de zigzag. L'arc peut éroder une tranchée sur une certaine distance, puis sauter une certaine distance avant d'en éroder une autre. Ces tranchées « en pointillés » ont généralement des extrémités circulaires et des largeurs constantes. Tous ces modèles se retrouvent en grande abondance à la surface de Mars. »

~ Wallace Thornhill, The Electric Universe: Part II Discharges and Scars [« L'Univers électrique - Deuxième partie : décharges et cicatrices », source en anglais - NdT]


Commentaire : Voir la commentaire précédent pour l'aspect « chaîne de cratères » et « tranchées en pointillés » - NdT.

Les signes de décharge électrique sur Mars

Si une décharge électrique massive s'est produite entre Mars et la Terre, existe-t-il sur Mars — telle que décrite ci-dessus — des traces détectables d'une figure de Lichtenberg majeure (de charge négative) ?

Valles Marineris
© Données MOLA/NASA
Carte topographique de Valles Marineris
Le vaste système de canyons de Valles Marineris est l'une des principales caractéristiques géologiques de Mars. Avec plus de 4 000 km de long, 200 km de large et jusqu'à 7 km de profondeur, il s'étend sur près d'un quart du périmètre de la planète et représente le deuxième plus grand canyon de tout le Système solaire.

La théorie scientifique prédominante émet l'hypothèse que ce vaste système de canyons aurait été formé il y a des milliards d'années par l'érosion hydrique. Toutefois, certaines des caractéristiques de Valles Marineris ne semblent pas correspondre à cette théorie :
Valles Marineris
© NASA
Détail d'un cliché de Valles Marineris effectué par une sonde
  • Dans Valles Marineris, « l'écoulement sortant » est aussi étroit que « l'écoulement entrant », et le point médian de sa formation constitue sa partie la plus large. Dans l'ensemble, la largeur est assez constante, contrairement aux rivières qui ont tendance à s'élargir en aval de leur parcours.
  • Le « parcours » de Valles Marineris ne suit pas la pente descendante. Il « s'écoule » parfois vers le haut, bien qu'il n'y ait aucun signe de dommages — des failles par exemple — auxquels on pourrait s'attendre si les changements topographiques étaient dus à des mouvements verticaux ultérieurs du terrain.
  • Valles Marineris ne révèle aucun signe de « rivières » affluentes. Les deux grands « fleuves » que l'on peut imaginer s'écoulent parallèlement l'un à l'autre. La « rivière » secondaire rejoint la rivière principale à un angle presque droit, contrairement au sentier de convergence habituellement emprunté par les affluents qui rejoignent une rivière principale.
  • Le plancher de Valles Marineris présente des marquages transversaux, contrairement aux lits des rivières qui ont tendance à avoir des marquages longitudinaux façonnés par le débit fluvial.
  • Les « affluents » présentent une section transversale en forme de V tandis que l'érosion hydrique forme généralement des lits de rivière en forme de U.
  • Les berges de Valles Marineris sont très profondes (7 km) et très abruptes. Elles ne montrent aucun signe d'érosion hydrique et de son balisage horizontal typique. Au contraire, les marques révèlent un motif en chevron vertical.
Bank of Valles Marineris
© NASA
Les berges de Valles Marineris
Tandis que les caractéristiques de Valles Marineris semblent contredire la théorie de l'érosion hydrique, elles offrent un rapport logique avec les éléments distinctifs de cicatrices électriques (chargées de façon négative) :
« Lorsqu'un rapprochement de planètes se produit, il provoque un éclair interplanétaire gigantesque. Cet éclair est parfaitement capable d'arracher les roches et les gaz d'une planète dont la force de gravité est faible. Ce phénomène laisse des cicatrices caractéristiques. [...]

Le parallélisme des canyons est dû à l'attraction magnétique à long rayon d'action des filaments de courant et à leur forte répulsion électrostatique à court rayon d'action.

Les petites ravines parallèles composées essentiellement de chaînes de cratères sont particulièrement significatives. L'itinéraire d'une explosion souterraine suit le parcours de la foudre et façonne de façon très nette les canyons ramifiés en forme de V.

Il n'y a pas de débris d'effondrement associés à une infiltration hydrique. De même, la section en « V » est habituelle pour les cratères formés par des explosions nucléaires souterraines. À l'endroit où l'explosion a commencé, les extrémités circulaires des ramifications présentent précisément cette morphologie.

En comparaison, l'érosion vers la crête creusé par de l'eau souterraine donne une section transversale en forme de U et ne se termine pas nécessairement par une alcôve circulaire.

Il est à noter que certains des canyons ramifiés de la rive sud de Valles Marineris se coupent les uns les autres à angle presque droit. Cela pourrait être dû à des décharges répétées provenant de la même zone, prolongeant la cicatrice principale lors du parcours de l'éclair le long de Ius Chasma. Aucune forme d'érosion hydrique ne peut produire de tels canaux transversaux.

L'aspect plissé des parois principales du canyon est probablement dû à l'itinéraire identique de l'action explosive. »

~ Wallace Thornhill, Mars and the Grand Canyon [« Mars et le Grand Canyon », source en anglais - NdT]
Le fait que Valles Marineris soit contiguë à la plus vaste étendue océanique qui recouvrait autrefois Mars est particulièrement significatif, parce que si Valles Marineris a été le théâtre d'une décharge électrique entre Mars et la Terre, cette vaste étendue océanique adjacente aurait certainement été affectée, et son eau éventuellement transférée.

Les preuves d'un transfert de matière de Mars à la Terre

Comme mentionné dans la citation ci-dessus, une décharge électrique massive de Mars vers la Terre aurait sans doute arracher des quantités importantes de roches depuis Valles Marineris. Donc, avant de rechercher les signes d'une décharge électrique majeure (de charge positive) sur Terre, vérifions les preuves de l'existence sur Terre de roches issus de Mars.

Selon la Meteoritical Society, 237 météorites provenant de Mars ont été trouvées sur Terre en 2019. Le transfert de matériel depuis Mars a donc bien eu lieu.

On pourrait supposer que ce phénomène est très ancien et qu'il s'est produit il y a des milliards d'années, lorsque les planètes se formaient, que les astéroïdes étaient endémiques et que les orbites étaient instables. Mais les données suggèrent que ce n'est pas exactement le cas.

Bien que l'on ne connaisse pas l'époque à laquelle la plupart des météorites venant de Mars sont tombées sur Terre, quelques-unes ont été datées — et particulièrement celle trouvée en 1984 et couramment abrégée ALH84001. Les estimations montrent que son arrivée sur Terre s'est produite il y a 13 000 ans — soit 11 000 avant J.-C.

Selon Hamilton et al., et en raison de sa nature géologique composée presque exclusivement d'orthopyroxène, ALH84001 provient de Valles Marineris qui est le seul endroit où de la roche orthopyroxènite a pu être décelée par analyse spectrale. En fait, ALH84001 est la seule météorite composée d'orthopyroxènite qui soit issu de Mars. Aucune autre météorite de ce genre n'a été trouvée sur Terre.
ALH84001
© Inconnu
Météorite ALH84001
Mentionnons également qu'en raison de sa teneur en carbonates, ALH84001 est la seule météorite provenant d'une période au cours de laquelle Mars est présumé avoir abrité de l'eau liquide. ALH84001 est une abréviation qui signifie Allan Hills 84001. Allan Hills [Collines d'Allan - NdT] est situé le long de la côte sud de l'Antarctique.

Récapitulons maintenant quelques caractéristiques clés de la météorite ALH84001 :
  • Elle provient de Valles Marineris ;
  • Mars était une planète humide au moment de son arrivée sur Terre ;
  • Elle a atterri sur Terre il y a 13 000 ans ;
  • Elle a été trouvé en Antarctique.
Il serait intéressant de savoir si le substrat rocheux océanique de Mars est la source de certaines de ses météorites. Malheureusement, et parce qu'il est recouvert d'une épaisse couche de sédiments, la composition géologique du substrat rocheux océanique de Mars est inconnue. Cependant, la composition minéralogique de la côte de l'océan sec de Mars est connue et en lien direct à celle de certaines de ses météorites présentes sur Terre.

En effet, il existe un type rare de météorite issue de Mars que l'on appelle « nakhlite » et dont 21 spécimens seulement ont été à ce jour découverts sur Terre. Les nakhlites sont riches en augite — un minéral à base de silicium — et se sont formées à partir du magma basaltique il y a environ 1,3 milliard d'années.
Nakhlites sur Mars
© NASA
Origine géographique théorisée des nakhlites sur Mars
En raison de la composition et de l'âge des nakhlites, on pense qu'elles proviennent de l'une de ces trois régions volcaniques de Mars : Tharsis, Elysium ou Syrtis Major Planum.

Fait intéressant — comme le montre la carte ci-dessus — chacune de ces trois constructions volcaniques se situe près de la côte de ce qui était autrefois l'étendue océanique de Mars.

Sur les 21 météorites nakhlites qui ont atteint la Terre, 7 d'entre elles ont été trouvées en Antarctique, soit un ratio de 33 pour cent. C'est un pourcentage élevé sachant que seulement 12 pour cent environ de toutes les météorites qui ont atteint la Terre ont été trouvées en Antarctique. Sur le plan de la masse, ces météorites nakhlites découvertes en Antarctique représentent 16,9 kg, soit 54 pour cent de la masse totale des météorites nakhlites.

Pour finir, on pense que les météorites nakhlites sont tombées sur Terre il y a jusqu'à 10 000 ans. Ce chiffre est assez proche de la date d'arrivée estimée d'ALH84001, il y a 13 000 ans.

Existe-t-il un signe de décharge électrique sur Terre ?

Si une décharge électrique majeure s'est formée à partir de Valles Marineris et a frappé la Terre, quel peut être la localisation du choc sur cette dernière ?

Il y a plusieurs canyons sur Terre, dont le Grand Canyon qui présente des caractéristiques de cicatrices électriques. Toutefois, les données fournies ci-dessus sur les météores issus de Mars révèlent une forte parenté avec les météorites trouvées en Antarctique.
Spectroradiométrie satellite de la Terre de la Princesse-Élisabeth
© Modis, Université de Newcastle
Spectroradiométrie satellite de la Terre de la Princesse-Élisabeth
Le substrat rocheux de l'Antarctique montre-t-il des signes de cicatrices électriques de charge positive, c'est-à-dire une vaste caractéristique géologique de type canyon ? En effet, c'est le cas. Comme le montre l'image satellite ci-dessus, l'Antarctique est considéré comme le plus grand canyon de la Terre, d'après une étude géologique de 2016 :
« [...] la plus grande région non explorée du continent glacé est une région appelée Terre de la Princesse-Élisabeth. Une équipe de géologues l'a désormais parcourue pour y découvrir un énorme lac sous-glaciaire et une série de canyons, dont l'un — deux fois plus long que le Grand Canyon — pourrait être le plus grand du monde. »
Compte tenu de l'existence des météorites en provenance de Mars et des traces de cicatrices électriques, l'emplacement potentiel pour le transfert Mars-Terre pointe, à ce stade, vers l'Antarctique. Mais qu'en est-il du principal constituant de l'ensemble du processus que représente l'eau ?

Si Mars a perdu la plus grande partie de son eau au profit de la Terre, des preuves de ce transfert massif — sur notre planète en général et en Antarctique en particulier — devrait exister.

Une partie de la calotte glaciaire de l'Antarctique pourrait-elle provenir de Mars ? Pour répondre à cette question, observons d'abord la calotte glaciaire de l'Antarctique, puis comparons-la à celle de l'Arctique.
Antartica
© BEDMAP
Carte de la topographie sous-glaciaire de l'Antarctique de nos jours
La calotte glaciaire de l'Antarctique est massive, avec environ 30 millions de km3 de glace. Cela représente plus de 70 pour cent de l'eau douce présente sur Terre. En comparaison, la calotte glaciaire de l'Arctique, située au-dessus du Groenland, n'est que de 2,9 millions de km3.

En termes de volume, la calotte glaciaire du pôle Nord représente moins de 10 pour cent de la calotte glaciaire du pôle Sud. Il est à noter également que l'Antarctique ne forme pas un continent d'un seul tenant. Il s'agit plutôt d'un archipel constitué de quelques îles de tailles considérables séparées par des zones marines profondes, comme le montre la carte ci-dessus.

Entre les îles recouvertes par la calotte glaciaire antarctique, le substrat rocheux peut être aussi bas que 2 500 mètres sous le niveau de la mer. Cela signifie qu'à certains endroits, la calotte glaciaire a plus de 4 km d'épaisseur — soit 1 500 mètres au-dessus du niveau de la mer et 2 500 mètres au-dessous du niveau de la mer, selon la section transversale de l'Antarctique ci-dessous.
Coupe transversale de l'Antarctique
© Discovering Antarctica - Adaptation française Sott.net
Coupe transversale de l'Antarctique
À titre de comparaison, la glace de mer de l'Arctique atteint une épaisseur maximale de 4 mètres avec des crêtes allant jusqu'à 20 mètres, bien que la profondeur moyenne de l'océan arctique soit de 1 038 mètres, ce qui est comparable à la profondeur de « l'océan » antarctique.

La question se pose alors : pourquoi y a-t-il à ce point plus de glace en Antarctique qu'en Arctique ? Pourquoi la glace de l'Antarctique s'étend-elle à 2 500 mètres sous le niveau de la mer et atteint-elle le substrat rocheux, alors que la glace de l'Arctique ne fait que 4 mètres d'épaisseur et flotte sur l'océan ?

Selon la science prédominante, les calottes glaciaires de l'Antarctique et du Groenland se seraient formées en raison de l'accumulation progressive de neige, année après année, ce qui suggère un nombre plus important de chutes de neige en Antarctique. Mais les données montrent le contraire : l'Antarctique est en effet l'un des endroits les plus secs de la Terre avec seulement 18 cm/an de précipitations, alors que la région arctique reçoit presque le double de ce chiffre avec 32 cm/an.

Si l'Antarctique reçoit moins de neige que l'Arctique, une fonte moins importante est la seule façon d'expliquer sa quantité dix fois plus élevée de glace. Est-il possible que l'Antarctique connaisse des températures bien plus froides par rapport à l'Arctique ? Encore une fois, les données suggèrent le contraire.

L'Arctique a pendant des éons été bien plus froid que l'Antarctique, comme l'illustretre le graphique ci-dessous. Au cours des 11 000 dernières années, l'Antarctique a été légèrement plus froid que l'Arctique.
Comparatif des données de températures enregistrées dans les carottes de glace au Groenland et en Antarctique
© Climatedata/Sott.net
Remarquez également dans ce même graphique la corrélation étroite entre la reconstitution des températures sur la base de carottes de glace du Groenland (GISP2) et de l'Antarctique (Vostok), sur une période qui s'étend à rebours d'aujourd'hui jusqu'au Dryas récent. Nous pouvons constater qu'une décorrélation soudaine et marquée s'est produite il y a environ 11 000 ans. Entre ce moment et aujourd'hui, les deux courbes de température sont très similaires en forme et très proches en termes de valeur. Les deux courbes situées avant cette période — entre 50 000 ans et 11 000 ans avant aujourd'hui — sont totalement divergentes.

Ces deux courbes nous renseigneraient-elles sur les conditions environnementales de deux planètes différentes ?

En tout état de cause, aucune source endogène — telle qu'une différence dans la quantité de chute de neige ou celle des températures — ne peut expliquer la disparité marquée en profondeur et en volume entre la calotte glaciaire de l'Antarctique et celle de l'Arctique. Un afflux majeur et soudain d'eau exogène — sous forme de glace — en Antarctique expliquerait cependant ces écarts.

Comment Mars a-t-elle pu s'approcher si près de la Terre ?

Mars présente la deuxième plus grande excentricité de toutes les planètes du Système solaire, et les grandes excentricités suggèrent généralement des orbites qui ont été perturbées dans un passé récent. En raison de cette excentricité marquée, la distance — 56 millions de kilomètres — à laquelle Mars peut s'approcher de la Terre est ténue, comme l'illustre le diagramme ci-dessous.
Orbites de Mars et Terre
© Inconnu
Les orbites de Mars et de la Terre
À titre de comparaison, la queue de la magnétosphère de la Terre [balayée par le vent solaire dans la direction opposée au Soleil - NdT] s'étend sur plus de 6 millions de km — l'ellipse bleue et violette sur l'illustration ci-dessus.

Donc, et d'un point de vue strictement électrique, Mars n'est éloigné de la Terre que d'un seul ordre de grandeur. Puisque la distance normale entre la Terre et Mars est toutefois trop grande pour toute décharge électrique entre les deux planètes, une perturbation cosmique aurait-elle pu rapprocher les deux corps de façon anormale ?

Il est évident que le principal facteur d'une telle perturbation orbitale majeure serait une comète, mais il faudrait qu'elle soit assez grosse pour éloigner de son orbite initiale la planète Mars, dont la masse est dix fois supérieure à celle de la Lune.

Ce scénario est en fait la principale théorie développée par Immanuel Velikovsky dans Mondes en collision, son best-seller publié en 1950 [en 2003 pour la version française - NdT].

En s'appuyant principalement sur la mythologie comparative, Velikovsky a suggéré que Vénus fut d'abord une comète qui [lors de son entrée dans le système solaire intérieur - NdT] a perturbé l'orbite de la planète Mars qui — subséquemment — s'est rapprochée de la Terre.

Immanuel Velikovsky (1895-1979)
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Immanuel Velikovsky (1895-1979)
Les plus grands scientifiques d'alors ont impitoyablement conspué la théorie catastrophiste de Velikovsky parce qu'elle menaçait directement leur paradigme fondamental — l'uniformitarisme — sans lequel l'église du progrès matérialiste et sa foi athée darwinienne s'effondreraient de façon inévitable. Pour couronner le tout, Velikovsky a osé baser son travail sur des textes religieux et a démontré qu'ils pouvaient contenir plus de données scientifiques qu'on ne le croyait auparavant.

Velikovsky s'est rendu compte que si son scénario était vrai, plusieurs prédictions pouvaient être faites sur les corps astronomiques impliqués. Après tout, le mérite d'une théorie repose sur ses capacités prédictives. Les prédictions de Velikovsky étaient en totale contradiction avec les vues qui prévalaient à l'époque.

Décennie après décennie, les programmes spatiaux ont fourni des données supplémentaires qui ont permis de tester les affirmations de Velikovsky, et — de manière inattendue — la plupart d'entre elles se sont avérées exactes. Parmi ses plus remarquables prédictions figurent le signal radio de Jupiter, la charge électrique nette du Soleil et la magnétosphère de la Terre s'étendant au-delà de la Lune.

L'analyse de toutes les prédictions exactes effectuées par Velikosvky dépasse cependant le cadre de cet article.

Comme nous avons déjà recueilli des informations sur une rencontre potentielle entre Mars et la Terre, nous allons maintenant nous concentrer sur la dernière pièce du puzzle : la nature cométaire de Vénus et, en particulier, les prédictions de Velikovsky qui lui sont relatives.

La nature de Vénus était le point central de la controverse entourant Mondes en collision. Toute la chaîne des événements s'avérait impossible si Vénus n'était pas une comète. Réciproquement, le scénario de rencontre rapprochée Terre-Mars développé par Velikovsky se révèle bien plus plausible si Vénus était effectivement une comète.

Vénus était-elle une comète ?

Vénus est — selon la science prédominante — une planète sœur de la Terre et de Mars. Elles se seraient toutes trois formées à partir du même matériau, dans la même région, sur la même période de temps et de la même manière — par accrétion. Contrairement à ce modèle, les prédictions de Velikovsky sur Vénus et sa nature cométaire étaient les suivantes :
  • Vénus est une planète brûlante parce qu'elle était jusqu'à récemment une comète.
Dans les années 1950, le consensus scientifique établissait que Vénus était une vieille planète semblable à la Terre et à Mars, et qu'étant donné son orbite similaire à celle de la Terre et de Mars, sa température devait être également identique. À l'époque, la température « connue » de Vénus était de -25 °C, et certains scientifiques croyaient même que Vénus pouvait être habitable.

Mais la communauté scientifique a été sidérée lorsque la sonde spatiale Mariner 2 a renvoyé ses données en 1963. La température moyenne à la surface de Vénus était énorme : 462 °C. La planète « habitable » avait la température du plomb fondu !
Planète Vénus
© NASA
La brûlante planète Vénus
Lorsque Kiefer et al. ont mesuré les variations gravitationnelles sur Vénus en 1991, sa nature brûlante a été corroborée et ils en ont déduit que la lithosphère de Vénus était très mince — de 10 à 20 km — par rapport à celle de planètes « sœurs » comme la Terre ou Mars — de 50 à 100 km.

Cette mince lithosphère indique que Vénus a un intérieur brûlant et actif qui empêche la croûte de refroidir et de durcir sur une épaisseur importante.

En conclusion, et comme l'avait prédit Velikovsky, Vénus est en effet une planète brûlante à sa surface comme en son cœur, ce qui suggère fortement que Vénus était encore récemment une comète flamboyante et qu'elle n'a pas encore complètement refroidi de son état cométaire précédent.
  • Vénus est une jeune planète parce qu'elle était jusqu'à récemment une comète.
Toujours dans les années 1950 et toujours selon la théorie prédominante, Vénus était une vieille planète formée par accrétion il y a des milliards d'années. Par conséquent, et en raison de son exposition aux astéroïdes pendant des milliards d'années, on croyait qu'elle était constellée de cratères.

Puisque la surface de Vénus ne pouvait à l'époque être observée directement en raison de la très grande densité de son atmosphère, il ne s'agissait là que d'hypothèses. Dans les années 1970, les premières sondes lancées sur Vénus [programme Venera - NdT] ont permis d'observer directement sa surface et ont révélé que la planète brûlante avait un nombre étonnamment faible de cratères.
La surface relativement immaculée de Vénus
© NASA/JPL
La surface relativement immaculée de Vénus
Comme le prédisait Velikovsky, ces observations successives suggèrent fortement que Vénus est une jeune planète. Puisqu'elle était une comète jusqu'à récemment encore, il s'est écoulé trop peu de temps dans sa « vie de planète » pour qu'elle soit impactée un grand nombre de fois [par des bombardements d'objets célestes qui auraient laissés un grand nombre de cratères - NdT].
  • Vénus devrait avoir une rotation anormale.
En raison de sa récente nature cométaire et de son interaction chaotique avec Mars et la Terre, Vénus devrait — toujours selon Velikovsky — présenter une rotation anormale par rapport aux autres planètes du Système solaire.

À l'instar des autres prédictions, cette dernière a été considérée comme une hérésie. Mais en 1962, le US Naval Research Laboratory de Washington annonçait que Vénus avait une lente rotation rétrograde. C'est la seule planète du Système solaire intérieur à afficher une rotation rétrograde.
Motif de la résonance de Vénus par rapport à la Terre
© Imgur
Motif de la résonance de Vénus par rapport à la Terre
Confirmant les mouvements célestes particuliers de Vénus, Goldreich et al. ont démontré dans un article publié en 1966 que la rotation de Vénus est en résonance avec l'orbite de la Terre — chaque fois que Vénus passe entre le Soleil et la Terre, elle présente à la Terre la même face.

Une telle résonance suggère fortement une approche relativement récente entre la Terre et Vénus, approche qui a « verrouillé » la rotation de la plus petite planète sur l'orbite de la plus grande. En outre, l'un des principaux arguments qui visait à réfuter la théorie de Velikovsky était que les orbites képlériennes ne peuvent pas se croiser — de sorte que des collisions ou quasi-collisions ne peuvent se produire.

Dans un article intitulé « Velikovsky et la séquence de l'orbite planétaire » [source en anglais - NdT], L.E. Rose et al. ont démontré que non seulement les orbites képlériennes peuvent se croiser, mais également que Vénus aurait pu dans un passé récent avoir une orbite hautement elliptique — propre à la nature cométaire —, que le Système solaire aurait pu avoir des orbites planétaires stables avant l'arrivée de Vénus, et que Vénus pourrait avoir acquis une orbite circulaire peu après son intégration dans le Système solaire.
  • L'activité électrique de Vénus.
Velikovsky a prédit que Vénus devrait montrer une certaine activité électrique en raison de sa nature cométaire et de ses interactions passées avec Mars. Dans les années 1950, cette prédiction était contraire au consensus scientifique qui considérait Vénus comme une planète électriquement inerte. Ce point de vue a prévalu pendant des décennies. Toutefois, l'activité électrique de Vénus a été démontrée lorsque le satellite « Venus Express » a en 2006 observé la foudre dans son atmosphère.

Ce n'était que le prélude aux révélations ultérieures de la nature électrique de Vénus. Dans un article publié dans Nature en 2007, Pätzold et al. ont démontré que Vénus baignait également dans une vaste ionosphère — la couche positivement chargée de l'atmosphère d'une planète.
Ionosphère en forme de larme de Vénus
© ESA
Ionosphère en forme de larme de Vénus
Quelques années plus tard, en 2013, l'Agence spatiale européenne annonçait que Vénus n'avait pas une ionosphère sphérique normale mais une ionosphère en forme de larme, c'est-à-dire une queue de comète, comme l'illustre l'image ci-dessus.

Vénus présente une queue de comète d'une très grande longueur : 45 millions de km. Son étendue est telle que lorsque le Soleil, Vénus et la Terre sont alignés, sa queue ionique atteint la Terre.
Queue ionisée de Vénus
© NewScientist Magazine
Graphique de la queue ionisée de Vénus publié le 31 mai 1997
Précisons également que Vénus — à l'origine une comète dont l'orbite s'est finalement stabilisée dans le Système solaire — n'est pas un cas isolé. Au chapitre 21 de notre livre Les changements terrestres et la connexion anthropocosmique, nous avons décrit en détail la manière dont plusieurs planètes de notre Système solaire ont acquis un certain nombre de nouvelles lunes qui étaient auparavant des corps cométaires :
Nombre de lunes de Jupiter, Uranus et Saturn (1975 VS. 2013)
© Sott.net
Comparaison du nombre de lunes de Jupiter, Uranus et Saturne en 1975 et 2013
N.B. : Depuis 2013, Jupiter a acquis 12 nouvelles lunes. En 2019, Jupiter compte un nombre total de 79 lunes, et Saturne en a maintenant 82.

Quand le transfert d'eau s'est-il produit ?

Nous avons commencé cet article en évoquant une « anomalie » : pendant la période de refroidissement dramatique que représente le Dryas récent, une augmentation significative du niveau de la mer s'est produite en lieu et place d'une diminution due à l'augmentation du volume de glace. Puisque nous partons de l'hypothèse qu'un déversement massif de glace en provenance de Mars peut expliquer cette anomalie, le rapprochement de Mars vers la Terre devrait se situer peu de temps après le début du Dryas récent, une époque qui remonte à 12 900 ans avant notre ère.

Existe-t-il toutefois d'autres éléments de preuve qui confirment cette séquence d'événements, et qui précisent le temps écoulé entre le début du Dryas récent — et ses bombardements cométaires — et l'approche de Mars vers la Terre — et son déversement de glace et d'eau ? Comme nous le verrons plus loin, plusieurs sources d'information — parmi lesquelles des cartes anciennes, des reconstitutions des anciens niveaux océaniques et des températures antérieures, et les analyses des moraines — peuvent nous fournir une idée relativement précise quant à la date probable du transfert de l'eau de Mars à la Terre.

Les cartes anciennes

Plusieurs cartes remontant à la Rennaisance témoignent d'un océan antarctique libre de glace. Nous nous concentrerons ici sur la carte du Piri Reis, datée de 1513, sur la carte d'Oronce Fine, datée de 1532, et sur celle de Buache, datée de 1737.

L'authenticité de ces cartes a soigneusement été testée. Le livre Les cartes des anciens rois des mers, de Charles Hapgood, démontre que non seulement les cartes sont authentiques, mais également que les personnes qui les ont dessinées avaient une excellente connaissance des longitudes, des latitudes et de la trigonométrie sphérique, une branche de la géométrie qui n'a atteint sa forme complète qu'à la fin du 19e siècle. Il est également clair que les concepteurs originaux de ces cartes avaient exploré et étudié le monde entier et connaissaient la taille et la circonférence exactes de notre planète.
La carte de Philippe Buache 1737

La carte de Philippe Buache datée de 1737
Bien que ces cartes datent du XVIe siècle, l'Antarctique n'a été re-découvert que trois siècles plus tard, en 1820. Dès lors, tout porte à penser que ces trois cartes sont des copies médiévales d'anciennes cartes originales dessinées à une époque où l'Antarctique était effectivement un continent libre de glace. D'après la carte de Buache ci-dessus, on peut également constater que l'Antarctique est libre de toute trace de glace et composé de deux îles principales.

La cartographie radar du lit rocheux de l'Antarctique effectuée au 20e siècle a permis de confirmer que l'Antarctique ne se limite pas à une seule île massive, et qu'il est bien constitué d'un archipel comprenant deux îles principales.

Un examen attentif de la carte d'Oronce Fine ci-dessous révèle un certain nombre de bras de rivières et d'îles le long de la côte de l'Antarctique, qui aujourd'hui sont tous situés sous l'eau. Ceci suggère fortement qu'à l'époque où la carte originale d'Oronce Fine a été dessinée, le niveau de la mer devait être sensiblement plus bas qu'il ne l'est de nos jours.
Carte d'Oronce Fine illustrant l'Antarctique libre de toute glace

Carte d'Oronce Fine illustrant l'Antarctique libre de toute glace
Certains de ces éléments se situent maintenant à plus de 120 mètres sous l'eau. La seule fois où le niveau de l'eau a atteint un seuil aussi bas au cours des 125 000 dernières années se situe il y a environ 15 000 ans, comme l'illustre le graphique ci-dessous.
Niveau de la mer depuis 140 000 ans
© NASA
Niveau de la mer depuis 140 000 ans
Les cartes originales à celles-ci ont-elles été dessinées il y a 15 000 ans, lorsque le niveau de l'eau était suffisamment bas pour que les éléments terrestres maintenant submergés y soient exposés ? Si ces cartes anciennes représentant l'Antarctique libre de glace ont été dessinées il y a environ 15 000 ans, alors il est probable que Mars et le dépôt de glace qui l'accompagne se sont rapprochés de la Terre plus tard.

L'analyse des sédiments de l'Antarctique confirme que les cartes originales datent d'au moins 6 000 ans, grâce notamment aux carottes de sédiments de la mer de Ross dont l'examen révèle l'existence de fins sédiments fluviaux impliquant des rivières non gelées et actives alors connectées à la mer de Ross.

Nous avons donc un intervalle de temps qui positionne le rapprochement de Mars sur une période allant de - 6 000 ans à - 15 000 ans avant aujourd'hui. Pouvons-nous réduire cet intervalle ?

Les températures et le niveau de la mer

Le refroidissement du Dryas récent situé il y a 12 900 à 11 700 ans aurait dû entraîner une baisse du niveau de la mer — d'environ 30 mètres — qui ne s'est pas produite et nous pouvons formuler l'hypothèse que cette baisse a été compensée par l'apport de l'eau de Mars. Pour déterminer plus précisément à quel moment cet apport a pu se produire, il est cependant nécessaire d'examiner de plus près l'analyse du niveau de la mer basée sur les coraux. Le graphique du niveau de la mer présenté au début de cet article présente une courbe très lisse car il s'agit du niveau moyen de la mer basé sur l'analyse des récifs coralliens.

L'examen individuel des données des récifs coralliens montre une certaine variabilité. Comme l'illustre le graphique ci-dessous, chaque récif a sa propre histoire :
Niveau de la mer d'après les données sur les récifs coralliens

Niveau de la mer d'après les données sur les récifs coralliens
Dans le graphique ci-dessus, les enregistrements coralliens de la Barbade (ligne bleue suivant les symboles de losange) montrent une forte augmentation (flèche bleue) suivie d'un creux soudain (flèche verte) rapidement suivi d'une seconde forte augmentation (flèche jaune). Le temps écoulé entre les deux fortes augmentations n'est que d'approximativement cinq siècles.

La reconstruction de l'historique de la température qui se base sur l'analyse de l'isotope de l'oxygène18 pendant le Dryas récent révèle une image très similaire :
Relevé des températures durant le Dryas récent

Relevé des températures durant le Dryas récent
Le graphique ci-dessus laisse apparaître que le début du Dryas récent est d'abord marqué par un refroidissement drastique (flèche bleue à gauche) suivi, environ quatre siècles plus tard, par un second refroidissement brutal (flèche verte au centre du Dryas récent). Les deux pics consécutifs de baisse de température et d'élévation du niveau de la mer suggèrent-ils deux grands événements de refroidissement consécutifs ? Celui du bombardement cométaire décrit dans notre article précédent (environ 12 900 avant aujourd'hui) et celui quelques siècles plus tard de l'interaction Mars-Terre décrite dans cet article (environ 12 500 avant aujourd'hui) ?

L'analyse des moraines

Telle que décrite par Anthony Watts dans l'extrait suivant, l'analyse des moraines — des formations géologiques qui marquent la limite de l'étendue de glace — semble confirmer la succession rapide de deux grands événements de refroidissement au début du Dryas récent :
« Le Dryas récent n'a pas seulement été un événement climatique unique. Le réchauffement et le refroidissement du climat du Pléistocène tardif se sont non seulement produits avant et après le Dryas récent, mais également au cours de ce dernier. Comme l'ont fait un grand nombre de glaciers alpins, les trois principales calottes glaciaires du Pléistocène que sont la Scandinave, la Laurentide et la Cordillère, ont connu des épisodes de double formation de moraines. Il existe une vaste littérature relative aux multiples moraines de l'inlandsis scandinave datant du Dryas récent et elles sont documentées depuis longtemps. Au cours de cette période, l'inlandsis scandinave a de nouveau progressé et a formé deux vastes moraines terminales dans le sud de la Finlande, les moraines centrales suédoises et les moraines Ra du sud-ouest de la Norvège (figure 4). Les datations au carbone 14 indiquent que les formations de ces moraines sont distantes d'environ 500 ans. »

~ Anthony Watts, The intriguing problem of the Younger Dryas [« Le fascinant problème du Dryas récent », source en angais - NdT]
Double moraine de la calotte glaciaire scandinave du Dryas récent
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Double moraine de la calotte glaciaire scandinave du Dryas récent
Au-delà du cas de la calotte glaciaire scandinave, des preuves très similaires sont fournies par le Loch Lomond en Écosse :
« Parmi les principales et nombreuses moraines du Dryas récent à avoir officiellement été identifiées figurent les moraines du Loch Lomond dans les régions montagneuses des Highlands écossaises. [...] Les moraines du Loch Lomond sont constituées de plusieurs dépôts morainiques et la période de leurs formations est délimitée par les datations au radiocarbone qui les situent entre 12 900 et 11 500 ans avant aujourd'hui. »
Les cartes anciennes, la reconstitution de la température et du niveau de la mer et l'analyse des moraines fournissent ensemble un tableau cohérent de la situation. Deux événements de refroidissement catastrophiques distincts et successivement rapprochés semblent avoir marqué le début du Dryas :
  1. aux environs de 12 900 avant aujourd'hui - Un bombardement cométaire majeur, tel que décrit dans l'article « Mammouths gelés », et généralement accepté par la science moderne.
  2. aux environs de 12 500 avant aujourd'hui - Quelques siècles plus tard, une rencontre étroite entre la Terre et Mars accompagnée du déversement d'eau et de glace, et généralement non acceptée par la science moderne.
Conclusion

Les informations rassemblées ci-dessus nous permettent de formuler l'hypothèse d'un scénario pour le deuxième événement — environ 12 500 ans avant aujourd'hui — qui comprend les étapes suivantes :
  1. Vénus, un corps cométaire, entre dans le Système solaire et suit autour du Soleil et de Jupiter une orbite excentrique typique d'une comète ;
  2. La comète Vénus passe à proximité de Mars et perturbe son orbite ;
  3. L'orbite perturbée de Mars provoque son rapprochement avec la Terre ;
  4. L'étroite proximité de Mars et de la Terre produit une décharge électrique massive qui transfère à la Terre les matériaux de Mars, y compris la plus grande partie de son océan.
Le très court laps de temps écoulé entre les deux événements (environ quatre siècles, autant dire un battement de cil à l'échelle du temps céleste), nous amène à nous questionner sur leur éventuelle connexion. La comète Vénus faisait peut-être partie d'un essaim cométaire dont elle constituait l'objet principal. Après son entrée dans le Système solaire, l'essaim planétaire de Vénus a suivi une orbite Jupiter-Soleil typique dont la périodicité serait d'environ 52 ans — il s'agit de la périodicité orbitale de la comète Vénus telle que suggérée par Velikovski.

Cette orbite excentrique s'est approchée de l'orbite terrestre et certains des corps inclus dans l'essaim ont lors du premier passage été attirés par la gravité de la Terre et ont provoqué un important bombardement cométaire, duquel pas moins de cinq météores majeurs d'un diamètre supérieur à 10 km ont atteint la Terre. Cet impact cométaire pourrait bien être l'événement cataclysmique — survenu il y a environ 12 900 ans — à l'origine du Dryas récent.

En raison de son élan plus élevé, Vénus a ensuite poursuivi son orbite autour du Soleil et de Jupiter. Après 7 à 10 révolutions (350-500 ans), Vénus s'est approchée très près de Mars qui est en conséquence sorti de son orbite ; Mars s'est ensuite dangereusement rapprochée de la Terre, ce qui a provoqué la décharge électrique décrite plus haut.

Proche de ce scénario, celui proposé par Velikovsky il y a 70 ans ne laisse apparaître que deux différences substantielles : le transfert d'eau et, bien sûr, la datation. En fait, la datation était le principal argument avancé contre Velikovsky — qui a suggéré un intervalle de temps d'environ 3 500 à 2 800 ans avant aujourd'hui. C'est encore aujourd'hui la principale pomme de discorde, comme l'illustre cet extrait de la page Wikipedia [source en anglais - NdT] sur le livre de Velikovsky :
« Jusqu'à présent, la seule preuve géologique qui montre une origine catastrophique est une « plage surélevée » des îles hawaïennes qui renferme des conglomérats coralliens situés à une altitude de 365 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Les sédiments, qui ont été identifiés à tort comme une « plage surélevée », sont maintenant attribués à des tsunamis gigantesques générés par des glissements de terrain majeurs créés par l'effondrement périodique des versants des îles. En outre, ces conglomérats — à l'instar de beaucoup d'éléments cités comme étant des preuves appuyant ses idées développées dans Les grands bouleversements terrestres — sont beaucoup trop vieux pour être utilisés comme preuve valide à l'appui de l'hypothèse présentée dans Mondes en collision. »
La datation plus récente suggérée initialement par Velikovsky n'est pas étayée par une grande quantité de preuves qui se présenteraient sous la forme de catastrophes majeures affectant l'ensemble de la planète — en dépit de sérieux arguments en faveur d'une catastrophe localisée au Moyen-Orient qui a marqué la fin de l'Âge du bronze.

D'autre part, l'apparition du Dryas récent il y a environ 12 900 à 12 500 ans offre de nombreuses preuves de changements soudains et majeurs sur toute la planète.

Velikovsky considérait que le second événement, une rencontre rapprochée entre Mars et la Terre accompagnée du déversement de glace et d'eau, était assimilé dans la mythologie au Déluge biblique. Il a principalement basé sa datation sur la chronologie proposée par l'Ancien Testament — daté d'environ 2 800 ans avant aujourd'hui. Toutefois, telle qu'elle est consignée dans l'Ancien Testament, la mythologie hébraïque n'est qu'une des nombreuses mythologies qui mentionnent le Déluge. Environ 90 pour cent des cinq cents cultures issues de tous les continents étudiées par le chercheur Douglas Eddinger décrivent le récit d'un « grand déluge ». La prévalence de ce mythe dans la plupart des cultures de la planète suggère que le Déluge fut vraiment un cataclysme mondial.
Excerpt from the table listing the features of traditional accounts
© Douglas Eddinger
Extrait du tableau énumérant les caractéristiques des mythologies du monde, dont les comptes-rendus d'un déluge apparaissent dans la colonne bleue.
L'Ancien Testament n'est pas le plus ancien récit du Déluge. Daté de la fin du 3e millénaire avant J.-C., l'Épopée de Gilgamesh — personnage héroïque de la Mésopotamie antique dans Le conte d'Utanapishtim, tablette XI — précède les écrits bibliques.

Selon A. Heidel, professeur à l'université de Chicago et auteur de The Gilgamesh Epic and the Old Testament Parallels [« L'épopée de Gilgamesh et les parallèles de l'Ancien Testament », ouvrage non traduit en français - NdT], les mythes mésopotamiens et hébreux proviendraient d'une source originale commune encore plus ancienne. En tout état de cause, des versions orales ont précédé la version écrite de l'Épopée. Il est toutefois encore possible de retrouver — en amont de la période de l'histoire écrite — des vestiges témoignant des événements catastrophiques qui ont provoqué le Dryas récent, même dans le plus ancien site archéologique néolithique.

Situé dans le sud de la Turquie, Göbekli Tepe est un site archéologique dont la couche la plus profonde remonte à environ 10 000 ans avant aujourd'hui. Sa principale caractéristique archéologique est la Pierre du vautour, un énorme pilier sculpté également connu sous le nom de pilier 43 (image ci-dessous).
Pierre du Vautour
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Pierre du Vautour
Selon Martin Sweatman, chercheur principal à l'université d'Édimbourg, la Pierre du vautour est une représentation astronomique où — comme c'est le cas de nos jours — les animaux symbolisent les constellations, et toute la scène figurée sur la pierre dépeint une catastrophe cosmique. L'analyse du modèle informatique effectuée dans le but d'apparier la configuration des étoiles détaillée sur la Pierre du vautour indique une date précise : 12 950 avant aujourd'hui, soit la date exacte de l'avènement du Dryas récent.
Nicolas Poussin, L'Hiver ou Le Déluge, 1660 - 1664
© Nicolas Poussin
L'Hiver ou Le Déluge, 1660 - 1664