L'Italie a annoncé samedi 22 février la mise en isolement pour environ deux semaines d'une dizaine de villes du nord, après la découverte de plus de 100 cas de contamination au nouveau coronavirus, et deux décès.
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Dans les rues de Codogno
« Dans les zones considérées comme des foyers, ni l'entrée ni la sortie ne sera autorisée sauf dérogation particulière», a déclaré devant la presse le premier ministre italien Giuseppe Conte, en soulignant qu'environ 50.000 personnes seront concernées.

Les personnes pourront toutefois circuler à l'intérieur de ces zones isolées. Au besoin pour surveiller les points de contrôle, le premier ministre a dit qu'il enverrait l'armée. Le décret-loi prévoit des sanctions pouvant aller jusqu'à trois mois de réclusion.

A l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire de plus de quatre heures et au terme d'une journée de réunions tous azimuts, Conte a aussi annoncé la fermeture des entreprises et des établissements scolaires de ces zones ainsi que l'annulation des évènements publics (carnavals, compétitions sportives, sorties scolaires, etc.).

Trois matchs de championnat de Serie A prévus dimanche ont été reportés: Inter-Sampdoria, Atalanta-Sassuolo et Vérone-Cagliari. Ils devaient se dérouler dans les deux régions les plus touchées: la Lombardie (autour de Milan) et la Vénétie (autour de Venise). Les universités de ces deux grandes régions seront fermées par précaution.

Le foyer principal se trouve à Codogno, à 60 km au sud de Milan. Dans cette ville et neuf localités voisines, tous les lieux publics ( bars, mairies, bibliothèques, écoles ) sauf les pharmacies sont fermés depuis vendredi soir. L'autre zone est le village de Vo' Euganeo où a été annoncé vendredi soir le premier décès d'un Italien ( et Européen ), un maçon de 78 ans nommé Adriano Trevisan. Le deuxième décès, d'une femme du même âge, s'est produit près de Codogno.

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Les trains de la société privée Trenord ne s'arrêtent plus dans les gares de Codogno et deux villes voisines, habitées par beaucoup de personnes travaillant dans la métropole de Milan, capitale économique italienne
Mystère

Le gouverneur de Lombardie, Attilio Fontana, a indiqué plus de 100 cas à travers le pays. Parmi ces cas, il y a trois contaminations connues depuis des semaines, contractées hors d'Italie. Sur le total de personnes testées positivement, 13 sont en thérapie intensive, 33 hospitalisées avec des symptômes et 11 simplement en isolement à domicile.

Selon les autorités de Lombardie, le foyer de cette région a pour origine Mattia, un chercheur de 38 ans, « le patient 1 », hospitalisé en soins intensifs depuis mercredi à Codogno et transféré samedi à Pavie. Sa maladie est un mystère car il est exclu qu'il ait été contaminé par l'un de ses amis revenu de Chine en janvier. « Sur la base des tests effectués, (l'ami) n'a pas développé les anticorps », a indiqué le ministre adjoint de la Santé, Pierpaolo Sileri.
De nouvelles mesures pour contenir l'épidémie sont attendues dont peut-être la mise en quarantaine de personnes jugées à risque. Le président de Lombardie réclame lui «des contrôles accrus aux frontières».
Inquiétudes

Apparu en décembre à Wuhan en Chine, le coronavirus s'est propagé à plus de 25 pays et suscite une inquiétude croissante en raison de nouveaux foyers en Europe et au Moyen-Orient. Plus de 2400 personnes sont mortes en Chine, pour environ 77.000 cas de contaminations.

Une soudaine accélération de contaminations hors de Chine est apparue, en particulier en Italie donc, mais aussi en Corée du Sud (où l'alerte est maximale), et en Iran où elle a déjà fait cinq morts, soit le plus grand nombre de décès enregistrés dans un pays hors Extrême-Orient.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'inquiète de la vitesse à laquelle le virus s'est propagé en Iran et des risques pour d'autres pays comme le Liban. L'OMS redoute aussi « le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires », a averti son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus. C'est le cas de nombreux pays africains dont les infrastructures sanitaires et le personnel médical sont mal préparés pour affronter l'épidémie. Pour l'instant, sur le continent, seule l'Egypte a enregistré un cas confirmé de contamination.