Il nous a un peu stressés avec ses 350 mètres de large et sa tendance à survoler la Terre en rase-motte... A sa découverte en 2004, Apophis est immédiatement entré dans la catégorie des astéroïdes à surveiller - ceux qui s'approchent de la Terre d'assez près pour que le risque de collision ne soit pas négligeable, et dont la taille rendrait catastrophique une telle collision. Sur la base des toutes premières observations, les astronomes avaient estimé la trajectoire de son orbite autour du Soleil, qui dure un peu moins d'une année terrestre, et la Nasa annonçait qu'Apophis avait entre 1% et 3% de chance de toucher la Terre lors de son passage de 2029. L'astéroïde s'est retrouvé classé à 4 sur l'échelle de Turin, qui mesure le risque d'impact des objets «géocroiseurs». Jamais un caillou de l'espace n'avait encore atteint cet échelon...
Mais, plus on a étudié Apophis sous l'objectif des meilleurs télescopes de la planète, et moins il est apparu dangereux. Les calculs plus précis de son orbite ont permis d'écarter totalement le risque de collision pour les quelques décennies à venir. C'est ainsi que l'inquiétude s'est transformée en opportunité scientifique - une occasion en or d'observer un astéroïde gros comme la tour Eiffel, qui passe confortablement sous nos yeux tous les 323 jours. Comme ce vendredi 5 mars 2021, par exemple.
Affiner les prédictions
Apophis passe aujourd'hui à 16 millions de kilomètres de la Terre, soit un dixième environ de la distance Terre-Soleil, et 40 fois la distance Terre-Lune. Il faut un très bon télescope pour avoir une chance d'apercevoir l'astéroïde... ou une connexion internet. Le projet de «Télescope Virtuel» à Rome propose de montrer le survol de l'astéroïde en direct, à partir de 1 heure (heure de Paris) dans la nuit de samedi à dimanche.

Répétition générale avant 2029
Le survol 2021 d'Apophis n'est pas vraiment ébouriffant, mais ça constitue un bon entraînement pour l'observation que tout le monde attend, celle de 2029. Cette année-là, Apophis nous frôlera à 31 900 kilomètres et traversera donc la zone où orbitent nos satellites à très haute altitude. «Ça se produit tous les 1 000 ans environ, estime Marina Brozović, astronome à la Nasa. Nous observerons l'astéroïde avec des télescopes optiques et radar. Au radar, on pourra voir des détails de surface qui ne mesurent que quelques mètres.» On étudiera sa taille et sa forme, encore une fois, mais aussi sa composition et peut-être sa structure interne. Et même sans télescope, on pourra apercevoir Apophis à l'œil nu depuis le ciel australien, sous forme d'un point lumineux en mouvement.





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