
Général Jacques Guillemain
En ces temps où la raison semble avoir quitté les chancelleries occidentales et les salles de rédaction européennes, en ces temps où l'hystérie collective anti-Poutine semble tenir lieu de réflexion profonde et de réponse politique incontournable,
je rappellerai simplement quelques réalités que le monde, en plein délire, semble avoir oubliées.Mais n'acculons pas l'ours russe outre mesure, car l'Ukraine ne vaut pas un holocauste nucléaire. Il est bon de le rappeler aux va-t-en-guerre qui jouent avec le feu, le feu nucléaire s'entend. Quand la paix sera revenue et que les esprits seront calmés, les historiens analyseront cette guerre pour en dégager objectivement les véritables responsabilités. La diabolisation outrancière d'un ennemi ne fait pas partie de la panoplie à l'usage des historiens dignes de ce nom. En attendant, voici quelques rappels :
Ce sont les Américains qui ont refusé, en 1990, que la Russie soit arrimée à l'Europe. Ce sont encore les Américains qui ont promis à Gorbatchev de ne jamais élargir l'Otan à l'Est.Quand le Pacte de Varsovie a été dissous en 1991, les Occidentaux ont conservé l'Otan avec ses 16 membres, européens pour la plupart. Vainqueurs de la guerre froide, les Américains, au lieu de construire la paix, ont intégré 14 pays de l'ex-URSS dans l'Alliance et installé leurs missiles aux frontières de la Russie qui ne menaçait plus personne.