Quand les Etats-Unis détruisaient un pays pour le sauver...

Ce tableau montre toute la difficulté pour Picasso de concilier engagement moral et politique pour un idéal pacifiste et communiste, et liberté de création. L'œuvre dénonce l'intervention américaine en Corée en montrant crûment le face à face entre une population civile (des femmes et des enfants nus) et des militaires armés. Face à face qu'il n'avait pas représenté dans Guernica, préférant alors une vision plus symbolique (cri, souffrance, ténèbres), ce qu'on avait pu lui reprocher. Le tableau cependant, apparaît trop hermétique, trop indépendant surtout, au Parti communiste qui ne l'apprécie pas.
Source : Musée Picasso
La guerre de Corée passe pour avoir été limitée, mais elle ressembla fort à la guerre aérienne contre le Japon impérial pendant la seconde guerre mondiale, et fut souvent menée par les mêmes responsables militaires américains. Si les attaques d'Hiroshima et de Nagasaki ont fait l'objet de nombreuses analyses, les bombardements incendiaires contre les villes japonaises et coréennes ont reçu beaucoup moins d'attention. Quant aux stratégies nucléaire et aérienne de Washington en Asie du Nord-Est après la guerre de Corée, elles sont encore moins bien comprises, alors que ces stratégies ont défini les choix nord-coréens et demeurent un facteur-clé dans l'élaboration de la stratégie américaine en matière de sécurité nationale. (...)
Le napalm fut inventé à la fin de la seconde guerre mondiale. Son utilisation provoqua un débat majeur pendant la guerre du Vietnam, attisé par des photos insoutenables d'enfants qui couraient nus sur les routes, leur peau partant en lambeaux... Une quantité encore plus grande de napalm fut néanmoins larguée sur la Corée, dont l'effet fut beaucoup plus dévastateur, car la République populaire démocratique de Corée (RPDC) comptait bien plus de villes peuplées que le Nord-Vietnam. En 2003, j'ai participé à une conférence aux côtés d'anciens combattants américains de la guerre de Corée. Lors d'une discussion à propos du napalm, un survivant de la bataille du Réservoir de Changjin (Chosin, en japonais), qui avait perdu un œil et une partie de la jambe, affirma que cette arme était bel et bien ignoble, mais qu'elle « tombait sur les bonnes personnes ».










Commentaire: « Corée du nord ou États-Unis : qui est une menace pour la sécurité mondiale ? »