San Diego. De notre correspondante.« Difficile de se concentrer sur le budget déficitaire de la Californie et sur les milliers d'enseignants qui vont perdre leur travail quand un nuage radioactif en provenance du Japon s'apprête à toucher nos côtes. » L'entrée en matière d'une émission hebdomadaire de KPBS, la radio publique régionale de San Diego, donnait le ton sans ambages, hier.
7 000 km au-dessus du PacifiqueL'arrivée du nuage radioactif japonais est sur toutes les lèvres, depuis le début de la semaine. Les simulations par ordinateur des experts en météorologie se sont confirmées : il a atteint la côte ouest des États-Unis après avoir survolé l'Alaska et Hawaï. Les premières particules (duxenon 133) ont été détectées hier matin (début de soirée en France) à Sacramento (Californie).
Est-ce dangereux pour la santé ? Comment se protéger ? Experts et autorités se succèdent pour donner une information aussi apaisante que possible, à coups de simulations par ordinateur et de fermes déclarations. Après une traversée de plus de 7 000 km au-dessus du Pacifique, le nuage aura perdu de sa dangerosité. Les niveaux de radiation qui subsistent seront de toute façon sans danger pour la santé, une déclaration corroborée par le président Obama lui-même, dans une intervention télévisée. N'empêche. Si la population ne cède pas à la panique, cela n'empêche pas la plupart des pharmacies d'être quand même en rupture de stocks de pastilles d'iode... et les magasins de compteurs Geiger.
« Bien sûr que je suis inquiet, explique Kreg, contrôleur aérien d'une quarantaine d'années. On nage en pleine incertitude et je suis bien convaincu qu'on ne nous dit pas tout. Je me sens surtout insuffisamment informé : on ne connaît pas le taux précis de radiation, par exemple. » La pluie annoncée entre dimanche et lundi renforce les craintes, cette fois d'une contamination potentielle et minime des sols. En attendant, certaines écoles ont préféré garder les enfants à l'intérieur, vendredi, par précaution.