Image
© AFP
Le Mediator, du laboratoire Servier a été commercialisé entre 1976 et 2009 avant d'être retiré de la vente en raison des risques cardiaques encourus par les patients.
La plupart des dossiers d'indemnisation étudiés par les experts ont été refusés. Les associations de malades dénoncent des critères trop restrictifs.

La pilule est difficile à avaler pour les victimes du Mediator. Sur les 563 dossiers d'indemnisations examinés par l'office d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam), seuls 20 ont reçu un avis positif. Pour les autres, les experts concluent à une "absence de causalité" entre les maladies (principalement des valvulopathies) et la prise du Mediator. Cet antidiabétique des laboratoires Servier, prescrit pendant des années comme coupe-faim est accusé d'avoir causé au moins 500 morts et des milliers de problèmes cardiaques.

"Le doute doit bénéficier au patient"
"Les victimes ont été flouées. Le collège d'experts se base sur des critères qui n'ont jamais été évoqués, a réagi le docteur Dominique-Michel Courtois, président de l'association des victimes du Mediator (Avim), contacté par Metro. On demande aux gens de prouver qu'ils n'ont pas pris de traitement anti-migraine ou qu'ils n'avaient pas de problèmes cardiaques avant le traitement. Solliciter son médecin trente ans après, c'est quasiment sans réponse."
Ce stomatologue a lui-même tiré la sonnette d'alarme, en voyant les taux de rejets des dossiers soumis via son association.
"Je suis scandalisé, mais pas surpris. Il était trop simple de penser que Servier allait prendre son chéquier et indemniser à tour de bras." Les personnes qui s'estiment lésées ont deux mois pour faire appel. Pour Xavier Bertrand, ministre de la Santé à l'époque du scandale, "le doute doit bénéficier au patient".
7 500 dossiers déposés

"J'ose espérer que les experts judiciaires auront une autre conclusion que ceux de l'Oniam, influencés par la machine de guerre de Servier. D'autre part, la procédure pénale pour tromperie indemnisera le préjudice moral", a déclaré à Metro un avocat des victimes, Jean-Christophe Goubris.

En attendant un procès, déjà reporté, les 7 500 malades qui ont déposé un dossier à l'Oniam vivent dans l'angoisse. La Fnath, association des accidentés de la vie, craint un "enlisement" des procédures, comme les autres scandales sanitaires de l'amiante, du Distilbène ou du sang contaminé.