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Une étude récente permet de mieux comprendre la faille de Seattle qui pourrait être à l'origine d'un autre « Big One » aux États-Unis. Les chercheurs ont détaillé une nouvelle théorie sur la formation de cette faille plutôt inquiétante.

Un possible séisme d'une magnitude de 7,2

Depuis plusieurs décennies, le terme « Big One » concerne un important séisme qui se produit en Californie une fois tous les 150 à 200 ans environ. Selon certains spécialistes, le prochain tremblement de terre de grande ampleur dans la région devrait avoir lieu avant 2032, même s'il est très difficile d'évaluer la fréquence de ce genre d'événement. La faille de San Andreas est au cœur de toutes les craintes. Il s'agit d'un système complexe de failles qui parcourt environ 1 200 km du nord au sud, marquant la jonction entre les plaques pacifique et nord-américaine.

Aux États-Unis, un autre potentiel « Big One » fait parler, comme l'explique un communiqué publié sur la plateforme Advancing Earth and Space Sciences le 6 février. Megan Anderson, géophysicienne à l'institut géologique de l'État de Washington évoque la « faille de Seattle » qui traverse la métropole de Seattle-Tacoma-Bellevue où vivent environ quatre millions d'habitants.

Pour Megan Anderson, dont l'étude a été publiée dans la revue Tectonics, la faille de Seattle pourrait provoquer un tremblement de terre d'une magnitude de 7,2. Toutefois, cette faille fait davantage l'objet d'incertitudes que celle de San Andreas. En effet, la dernière rupture en date remonterait à plus d'un millénaire. Néanmoins, malgré l'impossibilité de prévoir l'arrivée de ce prochain séisme, la possibilité est bien réelle et il faut s'y préparer, notamment en établissant des modèles plus précis des futures secousses du sol dans la région.

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© Advancing Earth and Space Sciences / Megan Anderson
Une histoire mouvementée

Il y a 56 à 34 millions d'années durant l'Éocène, l'actuel territoire de l'État de Washington où se trouve Seattle était très différent. En effet, le littoral se trouvait à l'est de l'emplacement de la ville avec une chaîne d'îles volcaniques visible à l'horizon. Les recherches laissent penser que ces îles ont été attirées vers le continent avant de heurter la plaque nord-américaine. Certaines îles se sont élevées et ont dépassé la croûte terrestre, tandis que d'autres ont fini leur course en dessous. Aujourd'hui, cette zone de déchirure plutôt fragile n'est autre que le terreau d'une faille plus moderne : la faille de Seattle.

Afin d'arriver à ces conclusions, les scientifiques ont complété les données sismiques existantes avec des informations concernant la gravité. D'autres nouvelles données portaient sur le champ magnétique des roches, et ont déterminé la densité et la composition en minéraux du sol. À l'aide d'un modèle informatique, les chercheurs estiment qu'il s'agit de l'hypothèse la plus probable pour expliquer la faille de Seattle.