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© REUTERS/Ilya Naymushin
Champ de blé dans une ferme du village de Svetlolobovo dans le sud de la Russie.
La Russie pourrait devoir importer plus de céréales que prévu au printemps prochain : les producteurs de farine russes s'inquiètent d'une possible pénurie de blé dans le pays.

L'Union russe des producteurs de farine a fait les comptes : jusqu'à la moisson prochaine, le pays dispose d'environ trois millions et demi de tonnes de blé par mois, alors que ces dernières années, la consommation atteignait les 4,5 à 4,8 millions de tonnes. Selon les prévisions des professionnels du secteur, publiées par le quotidien Nezavissimaya Gazeta, les stocks préalables à la moisson s'élèvent à 9,4 millions de tonnes. Si l'on y ajoute la récolte de cette année de 38 millions de tonnes et les importations déjà prévues de 700 000 tonnes, le compte n'y est toujours pas. Entre la consommation nationale et les exportations, l'Union des producteurs de farine et de gruau estime à 1,8 million de tonnes, le déficit à couvrir d'ici au printemps. La Russie devrait donc importer plus que prévu en se tournant vers le Kazakhstan pour s'approvisionner en blé et vers l'Allemagne pour le seigle, qui lui aussi fait défaut, avec un déficit chiffré cette année à 550 000 tonnes.

Les prévisions de l'Union des producteurs de farine sont toutefois plus pessimistes que celles du gouvernement américain, qui estime dans son dernier rapport mensuel les stocks russes de blé à 10,4 millions de tonnes avant la moisson et à 4,5 millions de tonnes une fois la demande couverte. Les experts russes conviennent que le pays pourrait être amené à augmenter l'importation de céréales jusqu'à 2 millions de tonnes, contre 0,8 millions l'an dernier, mais ils estiment que la situation n'est pas catastrophique et le déficit sur le marché intérieur peu probable.

Le 3e exportateur mondial de céréales a connu, ces derniers mois, une série de difficultés climatiques : d'importants épisodes de gel en hiver et la sécheresse dans plusieurs régions l'été dernier. Résultat : la Russie a dû à plusieurs reprises abaisser ses prévisions de récolte pour 2012. Toutes céréales confondues, le gouvernement russe prévoit une récolte de 71,7 millions de tonnes contre 94,2 millions en 2011. Dans ce contexte, le prix de la farine, lui, continue de grimper, il a bondi de près de 5% le mois dernier.