Parmi les morts, au moins 18 enfants, dont la petite Tasneem Mahmoud Al-Nahal, 9 ans, tué ce matin dans une frappe de l'armée sioniste qui a ciblé un groupe de civils dans le camp de réfugiés de la Plage, à l'ouest de Gaza-ville.

Parmi les blessés, au moins 150 enfants, dont au moins 30 de moins de 5 ans, 96 femmes et des dizaines de personnes âgées. L'armée d'occupation pilonne Gaza par air et par mer, et les troupes massées à la lisière de la Bande de Gaza attendent le feu vert de leur gouvernement pour lancer une invasion terrestre. Les destructions sont massives, comme le montrent les photos prises par Anne Paq.

Tasneem Mahmoud Al-Nahal, 9 ans, assassinée ce matin
© Anne Paq
Tasneem Mahmoud Al-Nahal, 9 ans, assassinée ce matin

Nos camarades d'ISM-Gaza signalent que les bombardements sont ininterrompus ; la marine sioniste vient de bombarder le port de Gaza pour la deuxième fois, l'aviation sioniste vient de cibler le Centre de Télécommunications, pour tenter de couper la Bande de Gaza du reste du monde, comme elle a détruit ce matin l'immeuble Al-Shawa, siège de plusieurs médias, blessant 6 journalistes, dont Khader al-Zahhar, cameraman d'al-Quds TV, qui a dû être amputé d'une jambe (Ma'an News). L'entité sioniste veut continuer à massacrer la population sans témoins.

Amal, 11 ans, à l'hôpital Shifa, Gaza-ville
© Anne Paq
Amal, 11 ans, à l'hôpital Shifa, Gaza-ville
Un petit garçon blessé, à l'hôpital Shifa, Gaza-ville, symbole du courage et de la force des Gazaouis
© Anne Paq
Un petit garçon blessé, à l'hôpital Shifa, Gaza-ville, symbole du courage et de la force des Gazaouis
Témoignage de Sarah-Claude, ce matin

"Survivre, d'agressions en agressions

Les gouvernements européens (pour parler de ceux dont nous sommes directement responsables) poussent de concert des cris indignés appelant le Hamas à « stopper son escalade de violence ». Expression qui sonne ici tellement hors de propos, sans aucun rapport avec ce que vivent les Gazaouis. La jeunesse ici, ce qu'elle connait, c'est la brutalité du « fort », Israël, le déni de justice permanent, l'horizon totalement bouché, la violence rampante jamais éteinte, et sur ce fond de tableau, des agressions répétées d'une violence inouïe.

Qui s'évaporent des journaux dès que le paroxysme est passé. Mais pas de la vie des gens de Gaza.

Je sortais de la salle des soins intensifs de l'hôpital de Shifa, probablement un peu pâle devant tant de souffrance. Comme je leur rendais leur sourire, les deux jeunes gens sur leurs béquilles m'ont fait signe de de les prendre en photos. Fiers et droits. Marqués à jamais.


Hommes amputés à Gaza
© Anne Paq
"Cast Lead", nous en sommes presque au quatrième anniversaire. Sa dévastation est toujours présente, dans les corps, dans la vie quotidienne. Israël n'a pas été condamné. Le rapport Goldstone est resté lettre morte. Ceux qui y ont perdu leur maison se débrouillent toujours comme ils peuvent, dans la famille, chez des proches, louant quand ils le peuvent financièrement. « Pendant "Cast Lead", ma maison a été rasée, et depuis je n'ai toujours pas pu réinstaller ma famille dans une maison à nous. Pour une famille palestinienne, vous savez, c'est tellement important ! Et voilà que ça recommence. On n'a pas pansé les plaies de la dernière agression que nous voilà à nouveau sous les bombes ». Le jeune médecin qui s'exprime ainsi est à pied d'œuvre dans son hôpital, Al Aouda. Souriant, concentré, inquiet comme l'ensemble des personnels de l'insuffisance des fournitures de l'hôpital en médicaments et produits de première nécessité. Prêt en dépit de tout au combat contre la mort. Mais quand même, ne lui dites pas que Gaza est l'agresseur."

Image sonore envoyée par Rosa : La marine israélienne bombarde Gaza - le bruit de la terreur

"Hier 17 novembre, j'ai passé la nuit dans une maison située près du port de Gaza et j'ai mis ma caméra sur le rebord de la fenêtre pendant que la marine israélienne bombardait Gaza."


Une explosion dans la nuit de Gaza


Attaque d'un F16 le 17 novembre