Samedi soir, une tornade a touché la zone commerciale de la Rouge Porte, à Halluin, située à la frontière belge, ainsi qu'un lotissement voisin. Les dégâts sont impressionnants.


« On est passé à côté d'une véritable catastrophe, réalise Arnaud Gonzalez, le directeur du magasin Gémo. Une heure avant, le parking était rempli... » Samedi soir, vers 20 heures, au moment où l'enseigne du supermarché Match est venue s'encastrer dans sa vitrine, il s'apprêtait à rentrer chez lui. « Ça va tellement vite ! D'un seul coup, la pluie est devenue intense, il y a eu un gros boom. Comme une explosion. De la tôle qui cogne contre de la tôle. On s'est approché avec méfiance, on sentait l'air dans le magasin. C'est là qu'on a aperçu le carnage sur le parking. Heureusement que ça n'a duré que trente secondes ! » Relativement épargné, son magasin doit rouvrir dès lundi.

Sur la zone commerciale, des barrières ont été installées, des morceaux de verre jonchant le sol un peu partout. Les clients ont découvert, stupéfaits, l'ampleur des dégâts, certains croyant même à des actes de vandalisme. Malgré un réveil difficile, la vie a vite repris son cours : le supermarché Match était ouvert d'ailleurs ce dimanche matin. D'autres enseignes ont, en revanche, été plus sévèrement touchées : la vitrine de King Jouet a été littéralement éventrée. De l'autre côté de la route, toute la façade des Établissements de carrelage et de sanitaires Schelfhout est « en miettes ». « On a retrouvé des jouets d'en face, du verre jusque dans les toilettes et même des chariots de Match, qui est à 200 mètres », explique Dirk Schelfhout, le patron. C'est une dévastation... » Des présentoirs remplis de pavés ont été complètement retournés. Le magasin, surveillé par une société de gardiennage, ne rouvrira pas avant « un jour ou deux ».

Derrière le magasin Match, les toitures des maisons d'un lotissement récent (autour des rues Ghandi et Martin-Luther-King) témoignent de la force de la tornade. Logan, 17 ans, était devant la fenêtre au moment du passage de la tornade. « J'ai vu un trampoline défoncer la BMW et rebondir sur la route ! » « Le toit de mon chalet a défoncé les grillages et a atterri sur la gouttière d'un voisin, avant de finir sa course sur sa terrasse, détaille Yousfi. Il y a encore des débris. Ce toit, il est très lourd, c'est du gros bois ! On a dû le porter à six pour le ramener chez moi. »

« On a peur qu'il pleuve »

L'urgence est de remplacer les innombrables tuiles cassées, pour les maisons comme pour les appartements. Un voisin couvreur, dont les salariés ne savent plus où donner de la tête, supervise les opérations, tandis que les riverains déblayent. Rares sont ceux qui ont dormi, tant ils sont choqués. « On s'y est mis tout de suite, raconte Karine. A minuit, on craignait que la toiture s'envole. On n'a plus d'étanchéïté entre nos toitures, on a peur qu'il pleuve. Il y a une vraie solidarité, tout le monde va chez les uns et chez les autres. On a même récupéré des tuiles auprès de voisins qui ont installé des panneaux solaires. On s'entend bien toute l'année, mais la prochaine fête des voisins aura un sens particulier. » Les riverains ont convenu d'effectuer ensemble, dès lundi, d'abord auprès de la mairie, leurs démarches afin d'être indemnisés.

Keraunos, l'observatoire français des tornades et orages violents, vient de confirmer qu'il s'agissait bien d'une tornade d'intensité maximale (EF2). Une quinzaine de pompiers de Bousbecque sont sur place ce dimanche pour sécuriser la zone. « La trajectoire est très nette, observe le sergent-chef Barbion. Il n'y a pas de dégâts ni en amont, ni en aval. Le principal, c'est qu'il n'y ait eu que trois blessés legers. »