Cet article est lié à deux précédents. Comme vous le verrez, la destruction de la beauté (l'art moderne), la destruction des familles et des genres (la théorie du genre), et la destruction des religions montrent plusieurs similarités.
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Vierge Marie (Sassoferrato, 17e siècle)
Vous connaissez peut-être déjà un peu l'histoire de ma grand-mère et de ses remarques spirituelles. J'ai parlé d'elle dans les deux articles liés ci-dessus. Quelque chose que je n'ai cependant pas partagé avec vous, est sa croyance religieuse.

Quand j'étais enfant, élevé par des parents athées, je trouvais cela difficile de comprendre pourquoi ma grand-mère allait à l'église, pourquoi elle était intéressée par les faits et dires du Pape, pourquoi elle priait, pourquoi elle avait des peintures de la vierge Marie accrochées sur les murs et un crucifix au-dessus de son lit.

Pour être franc, je trouvais toute cette démonstration religieuse un peu ridicule. Comment pouvait-il en être autrement, alors que la seule chose que j'ai jamais entendue à propos de l'Église était ses actes diaboliques : l'Inquisition et, plus récemment, les prêtres pédophiles.

La croyance religieuse de grand-mère ne s'est pas atténuée avec le temps. Elle a à présent cent ans et est toujours une personne religieuse. Chaque fois que je reviens de quelques contrôles médicaux, je lui dis que les résultats sont bons et elle est au bord des larmes car elle est si soulagée. Elle me dit ensuite d'une voix douce émue : « J'ai tellement prié pour toi ».

J'étais frappé par notre différence dans nos croyances. Les choses ont changé si vite. Il y a deux générations, la plupart des esprits étaient imprégnés par la religion, alors que ma génération au mieux l'ignorait, au pire la méprisait.

Cette introduction vous donne peut-être une idée du sujet de cet article. Nous parlerons des religions, en particulier la chrétienté. Plus spécifiquement, comment les religions nous influencent et en fait, comment n'importe quel environnement social/culturel, qu'il soit religieux ou non, nous influence. Nous verrons qu'un environnement religieux est bien moins néfaste pour les individus et sociétés que la doctrine athéiste et nihiliste qui domine le monde d'aujourd'hui.

Notre environnement social/culturel est fait d'un assortiment de croyances, règles et normes qui définissent tout bonnement ce qui est bien et ce qui est mal. Pendant une longue période de temps, les religions jouèrent un rôle majeur dans la définition de ces items. Ainsi, notre première étape sera de jeter un coup d'œil à comment les croyances fondamentales (c.-à-d. la cosmogonie, la manière dont nous voyons le monde) évoluèrent au cours des temps.

Origine de la religion

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La Vénus de Willendorf 23 000 av. J.-C.
Les religions sont anciennes, peut-être aussi anciennes que l'homme. Pratiquement toute civilisation qui a existé incluait une quelconque forme de religion. Seuls quelques groupes comme le peuple Hazda ou des tribus Pygmées montrent peu ou pas de signes de religiosité. Aussi loin dans le passé que la période du paléolithique supérieur, une certaine forme de religion semble avoir déjà existé.

La religion de la Déesse Mère perdura pendant une très longue période, quasiment 20 000 ans, et elle couvrait également la majorité de la planète. Des représentations de la déesse furent trouvées en Europe, aux Amériques, en Afrique, et en Asie.

Nous ne pouvons pas être absolument certains du contenu de cette religion car il n'y a aucune preuve directe. Le seul matériel disponible est basé sur l'interprétation des mythes anciens, particulièrement grecs et romains qui semblent remonter au temps du culte de la déesse.

Ces mythes suggèrent la croyance dans une déesse immanente, qui s'instillait dans chaque aspect de la création : les arbres, les montagnes, l'eau, les nuages, vous et moi. L'Univers était un, toute chose était interconnectée (y compris probablement les comportements humains et les évènements cosmiques - c'est la « connexion anthropocosmique » dont nous parlerons plus tard).

Par rapport à aujourd'hui, les hommes se sentaient probablement moins différenciés et démontraient certainement plus de responsabilité et de respect envers le monde « extérieur » car ils faisaient partie de la même entité vivante.

L'antiquité

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© NASA
Le lac Umm Al Binni dans les marécages de Al-Amâra en Irak est un exemple d'impact d'astéroïdes qui marqua la fin de l'âge du bronze.
À l'époque de la Grèce et Rome, le culte de la déesse avait disparu. Peut-être qu'il fut balayé par les cataclysmes qui marquèrent la fin de l'âge du bronze. À cette époque, des changements climatiques, géologiques et archéologiques violents se produisirent qui décimèrent des civilisations en Égypte, en Mésopotamie et en Grèce.

Les archéologues et les historiens s'accordent généralement sur le fait qu'un désastre majeur s'est produit à cette époque. La découverte d'une demi-douzaine de cratères qui furent formés en un siècle aux environs de 2350 av. J.-C., incluant un gigantesque cratère (3,4 km de diamètre) qui fut découvert en Irak, soutient l'hypothèse de l'impact cométaire, promue depuis des années par plusieurs chercheurs.

Les Grecs et les Romains avaient une religion basée sur un panthéon de dieux masculins et féminins. Il y avait des dieux littéralement pour tout, chaque rue, chaque bâtiment. Les interactions entre les humains et les dieux étaient entièrement basées sur le respect de rituels. Si les personnes accomplissaient les bons rituels, offrandes, sacrifices, cérémonies, les dieux seraient apaisés et agiraient même en leur faveur, sinon les dieux seraient furieux et des catastrophes se produiraient.

Remarquez que ces premières religions étaient dénuées de toutes références morales. Il ne s'agissait pas d'être bon ou mauvais. Les mythes grecs et romains décrivent les dieux se comportant comme des humains : ils buvaient, se battaient, se disputaient, trichaient, etc. Donc, la religiosité était limitée à détourner la colère des dieux au moyen de rituels adéquats.

Il y avait cependant encore un sens de l'immanence, la connexion anthropocosmique était encore très présente dans les esprits des gens. Les chroniqueurs (les historiens des temps anciens) ont écrit des textes inépuisables sur les catastrophes cosmiques (la colère des dieux) liées aux abus perpétués par les élites.

Par exemple, le chroniqueur Michel le Syrien organisa chaque page de ses chroniques en deux colonnes. Sur la droite, il répertoria les affaires politiques et conduites des élites, tandis que la gauche était dédiée aux catastrophes naturelles, l'objectif étant de trouver une quelconque corrélation entre la première et la seconde.

La révolution chrétienne

Au premier siècle après J.-C., la Chrétienté émergea en postulant l'existence d'un dieu unique, masculin, lointain. Ce fut une brisure majeure d'avec le panthéisme grec et romain.

Mais la véritable innovation introduite par la Chrétienté fut la création d'un jeu de valeurs morales positives. Le panthéisme était entièrement basé sur des rituels, le judaïsme dépeignait un Dieu démontrant des valeurs morales négatives : la jalousie, la colère, le chantage, le meurtre... le Nouveau Testament, d'un autre côté, transmet des valeurs morales qui sont presque l'opposé du Vieux Testament (la Bible judaïque) : la tolérance, l'honnêteté, l'humilité, la patience, la compassion, la gentillesse, la charité, et par-dessus tout, l'amour. C'est peut-être mieux illustré par la magnifique et inspirante lettre de St Paul aux Corinthiens sur l'amour :
J'aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J'aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j'aurais beau avoir toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien. J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j'aurais beau me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien.

L'amour prend patience ; l'amour rend service ; l'amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil ; il ne fait rien d'inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'emporte pas ; il n'entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.

L'amour ne passera jamais. Les prophéties seront dépassées, le don des langues cessera, la connaissance actuelle sera dépassée. En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles. Quand viendra l'achèvement, ce qui est partiel sera dépassé. Quand j'étais petit enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j'ai dépassé ce qui était propre à l'enfant. Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j'ai été connu.

Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité.

Saint Paul, 1 Corinthiens 13:4-7
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Léonard de Vinci, La Cène (c. 1495)
Contrairement à l'Ancien Testament, le Nouveau Testament ne parle pas tant de Dieu que d'un héros mythique, un nouveau héros archétypal religieux : « Jésus-Christ, Fils de Dieu », montrant de la clémence, de la compassion, de l'amour, de l'intelligence et du courage. Ce sont les traits moraux qui influenceraient le monde occidental pour les deux millénaires à suivre.

Ce fut un motif puissant car la plupart des gens sont attirés par les héros. D'après C.G. Jung, le héros est l'un des douze archétypes les plus fondamentaux. Les gens ont ce profond besoin d'émuler, d'imiter et de s'identifier à un modèle.

Donnez-leur un modèle bon, et ils finiront par imiter ces traits positifs. Donnez-leur un modèle diabolique, et ils finiront par imiter les traits diaboliques.

Avec la Chrétienté, ce ne fut pas uniquement la peur du courroux de Dieu qui a encouragé les croyants à bien se comporter, mais également le désir d'imiter le modèle positif qu'était la figure mythique de Jésus-Christ. La peur de l'enfer, la peur des calamités étaient présentes, mais ce ne furent pas du tout les seuls éléments motivateurs. Une nouvelle source d'inspiration valorisante avait été introduite.

La Chrétienté inspira les vies de la majorité, sinon tous, des membres de la civilisation occidentale. Ce règne perdura jusqu'au 17e siècle.

Les révolutions nihilistes au Siècle des lumières

Contrairement aux religions immanentes, pour l'Église catholique, les êtres humains étaient séparés de Dieu. Les humains vivaient dans un monde matériel régi par les lois naturelles tandis qu'un dieu transcendant distant intervenait dans le monde matériel en accomplissant des miracles et des prouesses surnaturelles. De l'aveu général, cela prit un certain temps à l'église chrétienne pour accepter ces lois naturelles, et même des scientifiques comme Giordano Bruno (qui était aussi un moine Dominicain) furent brûlés au bûcher, en partie du fait de proposer de nouvelles (et pertinentes) théories scientifiques.

Mais éventuellement, le consentement de l'église chrétienne que le royaume humain était uniquement gouverné par les lois naturelles posa les fondations au progrès scientifique expansionniste qui se produisit durant le Renaissance. Ce fut la tâche de la science de révéler ces lois naturelles. Ainsi, après « l'âge sombre médiéval » vint la période des « lumières », ou du moins, c'est ce que l'on nous a amenés à penser :
Vous pouvez, avec une certaine plausibilité, représenter la Renaissance comme plus sombre que le Moyen Âge. Machiavel, les Médicis, et les Borgia ont été longtemps considérés comme le péché incarné dans des formes odieuses. En donnant toutes les permissions requises à l'exagération et la perversion de la vérité, la Renaissance ne fut pas un âge doré, et les drames d'horreur sont autrement plus que les cauchemars d'un fou.

Potter, M., 'History, III The Renaissance', Lectures on the Harvard Classics. The Harvard Classics (« Histoire, III La Renaissance », Conférences sur les Classiques de Harvard, Les Classiques de Harvard - NDT), 1909 - 14
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Célébration de la « Raison » divine à la cathédrale Notre-Dame de Paris le 10 Novembre 1793
L'application directe de la philosophie du Siècle des lumières n'arriverait seulement que plus tard avec la vague des révolutions qui parcourut l'Europe (l'Angleterre en 1642, la France en 1789, la Russie en 1917).

Le résultat de ces révolutions fut la destruction de l'aristocratie, dont le pouvoir et les privilèges furent transférés à une nouvelle et de loin plus infâme élite (les banquiers et la bourgeoisie).

Une conséquence encore plus fondamentale fut la destruction du clergé. Par exemple, pendant la Révolution française, les prêtres furent forcés à redevenir laïques, des milliers de moines furent tués, des nones furent violées, des églises furent brûlées. De telles atrocités furent commises sous la noble bannière de « la liberté, l'égalité et la fraternité ».

Parmi les groupes visés (les aristocrates, la classe moyenne, les travailleurs, les paysans), le clergé a souffert proportionnellement de la plus grande perte durant ce qui devint connu comme « la Terreur », un nom approprié pour une période de l'histoire qui vit le meurtre d'environ 100 000 personnes.

Cette période marqua la fin de l'Ancien Monde, imprégné par les valeurs traditionnelles : la famille, la communauté, la religion, l'art, et la naissance d'un Nouveau Monde audacieux, régi par le nihilisme, le matérialisme et l'individualisme. La raison devint la nouvelle religion :
Tout comme le soleil remplace la terre en tant que centre de notre cosmos dans le système cosmologique de Copernic, ainsi l'humanité elle-même remplace Dieu au centre de la conscience de l'humanité au Siècle des Lumières.

'Enlightenment', Stanford Encyclopedia of Philosophy (« Siècle des Lumières », Encyclopédie Stanford de la Philosophie - NDT), 20 August 2010.
Avec l'hégémonie de la raison, les choses s'empirèrent car rien ne fut conservé d'autre que la raison. Les valeurs morales (le bien et le mal, les vertus et les péchés) ou les sentiments comme la foi ou l'espoir disparurent, et la transcendance (les entités et les principes qui sont supérieurs aux êtres humains) fut éradiquée. L'homme, dans sa totalité, était à présent considéré comme une machine sans esprit, biochimique. Ce fut le début de l'ère de l'aliénation généralisée :
Le fou n'est pas l'homme qui a perdu sa raison. Le fou est l'homme qui a tout perdu sauf la raison.

Chesterton, Orthdoxie
Cependant, afin de convertir les individus au culte nouveau, athéiste, scientifique, les élites devaient prouver ses mérites, du moins pour un moment. Fortuitement, le 19e siècle fut marqué par de nombreuses avancées technologiques, une accélération du progrès matériel, des découvertes scientifiques et une diffusion généralisée de la connaissance. C'en était assez pour maintenir l'illusion d'un progrès durable, et enrôler les derniers sceptiques dans ce nouveau culte matérialiste.

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Henri II de Souabe livre une conférence aux étudiants universitaires de Bologne au 14e siècle
Une bonne dose de propagande au tout début de ce nouvel âge était également nécessaire pour reformater ces esprits encore attachés à la religion.

Dans l'Ancien Monde, le clergé gérait bien plus que les affaires spirituelles, il était en charge des hôpitaux, des orphelinats, et de la distribution de nourriture gratuite au pauvre. Il régentait aussi les écoles à travers le pays tout entier. La plupart de ces réussites sociales furent détruites par les révolutions du Siècle des lumières.

Mais les révolutionnaires étaient suffisamment intelligents pour conserver les écoles. Le pouvoir séculier prenant le contrôle du système éducatif, leur donna la possibilité de changer le contenu de l'enseignement, et promouvoir leur paradigme athéiste, nihiliste.

L'histoire officielle prétend que le laïcisme a créé l'instruction gratuite. Ce n'est pas vrai. Le laïcisme a créé l'instruction obligatoire, afin que chaque cerveau d'enfant soit rempli par la même propagande. La véritable motivation n'était pas l'enseignement des masses, mais la suppression de toute trace restante de religiosité des cœurs humains.

Le nouveau veau d'or

Dans les premières versions de la Déclaration universelle des droits de l'homme, la Bible des révolutionnaires nihilistes, le mot « sacré » peut être trouvé, ce qui est plutôt paradoxal pour un document aussi bureaucratique. On peut le trouver une fois, et il est attaché au mot « propriété ». Ce phrasé était encore présent dans la version officielle de 1848 :
La propriété est un droit inviolable et sacré.

DUDH — article 17 (version de 1848)
En effet, ce fut le commencement de l'ère des capitalistes et banquiers internationaux. La propriété sacrée marqua également le début du matérialisme et du consumérisme.

Alors que la religion était éradiquée, une nouvelle doctrine était implantée dans nos esprits. Le veau d'or était de retour à Babylone. Il fut donné une nouvelle idole aux gens, une recherche perpétuelle pour la gratification instantanée, une quête illusoire du plaisir, où l'individu, réduit à l'état d'esclave hédoniste, court après un bonheur promis qui persiste à glisser entre ses doigts :
En demandant le plaisir, il perd le plaisir principal, parce que le plaisir principal est surprise.

J.K. Chesterton, Orthodoxie
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Activation du noyau accumbens (zone centrale) en réponse à un évènement imprévisible.
Chesterton pourrait avoir été plus proche de la vérité qu'il ne le pensait. De récentes études, basées sur l'imagerie par résonance magnétique (IRM), mesurant l'activité cérébrale en réponse à des stimuli agréables, a trouvé que le noyau accumbens - une région connue comme le centre du plaisir du cerveau - répondait beaucoup plus fort lorsque l'évènement était non anticipé. Cela signifie que notre centre du plaisir se soucie réellement des choses inattendues.

Le sexe, le divertissement, le sport, la nourriture et la consommation sont des formes différentes des mêmes drogues. Le plaisir anticipé est la drogue, éphémère et arrivant avec un coût en augmentation constante. Les doses doivent être rehaussées pour fournir le même effet. Après un moment, la dose ne procure même plus de plaisir, mais dissimule seulement pour un instant la souffrance, le vide, et la lente destruction de l'âme. D'où le nombre grossissant de boulimiques, de monstres de sexe déviant, d'accrocs à la drogue, de junkies à l'adrénaline des « sports extrêmes », de joueurs inconditionnels et de drogués de télé.

La destruction de la connaissance

Dans les années 1960, la mission était pratiquement accomplie ; la Chrétienté était affaiblie à l'extrême. C'est à peu près à cette période que la destruction de l'éducation commença. La science et la connaissance technique avaient été promues depuis un moment dans le but de supplanter les religions. À présent que les religions étaient quasiment mortes, la science et la connaissance pouvaient au final, être anéanties.

Les esprits éduqués, même si pas religieux du tout, ont une pensée critique, des compétences analytiques, des connaissances. Ils sont capables de voir les mensonges des élites psychopathiques et de s'opposer à celles-ci.

Ainsi, depuis des décennies et des décennies, le niveau d'éducation fut délibérément amoindri, produisant de nouvelles générations de gens plus ignorants que les précédentes. Bien sûr, ce nivellement par le bas n'était pas une manœuvre ouverte ; tout fut réalisé sous l'apparence de « l'égalité ». Les nouveaux programmes d'éducation permettraient à 80 % des adolescents d'obtenir un diplôme d'établissement d'enseignement secondaire, tandis que plus de 50 % atteindraient l'université.

Qui pourrait débattre à l'encontre d'un si grand « progrès » ? Ne serait-il pas merveilleux de vivre dans un monde où chaque individu (peu importe ses compétences et motivations) décrocherait un doctorat ? Probablement pas si merveilleux après tout si ce doctorat ne signifie rien du tout ?

Saviez-vous que d'après un rapport de l'institut national de l'alphabétisation, un écrasant 47 % des adultes à Détroit, Michigan, sont « fonctionnellement illettrés » ? Malheureusement, Détroit n'est pas un cas isolé. Sur une période de onze ans [1992-2003], la compétence d'approximativement 37 millions de diplômés d'université [aux É.-U.] a drastiquement diminué.

Au Moyen Âge, l'ignorant chrétien avait au moins une boussole morale, un sens du bien et du mal, un respect pour son environnement et ses semblables, tous deux des créations de Dieu. Au 19e siècle, un athée bien informé avait des capacités intellectuelles et une aptitude à comprendre la réalité l'entourant. Mais aujourd'hui, les êtres humains ont été réduits à la condition d'athées ignorants, n'ayant ni connaissance ni spiritualité, les deux piliers fondamentaux sur lesquels quelqu'un peut construire une solide identité.

Diviser et diaboliser les religions

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« Le Coran c'est de la m***, ça n'arrête pas les balles. »
Couverture de Charlie Hebdo après le meurtre de masse en Égypte où 1150 personnes moururent.
Malgré des siècles de harcèlement, le sentiment religieux était toujours vivant en certains endroits. Certainement dû au fait que la religiosité est enracinée au cœur même de l'âme humaine. Donc, ces tout derniers vestiges de religion (au sein de l'Islam et la Chrétienté en particulier) furent traités au travers de la division.

Les élites promurent deux formes contraires de religiosité, ni l'une ni l'autre n'étant la forme modérée et spirituelle. D'un côté, les religions laïcisées, - un genre de bière sans alcool - une religion tellement expurgée de ses préceptes fondamentaux que ce n'est plus du tout une religion.

De l'autre côté, les religions extrémistes, — comme le fondamentalisme chrétien ou les mouvements wahhabites radicaux - qui sont si littérales, si prosélytes, si intolérantes, qu'elles sont dénuées de quelconques caractéristiques positives des religions traditionnelles.

Pendant ce temps, les formes traditionnelles des religions furent diabolisées. L'Islam étant insulté encore et encore par les médias de masse (voyez la couverture sur la droite par exemple) sous l'apparence de la « liberté d'expression », les Musulmans étant dépeints comme des terroristes (peu importe que ces supposés terroristes musulmans soient si arriérés que tout ce qu'ils font est de tuer d'autres Musulmans).

La Chrétienté traditionnelle a reçu un traitement similaire. Par exemple, en 2013, des activistes du groupe féministe radical Femen, prirent d'assaut une église à Paris. Elles étaient seins nus, simulaient un avortement et urinaient devant l'autel (tout ceci au nom de la « liberté d'expression » et le « droit au sacrilège », visiblement).

Pour vous donner une idée du soutien apporté par les états à une telle organisation, Inna Shevchenko, la dirigeante ukrainienne des Femen en France, a reçu un visa d'asile politique en 7 mois et un passeport français 9 mois plus tard. Entre-temps, leur bureau à Paris a été donné gratuitement par la mairie.

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Une activiste des Femen posant seins nus dans l'église de la Madeleine
Oser faire remarquer que de tels actes n'ont rien à voir avec la liberté d'expression, qu'ils sont, en réalité, de la pure haine et provocation, est qualifié de réactionnaire, puritain, traditionnaliste, tandis que les Femen sont décrites comme progressistes, courageuses, etc.

Pendant que nous sommes sur le sujet, n'oublions pas de mentionner l'inoubliable « Piss Christ », un crucifix immergé dans un verre d'urine, vendu pour 13 640 €. Comme si ce n'était pas assez, ce grand œuvre de l'art fut le gagnant d'un prix d'art contemporain, et reçu 4550 € en 1986 des contribuables.

Dans une même veine, les médias décrivent incessamment le clergé chrétien comme un repaire de pédophiles. Les prêtres catholiques sont de loin les plus enclins à être impliqués dans des accusations d'atteintes à la pudeur dans les médias actuels. Mais, dans la vraie vie, les pédophiles sont beaucoup plus susceptibles d'être un enseignant, babysitteur, ou ami de la famille.

Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi 90 % des affaires de pédophilie abondamment présentées par les médias mettent en cause des prêtres, alors que les témoignages de rescapés du cercle pédophile mentionnent principalement des membres de l'élite qui, accessoirement, sont ceux qui contrôlent exactement les mêmes médias qui assimilent les prêtres à la pédophilie ?

La puissance des influences extérieures

À ce stade, nous avons une meilleure vision de la façon que nos croyances et normes « modernes » ont évolué dans le temps. Quand mis côte à côte, le contraste est frappant. Nous avons muté d'un environnement culturel défini par la religiosité, la responsabilité, la communauté, à un éventail de normes qui sont le contraire : le matérialisme, le nihilisme, l'individualisme.

Nous avons basculé d'un monde dominé par des prêtres qui prêchaient l'humilité, l'honnêteté et l'amour, à un monde où les médias promeuvent la haine, la peur et le consumérisme.

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Un récent article illustre remarquablement cette inversion des valeurs. Il y a quelques semaines, une collégienne française musulmane a été expulsée du collège pour le port d'une jupe trop longue. Derrière la stigmatisation évidente du Musulman, nous ne pouvons pas manquer le changement radical dans les normes.

Par le passé, c'était les jupes courtes qui étaient bannies. Mais avec la « révolution » des années soixante, ce qui fut un peu plus que le début de l'ère de la promiscuité sexuelle et l'usage de stupéfiants, les jupes courtes devinrent en vogue.

Mais, est-ce que cette inversion des normes et valeurs importe vraiment ? Est-ce que les normes sociales ont réellement une quelconque influence sur nous ? Nous sommes libres de les inclure ou non, vrai ?

Nous connaissons tous ces histoires de vrais jumeaux qui ont été séparés à la naissance mais montraient des similitudes comportementales frappantes. Donc, est ce uniquement la nature qui compte, ou est-ce que l'éducation joue aussi un rôle ?

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Une des paires de cartes utilisées dans l'expérience. La carte sur la gauche a la ligne de référence, et celle de droite montre les trois lignes de comparaison.
Une expérience sociale appelée l'expérience de conformité de Ash, donne une idée de l'influence vertigineuse exercée par notre environnement social sur la manière dont nous pensons et nous comportons.

Dans l'expérience, il était demandé des questions très simples aux étudiants. Dans le groupe de contrôle, ceux non exposés à la pression des pairs, tout le monde donna de bonnes réponses.

Les résultats pour les autres groupes furent intéressants ; lorsqu'encadrés par des personnes donnant une réponse incorrecte, plus d'un tiers des sujets formulèrent aussi une opinion incorrecte.

Au moins 75 % des sujets donnèrent une mauvaise réponse à au moins une question, bien que l'erreur expérimentale pourrait avoir eu une certaine influence sur ce résultat. Il n'y avait aucun doute, par conséquent, que la pression d'un pair contribue à la conformité.

Le fait important est que nous, humains, sommes des créatures sociales. Depuis des millénaires, notre survivance était dépendante de notre appartenance à un groupe (tribu/clan/village). Être rejeté et condamné à vivre seul dans la nature représentait une condamnation à mort. Ce fort désir de se conformer et d'appartenir n'a pas changé. Pour appartenir, nous devons nous conformer à l'ensemble des règles, normes, personnes d'autorité et croyances qui définissent l'identité de notre groupe/société.

L'expérience de Ash reflète l'influence exercée par nos pairs, mais lorsque des personnes d'autorité comme les policiers, journalistes ou politiciens sont introduites, la propension à se conformer augmente. C'est exactement ce qui fut montré par l'expérience de Milgram, laquelle démontra l'influence exercée par une personne d'autorité (un scientifique dans ce cas) sur des individus.

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% de participants ayant atteint chaque niveau de décharge
Dans cette expérience, il était demandé aux sujets d'administrer des décharges électriques à un « apprenti » à la demande d'un « instructeur ». Les sujets s'asseyaient en face d'une boîte avec des commandes électriques dessus. Les commandes affichaient la tension qui serait délivrée, et une description textuelle du niveau de souffrance se situant entre « faible » et « grave danger », culminant à « XXX ». Dans l'expérience originelle, le sujet ne pouvait pas voir la « victime », mais pouvait l'entendre.

Milgram pensait que moins de 1 % donnerait la décharge maximale (450 V). Les résultats furent loin de ses prédictions (voyez le graphique sur la droite).

100 % des sujets étaient disposés à envoyer jusqu'à 135 V (le cap à partir duquel « l'apprenti » demande à être relâché) à quelqu'un qu'ils ne connaissaient pas. 80 % étaient enclins à aller jusqu'à 285 V (à ce stade, « l'apprenti » émet des cris d'agonie). Plus de 62 % étaient disposés à administrer les 450 V complets, malgré les cris et les étiquettes sur la machine indiquant « grave danger » et « XXX » !

Mais qu'en est-il si vous êtes conscient de la manipulation ? Et si vous savez qu'il y a une tentative de vous influencer ? Un cas sur le sujet est la publicité. Si nous ne faisons pas attention aux pubs, ou savons ce dont elles sont capables, alors elles n'affectent pas notre comportement, n'est-ce pas ?

Malheureusement ce n'est pas le cas car elles contournent notre centre intellectuel. Elles font directement appel à notre centre émotionnel. Le but d'une pub n'est pas de prétendre que cette voiture est plus rapide ou que cette lessive nettoie mieux, même si son message le dit explicitement. Le but est de vous faire associer le produit avec des émotions positives, c'est pourquoi il y a de somptueuses femmes juste à côté de la voiture et un bébé mignon à côté de la boîte de lessive, tandis que de la musique agréable est jouée en fond sonore.

Et ça marche. Cela marche tellement bien que des études montrent que l'association positive des pubs vous fera choisir un produit dont vous savez parfaitement bien qu'il est moins bon que son concurrent. Les associations émotionnelles inconscientes sont plus fortes que le son des arguments intellectuels. J'ai eu une expérience personnelle de ceci lorsque mon frère et moi sommes passés devant un panneau publicitaire pour une bière Budweiser, où la bouteille avait la pastille en métal retournée de manière à ressembler à une couronne, et le slogan disait « Reine des bières ». Mon frère fit un commentaire alors que nous passions, en disant : « est-ce qu'ils pensent réellement que ça influence quelqu'un ?! ». Environ 30 minutes plus tard, nous nous trouvions dans un bar. J'ai demandé à mon frère ce qu'il voudrait, il hésita pendant un moment, puis dit : « Je prendrai une Budweiser ». Je n'ai rien dit.


Publicité pour un journal avec en vedette un adorable bébé. Qu'est-ce qu'un bébé a à voir avec un journal ? Rien, mais cela déclenche une association positive.

Les effets de la religiosité

Est-ce que les religions ont un effet comparable ? Est-ce suffisant de dire à quelqu'un d'être bon pour qu'il soit bon ? Par exemple, est-ce que la compassion promue dans les sermons, l'art religieux ou le Nouveau Testament rendent un Chrétien plus compatissant ?

En réalité, l'influence des religions sur le ressenti et le comportement des gens a été étudiée abondamment. Un excellent papier intitulé « Le Façonnage Religieux du Sentiment » résume les résultats obtenus dans ce domaine de recherche.

Et la réponse est oui, les valeurs et les sentiments véhiculés par une religion ont, bien sûr, une grande influence sur comment le croyant veut ressentir (désiré/état idéal), mais aussi (bien qu'à un degré moindre) sur comment le croyant ressent réellement (état réel) :
alors que les idées et pratiques culturelles modèlent comment les gens se sentent réellement, elles façonnent encore plus comment les gens veulent se sentir.
La religiosité n'affecte pas seulement les émotions personnelles (la joie, l'optimisme), mais également la façon dont les gens se sentent envers les autres (émotions pro-sociales).
Les scientifiques ont commencé à examiner si l'engagement dans des pratiques religieuses spécifiques accroît l'expérience d'émotions pro-sociales. Bien que beaucoup plus de travaux sont nécessaires dans ce domaine, plusieurs études ont relié la pratique de la méditation à une empathie améliorée (Lutz, Brefczynski-Lewis, Johnstone, & Davidson, 2008; Shapiro, Schwartz, & Bonner, 1998), une connectivité sociale (Hutcherson, Seppala, & Gross, 2008), et de l'espoir et optimisme pour l'autre.
Le problème avec la plupart de ces études est qu'elles sont basées sur l'auto-déclaration ou déclaration des pairs. Donc, est-ce qu'il y a uniquement un changement dans les sentiments perçus ou est-ce qu'il y a un changement dans les sentiments réels ? D'après les études basées des mesures physiologiques non biaisées, la dernière semble être la bonne :
Bien que la majorité des études de la religion et du bien-être utilisent des mesures auto-subjectives, qui sont vulnérables à divers biais (c.-à-d., la désirabilité sociale), plusieurs ont employé des mesures physiologiques pour contrecarrer cette limitation. Par exemple, dans une étude publiée récemment (lnzlicht & Tullett, 2010), les auteurs examinèrent les niveaux de réactivité défensive en réponse à la réalisation d'une erreur par l'utilisation des potentiels évoqués (PEs). Ils découvrirent que lorsque les chrétiens croyants étaient stimulés avec des icônes religieuses, ils montraient une moindre réactivité défensive lorsqu'ils commettaient des erreurs que ne le faisaient les non-croyants. Ces découvertes suggèrent que lorsque les croyants pensent à leur religion, ils sont moins angoissés pendant une menace que les non-croyants. D'autres études utilisant des mesures physiologiques suggèrent que les gens qui ont pratiqué des expériences méditatives développent des changements neuronaux liés à l'expérience amplifiée du positif, l'approche liée aux émotions, comparé au groupe témoin (Davidson et coll., 2003). Ces études suggèrent que même jaugée par des mesures physiologiques, la pratique religieuse pourrait favoriser le bien-être.
Une étude conduite en 2008 par l'université d'Oxford était basée sur des mesures physiologiques de la douleur. Les images des cerveaux des « volontaires » montraient que chez les croyants, une zone du cerveau qui supprime les réactions aux situations menaçantes s'allumait lorsqu'on leur montrait une image d'un tableau de la Vierge Marie. La même image ne produisait aucun effet parmi les sujets non croyants. Globalement, la douleur expérimentée était inférieure de 12 % parmi les croyants.

La psychopathisation des individus et sociétés

À ce stade, quelqu'un peut se demander pourquoi les religions ont été si minutieusement sapées ? Pourquoi de telles attaques acharnées (corruption de l'intérieur, destruction de l'extérieur) contre les véritables religions ? Là, nous touchons au cœur de la ponérisation : la contamination des gens et de la société par les traits psychopathiques.

Les vraies religions respectent la vie, alors que les psychopathes cherchent à détruire la vie. Les religions enseignent que les autres sont nos « frères et sœurs », alors que les psychopathes considèrent les autres comme des objets. Les religions louent l'amour, alors que les psychopathes se délectent de la haine. Les religions prônent le mariage et la fidélité, alors que les psychopathes recherchent le sexe obscène et la domination. Les religions valorisent l'honnêteté, alors que les psychopathes mentent et dupent en tant que règle. Les religions véhiculent les concepts de bien et de mal universel, alors que pour les psychopathes, ce qui sert leur intérêt personnel est « bon », et ce qui s'y oppose est « mauvais ».

Comme vous pouvez le constater, les valeurs véhiculées par les religions les plus traditionnelles sont pratiquement diamétralement opposées aux « valeurs » psychopathiques. Puisque les psychopathes veulent nous soumettre et nous imposer leur vision déviante du monde (c'est la caractéristique profonde de la ponérisation), les principes religieux sont un obstacle majeur à ce processus de perversion. Les religions nous abreuvent de références morales qui nous aident à résister à la ponérisation de nos esprits et sociétés.

C'est pourquoi les psychopathes veulent « nous libérer » des sentiments religieux.

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Le Pape François donnant un médaillon à Poutine qui représente un ange de la paix.
Sans surprise, les dirigeants qui luttent sincèrement contre la domination de l'empire nihiliste soutiennent les religions traditionnelles, comme Chavez louant le Christ révolutionnaire, comme Poutine soutenant l'Église orthodoxe, ou le Pape François faisant l'éloge des efforts de Poutine pour la paix.

Aujourd'hui, ces personnes qui maintiennent ou représentent encore les valeurs traditionnelles - la famille, la communauté, la religion, les vrais dirigeants héroïques, la royauté - peuvent voir que leur monde est sur le point de l'annihilation.

C'est pourquoi, malgré leurs nombreuses divergences, ils s'unissent de plus en plus sous la même bannière afin de défendre le peu qu'il reste de ce qui nous rend encore humains.

Nous ne devrions pas nous méprendre, c'est une lutte pour nos propres âmes. C'est ce que les psychopathes veulent en définitive. Mais les loups portent des habits de moutons. Leurs buts néfastes sont dissimulés derrière un vernis politiquement correct, la novlangue orwellienne (« newspeak » en anglais) qui tente de rendre le noir blanc, et vice versa :

Ce n'est pas la destruction des religions, c'est seulement le laïcisme. Il ne s'agit pas de la destruction de la famille, il s'agit du mariage pour tous. Il n'est pas question de pro-sionisme, c'est l'antiracisme. Il ne s'agit pas de la destruction de la beauté, c'est de l'art moderne. Il ne s'agit pas d'insulter les religions, c'est la liberté d'expression. Il ne s'agit pas de détruire les identités, c'est la théorie du genre.

Le chemin vers l'enfer est pavé de bonnes intentions. Chacun doit voir au-delà des mensonges, de la propagande, des mots détournés, afin de choisir la bonne voie.

Nos autorités établies ne nous commandent pas directement d'être gloutons, apeurés, individualistes ou matérialistes. Ils emploient la novlangue, citée plus haut, ou instillent indirectement ces émotions.

Les opérations de terrorisme sous fausse bannière sont un exemple sur le sujet, en particulier aux É.-U., où les fusillades de masse sont devenues pratiquement une tradition. Le message implicite est plutôt évident : « soyez effrayés, vous avez besoin de nous, parce que vous pouvez être tués à n'importe quel moment. » Maintenant, les fusillades se produisent même dans des bases militaires ultra-sécurisées, comme Fort Hood en 2009 (vous pouvez être tués n'importe où, même dans les endroits les plus sûrs). Et les fusillades surviennent aussi souvent dans des écoles, comme à Sandy Hook (si la terreur d'être tué n'est pas suffisante, maintenant la menace est de tuer vos enfants).

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Peluches déposées au mémorial des enfants victimes du massacre de Sandy Hook

La religiosité et la connexion anthropocosmique

L'une des expériences de psychokinésie la plus approfondie et solide scientifiquement fut conduite par le Dr Robert Jahn, doyen de l'École d'ingénierie et de sciences appliquées à Princeton, et Brenda Dunne, une psychologiste développementale à l'université de Chicago.

Cette recherche est l'une des rares études de « parapsychologie » qui a été reconnue par une organisation scientifique éminente, le Conseil national de la recherche des É.-U., qui conclut que l'expérience était rigoureuse et que ses résultats ne pouvaient pas être expliqués par la chance.

Sur une période de douze ans, Jahn et Dunne ont mené près de 2,5 millions d'essais dans lesquels les participants placés devant un générateur d'évènement aléatoire configuré (GEA) tenteraient en premier de « forcer la volonté » de la machine à produire plus de 1 que de 0, ensuite inversement, et enfin n'essaieraient pas par la suite d'influencer la machine d'aucune manière.

Jahn et Dunne ont trouvé un écart cumulé qui était statistiquement hautement significatif, car les résultats ont été compilés depuis des millions d'essais, avec des douzaines d'expériences de corrélation. La probabilité que ces résultats soient le résultat de la chance étant de un sur un trillion.

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Image de la déesse Indra présentée aux sujets ArtReg
Un ensemble d'expériences conduites par Jahn et Dunne fut dénommé ArtReg ; l'équipe de recherche émit l'hypothèse que des images variées montrées aux sujets moduleraient la manière dont ils influençaient les GEAs. En tout, ils présentèrent 24 images différentes à leurs sujets.

ArtReg échoua à obtenir des résultats globaux significatifs, mais lorsqu'ils regardèrent de plus près les résultats, ils découvrirent que 7 images sur 24 avaient produit des réponses au GEA positives. Ces images étaient archétypales, ritualistes ou religieuses.

Au lieu de se focaliser sur les individus, Robert D. Nelson testa l'effet de toutes les foules et endroits sur des « évènements » aléatoires. Dans ce but, il amena un GEA portatif (Générateur d'Évènement Aléatoire) à tous types de lieux de rassemblement (des spectacles comiques, des concerts, des représentations de théâtre).

Pendant des chants, des prières et des méditations, réalisés en des lieux sacrés, il observa des écarts bien plus grands que dans n'importe quelle autre étude du PEAR(Princeton Engineering Anomalies Research).

Alors qu'il étudiait plus avant ce phénomène, il découvrit qu'aussi bien les endroits sacrés (même sans aucune activité) que le chant (même réalisé dans des endroits banals) exerçaient une influence. Mais, de manière intéressante, l'influence était maximisée lorsque l'activité (cérémonie chantée) et l'emplacement (lieu sacré) étaient couplés ensemble, comme s'ils fonctionnaient d'une manière synergique.

Dans mon article sur la théorie du genre, j'ai mentionné une coïncidence intéressante : tandis que les pairs de même sexe avaient l'influence la plus inhibée sur les Générateurs d'Évènements Aléatoires, l'homosexualité était de plus en plus encouragée dans les sociétés occidentales. Pendant ce temps, les religions, dont les figures comme les icônes, les lieux sacrés, les chants, et les rassemblements semblent accroître l'influence des gens sur les évènements aléatoires, sont sapées.

Biais négatif envers la Chrétienté ?

J'ai discuté de ce sujet avec des amis. Plusieurs fois, je fus surpris par une réaction négative pratiquement automatique envers les religions. Ne nous est-il pas dit que les derniers 2000 ans de la culture judéo-chrétienne ont façonné nos esprits ? Ne devrions-nous pas par conséquent attendre une inclination positive envers les religions ?

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Jésus Christ tenant un bébé dinosaure.
Le problème est que le règne de la Chrétienté se termina il y a 200 ans. Depuis lors, les choses ont dramatiquement évolué.

Regardons la description de la Chrétienté dans les médias : les chrétiens dans les feuilletons mélos sont habituellement représentés comme fragiles, stupides, ou limités. Les personnes s'opposant à l'avortement sont dépeintes comme des terroristes. Le Vatican est présenté comme le centre d'une conspiration mondiale. Les prêtres sont généralement cités dans le contexte des affaires de pédophilie, les Papes sont décrits comme malsains, les seules chroniques historiques de la Chrétienté sont les croisades et l'Inquisition, et la vision chrétienne de la préhistoire est résumée par Adam et Ève, ou même Jésus Christ vivant avec les dinosaures.

Les médias modernes manifestent un penchant négatif envers les religions, y compris la Chrétienté. Mais est-ce que ce penchant négatif a une quelconque influence sur nos perceptions ?

Tandis que des études du biais négatif contre les minorités comme les homosexuels ou les noirs sont largement notifiées, pas tant ne le sont concernant les biais antichrétien.

De telles études existent cependant, et leurs résultats sont assez évidents. Certaines études (Gartner, 1986 ; Lewis et Lewis, 1985 ; O'Connor & Vandenberg, 2005), basées sur l'auto-déclaration, montraient un biais négatif envers les chrétiens, malgré l'attrait social (les normes sociales découragent tout préjugé contre les groupes culturels, ainsi les sujets tendent à cacher leur préjugé négatif dans les auto-déclarations).

Encore plus intéressante est l'étude intitulée « Psychologist Bias in Implicit Responding to Religiously Divergent Nonpatient Targets and Explicit Responding to Religiously Divergent Patients » (Biais psychologique dans la réponse implicite à des cibles religieusement divergentes non malades, et la réponse explicite aux malades religieusement divergents - NDT), laquelle, contrairement à la plupart des autres études, était basée sur les attitudes automatiques qui étaient activées spontanément - qui est, sans capacité pour le participant d'utiliser des processus réactifs et de censure pour les édulcorer.

Environ quatre cents psychologues ont été réquisitionnés pour évaluer les états d'esprit de divers patients. L'étude donna un diagnostic que les patients religieux étaient mentalement plus malades que leurs confrères non religieux.

Ce biais négatif est des plus frappant lorsque nous comprenons que la littérature ne soutient pas de corrélation entre la religiosité et une faible santé mentale. À l'inverse, la religiosité est associée à de plus faibles niveaux de dépression (Smith, McCullough, & Poll, 2003) et d'anxiété (Bergin, Masters, & Richards, 1987), venant à bout de maux chroniques (voir Rippentrop, 2005 pour l'examen), et des efforts de réinsertion (Kilpatrick & McCullough, 1999).

Conclusion

Bien sûr, comme bien d'autres organisations, les religions ont tué et torturé des gens. La tête de n'importe quelle puissante organisation est inévitablement ponérisée.

L'Inquisition est une preuve de la cruauté de l'Église. Mais elle devrait être mise en perspective. Selon une récente recherche, seulement 1 % des 125 000 personnes jugées par les tribunaux d'église soupçonnées hérétiques en Espagne furent exécutés, soit 1250 personnes. Et n'oublions pas que l'Inquisition s'étendit sur une durée de cinq siècles.

Comment ces chiffres se comparent-ils aux millions de vies sacrifiées sur l'autel du communisme, capitalisme ou impérialisme ? Ainsi, devrions-nous jeter le bébé avec l'eau du bain ? Depuis lors, comme n'importe quelle autre organisation, l'Église a été ponérisée, devrions-nous rejeter toutes les valeurs chrétiennes, ou les remplacer par des pires ?

Ces désastres furent menés au nom de la Chrétienté, mais n'avaient rien à voir avec les valeurs chrétiennes traditionnelles, de la même manière que tous les pays aujourd'hui sont dévastés au nom de la démocratie ou la liberté, alors que ces deux concepts n'ont rien à voir avec le larcin impérial.

« Les valeurs traditionnelles chrétiennes » ne sont pas parfaites non plus. Les commentateurs ont mentionné la soumission excessive (« aimez votre ennemi », « tendez l'autre joue ») et la culpabilité (« péché originel »). Cependant, malgré toutes leurs imperfections et la corruption à laquelle elles ont été soumises, les religions traditionnelles véhiculent toujours des valeurs essentielles : la solidarité, la charité, la communauté, l'amour. En ce sens, les valeurs matérialistes, individualistes qui ont été martelées dans nos esprits sont bien pires que les religieuses qui les devancèrent.

Dans un monde idéal, nous encouragerions la science objective et la vraie spiritualité. Mais nous ne sommes plus du tout au Kansas, dans le monde d'aujourd'hui, nous n'avons ni l'un ni l'autre.

La Chrétienté, bien que très imparfaite, avait un ensemble de valeurs morales positives qui encourageaient les gens à devenir meilleurs. Le matérialisme qui domine le monde d'aujourd'hui propose un florilège de valeurs négatives, qui fait ressortir le pire des gens. C'est aussi simple que cela.

Qu'est-ce qui ne va pas à vivre une vie individualiste? Rien véritablement, si les individus étaient réellement heureux de leur style de vie, puisque le bonheur est la promesse principale de cette doctrine. Mais sont-ils vraiment heureux ? Les suicides, les dépressions, le soulagement de l'anxiété via la consommation de drogue n'ont jamais été si élevés.

La signification

Plus important encore, la différence majeure entre ces deux milieux culturels semble tourner autour de la notion de signification. À travers la perspective de l'enfer et du paradis, et un personnage mythique comme Jésus Christ démontrant un comportement exemplaire, les principes chrétiens fournissaient une motivation à être meilleur, à adopter des valeurs telles la gentillesse ou la compassion. La toute croyance en Dieu servait en tant qu'impulsion pour accomplir de plus grandes choses, à créer, à matérialiser la beauté.
Plusieurs recherches ont montré que les gens placent une plus grande priorité sur les buts qui sont considérés « sacrés » (Emmons, 2005b) et que les buts sanctifiés génèrent un plus grand engagement, confiance, et investissement de temps et d'énergie que les buts non sanctifiés.

Mahoney et coll., Implications of Affect Valuation Theory 279 (Implications de la théorie de la valorisation de l'affect - NDT), 2005
La doctrine nihiliste des temps modernes n'apporte pas tant de sens à la vie, où la gratification est l'unique « valeur », l'unique but que nous sommes censés atteindre, comme des hamsters dans une roue géante.

S'il n'y a ni bien ni mal, quelle est l'utilité de penser, faire des choix ou des efforts, dire « non » ? Dans un monde dénué d'espoir, quel est l'intérêt de vivre ? Dans un monde nihiliste dépourvu de beauté et de transcendance, où un individu peut-il trouver la motivation pour créer, progresser, apprendre et s'améliorer ?

La vie sociale

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Faire des connexions sociales outrepasse faire de l'argent comme l'une des clefs du bonheur.
L'Église pourvoyait un sens de communauté et solidarité avec des rassemblements collectifs, des croyances et pratiques communes. La Chrétienté encourageait l'amour de son prochain, traitait les autres comme des frères.

Le paradigme matérialiste a détruit les liens sociaux. Par l'exploitation des travailleurs et la sur-accentuation de la consommation, les gens ont été forcés de quitter leurs villages, s'éloigner de leurs communauté, famille et amis. La plupart d'entre eux finirent dans de tristes appartements isolés dans des villes cimentées où ils ne connaissent même pas leurs voisins.

Comment pouvons-nous connaître nos voisins lorsque nous passons la majorité de notre temps à suer pour un salaire misérable, puis les médias nous disent d'avoir peur de l'autre pendant notre « temps libre » lorsqu'on regarde les infos ? Et même si nous échappons à l'influence des marchands de peur, qu'est-ce que les gens ont à partager aujourd'hui avec tout un chacun ?

L'individualisme a mis chaque personne dans sa propre bulle, inconsciente de l'autre, totalement focalisée sur le gain personnel à court terme, la gratification et le plaisir, percevant l'autre au mieux comme un étranger, au pire un ennemi.

Mais l'isolement se fait à coût élevé. Comme démontré dans une étude récente conduite parmi 1000 aînés, les relations affectueuses, pas les gains matériels, sont la clef de la satisfaction. De plus, dès 176 aînés qui furent diagnostiqués de démence, ceux avec moins de liens sociaux, montraient le plus haut risque.

L'héritage d'une civilisation

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La cathédrale de Milan
Les pragmatistes prétendent habituellement que seuls les résultats importent. Si nous regardons les résultats de la « civilisation moderne », comparée à ce qu'il advint avant, les différences sont frappantes. Pourquoi 90 % des plus grands artistes, comme Leonardo, Michel-Ange, Mozart, Beethoven ou Shakespeare, vivaient avant les révolutions ? Pourquoi les plus grandes œuvres d'art, tels les cathédrales, les peintures, les sculptures, la musique ou les poèmes, furent créées avant le 18e siècle ? Si les humains étaient des fanatiques asservis aussi ignorants avant cela, comment ont-ils créé de telles merveilles ?

Quel est l'héritage de la civilisation matérialiste nihiliste ? Pourquoi notre grande civilisation moderne - parangon de liberté, de progrès et d'intelligence - laisse-t-elle derrière elle que des bâtiments laids, des tronçons de plastique, l'art moderne et les extravagances « bling bling » superficielles ?

Un autre changement majeur introduit via les révolutions nihilistes se rapporte directement à la simple manière dont nous interagissons avec le monde. La Chrétienté a introduit un sens du merveilleux et de gratitude. Le monde et la vie étaient un miracle, un cadeau de Dieu. Le respect et la crainte révérencielle envers la création inspiraient les gens, les amenaient à la respecter et l'émuler.

Pour le matérialiste, le monde est une chose ennuyeuse. Le cosmos est un mécanisme géant, la vie est une série de réactions biochimiques. Un arbre n'est rien de plus qu'un tas de cellules productrices de chlorophylle. Les matérialistes sont ennuyés par le monde car ils sont inconscients de lui et de sa vraie nature. Ils ne voient pas sa magie, son harmonie. Ils ont perdu tout sens du merveilleux, de curiosité ou de gratitude. Ils perçoivent le monde comme un supermarché géant, là pour servir leur désir de gratification personnelle, instantanée.
La vie est religion. Les expériences de la vie reflètent notre relation à Dieu. Ceux qui sont endormis sont ceux de peu de foi dans leur relation avec Dieu. Certaines personnes pensent que le monde existe pour qu'on le dompte, le méprise ou l'ignore. Pour de tels individus, le monde cessera d'exister. Ils deviendront exactement ce qu'ils donnent à la vie. Ceux-là deviendront un simple rêve dans le passé. Mais ceux qui dirigent leur attention sur tous les aspects de la réalité objective deviendront la réalité du Futur.

Cassiopéens, 28-09-2002

Commentaire : Sur les origines de la Chrétienté et de n'importe quel système de valeurs qui persiste après avoir été dépouillé de ses caractéristiques mythologiques, les lecteurs apprécieront peut-être d'écouter notre débat récent à la radio interactive SOTT avec l'auteur et spécialiste de la Bible, le Dr Robert Price :

Derrière les grands titres : le mythe de Jésus Christ - Interview avec Robert M. Price