Des combattants du groupe terroriste Etat islamique (EI, Daesh) ont exécuté la journaliste-citoyenne Ruqia Hassan accusée d'"espionnage", rapporte l'organisation des journalistes indépendants Syria Direct.
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Ruqia Hassan, tuée par le groupe Daech
L'exécution de Ruqia Hassan, poursuit l'organisation, est unique en son genre, car c'est la première fois que l'EI condamne à mort une journaliste-citoyenne pour avoir fait du journalisme sur le territoire du "califat autoproclamé".

Plus connue sous le pseudonyme de Nisan Ibrahim, la journaliste collaborait avec le groupe Raqqa is being slaughtered silently (RBSS, Raqqa est sacrifiée en silence, ndlr), une ONG qui dénonce régulièrement des violations flagrantes des droits de l'homme en Syrie.


Commentaire : On peut sérieusement se demander ce que fait la coalition pour permettre que des atrocités de ce genre persistent. Ne disent-ils pas lutter contre Daesh ? Daesh continue à tuer sans pitié et ni les Nations-Unies ni les pays qui se disent opposés au terrorisme ne font quoi que ce soit pour arrêter une bonne fois pour toutes ces massacres. Les syriens souffrent toujours autant, les assassinats se poursuivent, les droits humains sont totalement bafoués, les bombardements ne cessent pas, les villes sont totalement détruites. Que fait la coalition pour aider la population civile de la Syrie ? C'est tout simplement honteux.


"Là, je suis à Raqqa. J'ai reçu des menaces de mort. L'Etat islamique va sans doute m'arrêter (...) et me décapiter. Mais je garderai ma dignité: il vaut mieux mourir que s'humilier devant l'EI", telles furent ses dernières paroles, publiées ce samedi sur Twitter par le fondateur de RBSS, Abu Mohammed.
Dans une de ses dernières publications sur Facebook, Ruqia Hassan a tourné en dérision l'interdiction de se servir des points Wi-Fi dans la ville de Raqqa, une mesure de restriction adoptée récemment par l'Etat islamique.

"Allez-y, coupez-nous l'accès à Internet, nos pigeons voyageurs s'en moqueront", a-t-elle ironisé.

Quant à l'arrestation de la journaliste, il est difficile d'en déterminer la date avec précision. Toujours est-il que son activité sur les réseaux sociaux s'est interrompue d'un coup le 21 juillet 2015, rapporte le journal britannique Independent.

Selon l'ancien journaliste de RBSS Furat al-Wafaa, Mme Hassan prenait part à "toutes les protestations contre l'EI".

"Elle n'hésitait pas à lancer des défis à l'EI et écrivait régulièrement sur les frappes aériennes dans la ville de Raqqa", a-t-il expliqué.

Et d'ajouter: "L'Etat islamique met le couteau sous la gorge de tous ceux qui se lèvent contre lui et les journalistes qui travaillent pour des médias étrangers constituent des cibles de prédilection".