Relaxe de Sandra Bertin : "C'est un immense soulagement (...) le tribunal a reconnu qu'elle était de bonne foi".

La policière municipale de Nice Sandra Bertin a été relaxée par le tribunal correctionnel de Paris. L'ancien ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait porté plainte contre la policière pour diffamation. Son avocat a confié son "soulagement" à France Bleu Azur.

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Sandra Bertin, le 24 juillet 2017
Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé la policière municipale de Nice Sandra Bertin, jeudi 21 septembre, sur le fondement de l'excuse de bonne foi, selon le service police-justice de franceinfo. Sandra Bertin était poursuivie pour diffamation après la plainte de l'ancien ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. La procureure de la République avait requis lors de l'audience en juillet la relaxe de la policière municipale, tout en demandant au tribunal correctionnel de "rétablir la vérité", à savoir, selon elle, que le ministère de l'Intérieur n'avait "jamais demandé à Sandra Bertin de produire un faux".

Sandra Bertin avait affirmé, dans Le Journal du Dimanche du 24 juillet 2016 avoir subi des pressions de la part du ministère de l'Intérieur quelques heures après l'attentat à Nice, le 14 juillet, alors qu'elle rédigeait un rapport fondé sur des images de vidéosurveillances de la promenade des Anglais. Le ministère, via des appels téléphoniques et des représentants sur place, lui aurait, selon ses dires, demandé de rectifier son texte. Bernard Cazeneuve avait porté plainte pour diffamation publique.

Des pressions "fantasmées"

La procureure a qualifié de "fantasmées" les pressions qu'affirmait avoir subi la policière, tout en estimant qu'elle n'avait pas eu d'"intention maligne" en rapportant ces faits au Journal du Dimanche. En réalité, elle a "pu en toute bonne foi", "fatigue physique et nerveuse" aidant, "interpréter de manière erronée la demande" d'une commissaire à la Direction centrale de la sécurité publique, selon le tribunal.

"C'est un immense soulagement." a réagi sur France Bleu Azur l'avocat de la policière, qui a salué une étape "décisive et très importante". Une autre procédure est en cours, cette fois à l'initiative de Sandra Bertin, pour abus d'autorité par des représentants du ministère de l'Intérieur.