Michael Flynn arrives at a U.S. District Court in Washington, D.C., December 1, 2017.

Michael Flynn arrive devant un tribunal du District des États-Unis à Washington, D. C., le 1er décembre 2017.
Michael Flynn, ancien conseiller en matière de sécurité nationale de l'administration Trump, qui semble vouloir coopérer à l'enquête de l'avocat spécial Robert Mueller, plaide coupable devant le tribunal fédéral du district de Washington, D. C., à un seul chef d'accusation (qui est déposée par un procureur dans les cas où un accusé renonce à son droit d'être inculpé par un grand jury).

Robert Mueller a accusé Flynn d'avoir fait une fausse déclaration aux agents du FBI en soutenant qu'il n'avait jamais demandé à l'ambassadeur russe de "s'abstenir d'envenimer la situation". Cette demande de Flynn avait été faite suite aux sanctions qui ont été imposées par l'administration Obama à la Russie pour "ingérence présumée dans les élections américaines". Alors qu'il était interrogé par des agents le 24 janvier 2017, Flynn a également menti en affirmant qu'il ne se souvenait pas non plus d'une conversation ultérieure avec Sergey Kislyak, l'ambassadeur russe, au cours de laquelle celui-ci avait finalement répondu à Flynn que le régime de Poutine avait "choisi de modérer sa réponse à ces sanctions suite à la demande [de Flynn]".

En outre, une semaine avant que les sanctions ne soient imposées, M. Flynn s'était également entretenu avec M. Sergey Kislyak pour lui demander de retarder ou de rejeter un vote sur une résolution attendue des Nations Unies. La plainte accuse Flynn d'avoir menti au FBI en niant à la fois qu'il avait fait cette demande mais aussi qu'il se soit entretenu avec Sergey Kislyak de la réponse de la Russie concernant cette requête.


Commentaire : Deux choses à noter ici :
1) Il n' y a évidemment rien de mal à ce que Flynn parle à l'ambassadeur russe, cela fait partie du rôle qu'il allait assumer à la Maison-Blanche. En fait, Flynn travaillait dans l'intérêt des États-Unis en essayant de faire en sorte que les Russes ne réagissent pas exagérément aux sanctions imposées par Obama. Le deuxième entretien de M. Flynn avec l'ambassadeur russe l'a également amené à s'efforcer de convaincre les Russes de retarder ou de faire échec à une résolution de l'ONU condamnant les colonies israéliennes illégales, ce qui est clairement conforme à la politique de longue date des États-Unis envers Israël. Alors, quel est le problème ? Il n'y en a pas, évidemment.

2) Le FBI a espionné Flynn et l'ambassadeur. Super. Mais dans ce cas, pourquoi ont-ils demandé à Flynn ce qu'il avait dit à l'ambassadeur ? Ce FBI corrompu et calomnieux le savait déjà.


Ainsi, en tout, quatre mensonges sont mentionnés dans un seul décompte. La peine potentielle est de zéro à cinq ans d'emprisonnement. En supposant que Flynn coopère pleinement avec les enquêteurs de Mueller, il y aura peu ou pas de peine d'emprisonnement.

Évidemment, il était erroné de la part de Flynn de donner de fausses informations au FBI ; il aurait pu, après tout, simplement, en premier lieu, refuser de parler aux agents. Cela dit, comme je l'ai dit plus tôt dans l'année, il n'est toujours pas clair pourquoi le ministère de la Justice Obama a choisi d'enquêter sur Flynn. Il n' y avait rien de mal à ce que le nouveau conseiller à la sécurité nationale ait des réunions avec ses homologues étrangers ou qu'il discute de questions telles que les sanctions dans ces réunions. De plus, si le FBI avait les enregistrements FISA des conversations de Flynn avec Sergey Kislyak, il n'était pas nécessaire de demander à Flynn ce qu'impliquaient ces conversations.

Flynn, un des premiers partisans de Donald Trump et un critique féroce de la politique de sécurité nationale d'Obama, était de manière générale méprisé par les responsables de cette administration. Par conséquent, on a toujours soupçonné avec cynisme que la décision de l'interroger était motivée par le fait qu'on s'attendait à ce qu'il fournisse au FBI un compte rendu non conforme à la conversation enregistrée, de sorte que Flynn fasse face à des poursuites judiciaires à l'égard d'un crime.

Alors que le rapport initial dépeint le plaidoyer de culpabilité de Flynn comme une percée majeure dans l'enquête de Mueller sur une possible collusion entre la campagne de Trump et le régime russe, je soupçonne que ce soit le contraire qui soit vrai.

Néanmoins, comme je l'ai expliqué à propos de George Papadopoulos (le membre de la campagne de Donald Trump qui a également plaidé coupable dans l'enquête de Mueller pour avoir menti au FBI), lorsqu'un procureur poursuit quelqu'un qui coopère et qui était complice d'un complot criminel majeur, la personne qui coopère est amenée à plaider coupable quant au complot. C'est essentiel car cela prouve l'existence du crime. Dans son plaidoyer coupable (la partie d'une procédure d'un plaidoyer dans laquelle l'accusé admet sa culpabilité), le complice explique le stratagème et les mesures qu'il a prises avec ses co-conspirateurs pour arriver à ses fins. Cela constitue un pas important vers la preuve de l'affaire envers toutes les cibles visées par l'enquête.

Ce n'est pas ce qui se passe dans la situation de Flynn. Au lieu de cela, comme dans le cas Papadopoulos, on lui permet de plaider coupable pour un simple crime de procédure. Un reportage d'ABC News indique que Flynn est prêt à témoigner que Trump lui a demandé d'entrer en contact avec les Russes - dans un premier temps pour jeter les bases pour un effort mutuel contre ISIS en Syrie. C'est pourtant exactement ce qu'un nouveau conseiller à la sécurité nationale est censé faire dans une phase de transition entre les administrations. Si cela faisait partie des fondements d'une affaire de "collusion" découlant de l'ingérence électorale de la Russie, Flynn ne plaiderait pas coupable d'un crime de procédure - il plaiderait coupable d'un complot d'espionnage.

Traduction : Sott