Michel Monnier
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L’octogénaire était une figure célèbre de l’industrie locale.
Le 19 juillet, Michel Monnier a été victime d'une sauvage agression à Annemasse (Haute-Savoie). Le meurtrier, qui lui a brisé les vertèbres, reste introuvable. Les obsèques de cet ancien entrepreneur ont lieu ce vendredi après-midi à Annemasse.

Il est mort au bout de dix jours d'agonie, veillé par son épouse Janine, 85 ans. Michel Monnier, 87 ans, a été très violemment agressé le 19 juillet sur le palier de son immeuble, rue Pasteur en plein centre-ville d'Annemasse (Haute-Savoie). Le vieil homme, toujours alerte, célèbre figure de l'industrie locale, rentrait du marché après avoir fait ses courses. Son portefeuille a disparu. Comme son meurtrier. Sa famille, ses proches et de nombreuses personnes vont lui rendre un ultime hommage ce vendredi après-midi lors d'une messe d'obsèques à 14h30 en l'église Saint-Joseph d'Annemasse.

« Nous nous sommes mariés en 1956, et le lendemain Michel partait faire la guerre en Algérie où il a servi comme radio... Puis, on a travaillé d'arrache-pied toute notre vie pour créer notre société », confie Janine, son épouse au fort caractère, jointe mardi alors que les autorités judiciaires venaient de lui restituer le corps de son époux. Elle se préparait à organiser les obsèques pour samedi. Mais, faute de prêtre disponible, elles ont été avancées ce vendredi.

Michel Monnier avait créé la société Monnier Moteurs, spécialisée dans la fabrication et l'entretien de moteurs électriques. Cette société a travaillé pour des grands noms, comme l'équipementier automobile Valeo ou les balances Terraillon, mais elle a aussi fourni le laboratoire de physique du Conseil européen de la recherche nucléaire (Cern).

« Technicien hors pair et perfectionniste »

« On a travaillé jour et nuit, témoigne Janine. Michel a mis cinquante ans de sa vie au service de l'industrie locale. Là, je tiens le choc, car je dois le faire pour mon fils Thierry et mon petit-fils, mais, après, je crois que je vais m'écrouler. » La veuve de Michel Monnier le dépeint comme un « technicien hors pair et perfectionniste qui ne lâchait jamais rien pour satisfaire ses clients et travaillait parfois le samedi et le dimanche pour les dépanner ». L'octogénaire l'avoue, elle et son mari n'ont « jamais pris de vacances ».

« Michel aimait le travail bien fait, poursuit Janine. On a eu jusqu'à dix employés. À la fin du mois, on versait d'abord leurs salaires et on les payait bien, avant de se payer, nous, les petits patrons, comme on dit. Il le fallait car, souvent, l'industrie suisse venait nous piquer nos employés en les appâtant avec de bien meilleures rétributions. Puis l'industrie dans la région a sombré... » L'entreprise Monnier Moteurs a suivi ce déclin. Son fondateur a par la suite défendu son « art industriel » dans les organisations professionnelles.

Mais, épuisé par les efforts, le chef d'entreprise fait un accident vasculaire cérébral en 1998, dont il se remettra. À 87 ans, Michel Monnier vivait d'une petite retraite de 700 euros par mois, après avoir tout sacrifié pour son entreprise. Et puis il y a eu ce 19 juillet...

Violemment battu par son bourreau

« Il a été tué lors d'un acte d'une lâcheté rare. Sa mort est une tragédie », se désole Michel Boucher, le premier adjoint d'Annemasse qui décrit la victime « comme un enfant du pays issu d'une vieille famille annemassienne ». « Un homme connu et reconnu », résume l'élu. Dans un message destiné aux habitants de cette ville frontalière avec la Suisse, il évoque « une sourde colère mêlée à une profonde tristesse » après ce meurtre sauvage.

Michel Monnier a été si violemment agressé et battu par son bourreau - qui visiblement lui a emboîté le pas derrière lui en entrant dans son immeuble - qu'il lui a brisé la première vertèbre cervicale. Les faits se sont, semble-t-il, déroulés dans l'ascenseur et à la sortie sur le palier. Michel Monnier, décrit par son épouse comme « un homme fort », a tenté de résister à son agresseur : un homme grand aux cheveux noirs âgé d'environ 35 ans.

De nombreux prélèvements ont été effectués sur la scène de crime pour identifier celui qui a « massacré » le mari de Janine. Des images de vidéosurveillance de la place de Libération, toute proche du domicile de la victime, sont aussi en cours d'exploitation. Ce vendredi, l'auteur de crime restait introuvable.