Alors que le coronavirus poursuit sa progression, Christian Estrosi a décidé d'instaurer un couvre-feu à Nice à partir de 23h. Si une mesure étendue n'est pour l'instant pas envisagée par le gouvernement, des responsables politiques la réclament. Le maire de Nice, Christian Estrosi, aura été le premier à frapper.
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© Keystone-France / Gettyimages
Vichy 1940
Comme le rapporte l'AFP, l'édile a pris la décision d'imposer un couvre-feu dans sa ville, préfecture des Alpes-Maritimes, afin de lutter contre la propagation de la pandémie de coronavirus qui touche la planète et plus particulièrement l'Europe.


Commentaire : Comment un couvre-feu peut aider à lutter contre un virus, on se le demande. N'est-ce pas plutôt une punition, ce couvre-feu ? Car selon les maîtres du Monde, le citoyen est coupable de la propagation de la pandémie du Coronavirus. Non pas la mauvaise gestion de l'Etat, non pas le laisser aller des Gouverneurs, mais bien le peuple, le seul coupable, ce peuple qui doit subir la rage qu'ont les chefs d'Etat envers lui. Ce peuple qui souffrira une crise économique apocalyptique. Ce peuple qui subit sans crier, et qui demande que les maîtres du Monde fassent tout pour le faire souffrir encore plus...


Si le contour exact de l'arrêté municipal que prendra Christian Estrosi, lui-même infecté par le Covid-19, n'est pas encore totalement dévoilé, une source de l'entourage du maire précise que « des exceptions » seront tolérées pour « toutes les personnes qui sont dans l'obligation de travailler ». Il devrait entrer en vigueur ce 21 mars, selon un communiqué diffusé la veille par la mairie.

Une première version de l'arrêté, mise en ligne par un journaliste de 20 minutes, confirme qu'« il est interdit, à compter de la date de publication du présent arrêté, et ce jusqu'au 31 mars 2020 inclus, de 23h à 4h, de circuler ou se déplacer sur le territoire de la commune ». Sont exemptés les « professions prioritaires de sécurité, de santé, de collecte et de propreté », ainsi que « tout personnel dépositaire de l'autorité publique ou chargé d'une mission de service public ».

En pratique, les Niçois ne pourront donc plus sortir de chez eux entre 23h et 4h du matin. « À partir de 20h, une fois les commerces et pharmacies fermés, plus personne n'a de raison de sortir. Donc, on ne sort plus, sauf les personnels spécifiquement autorisés par cet arrêté : personnel médical ou social pour ceux qui font des visites à domicile de personnes fragiles pour le portage de repas, par exemple », a fait savoir l'ancien ministre dans une entrevue accordée au JDD et mise en ligne le 20 mars 2020.

Le maire de Nice a également indiqué que l'intensité de l'éclairage public allait être réduite pendant la durée du couvre-feu. « Cela enverra un signal. Et pour ceux qui pensent que cela pourrait faciliter les déplacements des délinquants, je les rassure : nous avons un réseau de caméras de vidéosurveillance à infrarouge : on repérera facilement ceux qui contreviendraient à ces mesures pour que nos policiers puissent leur tomber dessus», s'est-il enorgueilli.


Commentaire : Langage autoritaire, paternaliste, moralisateur... au milieu d'une situation, pour les citoyens, très stressante. Un manque total de respect et d'empathie pour les gens.

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Dans la matinée du 20 mars, l'ancien président de la région PACA avait déjà pris deux arrêtés municipaux afin d'interdire la fréquentation de la Promenade des Anglais, haut lieu touristique de la Côte d'Azur, ainsi que celle d'autres espaces de promenade après avoir interdit les plages, parcs et marchés.


Ce 21 mars, le préfet des Pyrénées-Orientales, Philippe Chopin, a fait savoir dans une vidéo, mise en ligne en début d'après-midi sur Twitter, qu'un couvre-feu allait également être mis en place à Perpignan dès le soir même, entre 20h et 6h du matin, et ce au moins jusqu'au 1er avril.


La France vers un couvre-feu national ?

L'initiative a été commentée par le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, lors d'un point presse du 20 mars, assurant comprendre la démarche de Christian Estrosi. « Avec le préfet, les acteurs locaux, [Christian Estrosi] a le sentiment que c'est la meilleure façon de protéger sa population », a-t-il déclaré, notant toutefois qu'il ne « s'agit pas d'établir un couvre-feu national sur l'ensemble du territoire ».

Le gouvernement ne semble effectivement pas enclin à étendre la mesure à tout le territoire, comme le rappelait Sibeth Ndiaye lors d'une conférence de presse, le 17 mars. Elle avait alors confirmé que l'exécutif n'envisageait « pas à ce stade un couvre-feu ». « Ce que nous souhaitons à travers une présence policière et de gendarmes qui sont visibles, c'est que nos concitoyens puissent prendre conscience que la situation nécessite un changement de comportement », avait-elle encore fait valoir.

Mais depuis le début du confinement, certains comportements, notamment le non-respect des règles édictées par le gouvernement, ont poussé des représentants politiques à militer en faveur de la mise en place d'une telle mesure dans tout l'Hexagone. « Dans certains territoires, le confinement n'est pas respecté, surtout le soir, et des délits sont commis. Je demande l'instauration d'un couvre-feu à partir de 20h, qui ne nuira à personne sauf aux dealers, voleurs, braqueurs et autres racailles qui profitent de la situation ! », a tempêté sur Twitter la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, le 19 mars.



Le constat de la députée est également partagé par son collègue du Val-de-Marne au palais Bourbon, Jean-Luc Carvounas (PS), récemment élu maire d'Alfortville, toujours sur le réseau de microblogging. « Les maires, les polices municipales, la police nationale ne peuvent seuls faire respecter le confinement, notamment le soir. L'Etat doit prendre la décision d'un couvre-feu avec l'aide de nos armées pour le faire respecter », a-t-il observé.


Commentaire : Il ne faut pas oublier que nous sommes "en guerre". C'est un leitmotiv qui plait et qui va durer longtemps.


L'initiative niçoise pourrait donc faire des émules, même si pour le moment le gouvernement se refuse à évoquer l'éventualité d'un couvre-feu étendu à tout le territoire national, dont la dernière application remonte à l'occupation de la France, pendant la Seconde Guerre mondiale, par l'Allemagne nazie.