protéine ,coronavirus
© Juan Gaertner, Shutterstock
Sur cette illustration en 3D, la protéine S (en rouge) du coronavirus reconnaît le récepteur ACE2 (en bleu) de la cellule.
Le Covid-19 peut autant provoquer des symptômes légers qu'une détresse respiratoire potentiellement mortelle. Cette variabilité entre les signes cliniques est encore mystérieuse. Des scientifiques s'interrogent sur les facteurs génétiques favorisant ou défavorisant l'infection au coronavirus.

Des variations possibles dans le gène ACE2

Pour élucider ce mystère, les scientifiques souhaitent comparer l'ADN de ceux qui ont contracté une forme bénigne du Covid-19 avec ceux qui ont contracté une forme sévère et qui n'avaient aucun facteur de comorbidité. Ces analyses pourraient permettre d'identifier les personnes les plus fragiles face à l'épidémie.

Un gène intéresse particulièrement les chercheurs, celui qui code pour le récepteur cellulaire : ACE2. Le virus l'utilise comme porte d'entrée pour infecter sa cellule hôte. D'éventuelles mutations génétiques dans ce gène pourraient empêcher ou favoriser l'infection du coronavirus. Ce genre de phénomène est déjà connu, notamment dans le cas du VIH. Certaines personnes sont naturellement réfractaires à l'infection grâce à une mutation du gène codant pour CCR5, le récepteur présent à la surface des globules blancs qui sert de porte d'entrée au rétrovirus.

Des projets pour collecter des données

Pour récolter suffisamment de données génétiques, les projets se multiplient. Par exemple, deux scientifiques ont lancé le projet COVID-19 Host Genetics Initative et espèrent centraliser les données recueillies dans des études qui étudient le lien entre l'ADN et la santé. Plusieurs biobanques ont manifesté leur intérêt, essentiellement en Europe.

Une autre initiative va chercher les données directement auprès des patients hospitalisés à cause du Covid-19. En Italie, onze hôpitaux ont donné leur accord pour effectuer des prélèvements d'ADN sur des patients, avec leur autorisation. Avec le nombre d'infectés qui ne fait que, malheureusement, croître, le nombre de données devrait rapidement augmenter et permettre d'identifier des gènes potentiels dans quelques mois. Difficile de prédire les résultats de cette chasse génétique mais les scientifiques espèrent identifier des gènes qui favorisent ou protègent de la maladie et donc les personnes les plus à risque.