La société Mölnlycke a fait transiter par la France des masques qu'elle comptait rediriger en partie vers l'Espagne et l'Italie. Mais au nom de la réquisition des stocks de matériels médicaux en France pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, ces masques ont été saisis le 5 mars dernier.

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© YVES MARIE QUEMENER / OUEST-FRANCE
Fabrication de masques dans un magasin Armor-Lux (photo d’illustration).
Réquisition d'office

Les masques appartiennent à la société Mölnlycke, spécialisée dans les produits médicaux jetables, qui venaient de se les faire livrer de Chine, rapporte L'Express. Arrivés en Europe par cargo à Marseille, ces masques avaient rejoint la plateforme basée à Lyon de cette entreprise avant d'être redistribués ensuite.

Sauf que le gouvernement avait décidé le 3 mars de réquisitionner tous les stocks de matériels sur le sol français. Les millions de masques ont donc été saisis d'office.

Branle-bas de combat pour l'entreprise suédoise qui demande de l'aide au gouvernement de son pays. Mais cela n'aura aucun effet pendant deux semaines. Le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) acceptera alors de laisser partir la moitié de ces masques à titre dérogatoire vers l'Italie et l'Espagne.

D'autres saisies avaient créé la polémique en Europe

Cette affaire rappelle celle qui avait opposé Prague à Rome récemment. La police tchèque avait récupéré le 23 mars une cargaison de centaines de milliers de masques et des appareils respiratoires lors d'une opération de police. Mais cette cargaison était en réalité destinée à l'Italie, pays le plus durement touché par le coronavirus actuellement en Europe.

Cette saisie avait suscité la colère dans la Botte, tandis que les autorités tchèques plaidaient la bonne foi. Au final, ces dernières ont envoyé une centaine de milliers de masques vers l'Italie pour calmer la polémique.