Selon le chef du Programme alimentaire mondial, le nombre de personnes dans le monde actuellement au bord de la famine a doublé en raison de la pandémie de Covid-19 et des effets économiques des mesures prises par les gouvernements. En fait, la « crise » du Covid accélère un phénomène déjà en cours au début de l'année 2019.
Famine dans le monde
© USAID
Un enfant au Yémen
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Le directeur du PAM, David Beasley, qui avait précédemment averti que le « remède » à la pandémie de Covid-19 ne devait pas être pire que la maladie, a déclaré vendredi à l'Assemblée générale des Nations unies que suite aux effets économiques de la pandémie, 270 millions de personnes « sont maintenant au bord de la famine » :
« Comme je l'avais déjà dit au Conseil de sécurité des Nations unies en avril dernier, si nous ne faisons pas attention, le remède pourrait être pire que la maladie en raison des répercussions économiques — si nous ne faisons pas face aux perturbations économiques, aux ruptures de la chaîne d'approvisionnement, etc. Comme nous l'avions prédit en avril dernier, le nombre de personnes qui se dirigeaient vers la famine était déjà passé de 80 millions à 135 millions ces quatre dernières années, principalement à cause des conflits provoqués par l'homme. Mais à cause du Covid, ce nombre est passé de 135 millions de personnes — qui ne se dorment pas la panse vide, [mais] qui marchent littéralement vers la famine — à 270 millions de personnes. »

Beasley exprime des perspectives sombres pour 2021

Il pense en effet qu'à cause des contractions économiques qui dépassent la nécessité de fournir une bouée de sauvetage à ceux qui meurent de faim, l'année prochaine sera
« catastrophique compte tenu de ce que nous observons à ce stade. parce que nous avons dépensé 19 000 milliards de dollars, cet argent pourrait ne pas être, et ne sera très probablement pas disponible pour 2021. »
En avril, M. Beasley a souligné que la crise de la faim s'aggravait déjà dans des pays déchirés par des conflits comme le Yémen. Il a également indiqué qu'avec le début de la pandémie Covid-19, le monde « fait face à une tempête parfaite » et que si « le manque de financement et les perturbations du commerce » ne peuvent être évités « nous pourrions être confrontés à de multiples famines aux proportions bibliques en quelques mois. »

L'avertissement choquant du directeur du PAM a été lancé juste avant que l'envoyé spécial de l'OMS pour le Covid-19, le Dr David Nabarro, ne tire la sonnette d'alarme en octobre dernier. Il pense que les confinements nationaux comme première réponse au Covid-19 devraient être évités parce qu'ils ont pour conséquence de « rendre les pauvres beaucoup plus pauvres » :
« Les confinements n'ont qu'une seule conséquence qu'il ne faut jamais, jamais minimiser, c'est celle de rendre les pauvres terriblement plus pauvres. »

En mai, l'UNICEF avait prédit que dans 118 pays à faible et moyen revenu, 1,2 million d'enfants de moins de cinq ans pourraient mourir au cours des six mois suivants en raison de la forte diminution de l'accès aux soins médicaux « due aux confinements, couvre-feux et perturbations dans les transports ».

La famine due à la pandémie et aux mesures de confinement qui en découlent n'est pas propre aux nations situées en bas de l'échelle économique. Feeding America, une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis qui gère un réseau de banques alimentaires, prévoit qu'un enfant sur quatre en Amérique pourrait souffrir de la faim d'ici la fin de l'année 2020.

Source de l'article initialement publié en anglais le 5 décembre 2020 : Planet Free Will
Traduction : Sott.net