Lorsque l'on pense à des scénarios catastrophe dans lesquels le volcanisme bouleverse notre économie et nos sociétés, on imagine intuitivement de gigantesques éruptions dignes des meilleures productions hollywoodiennes. Au-delà du grand public, ce réflexe trouve également un certain écho dans le milieu scientifique.
En effet, la plupart des études dédiées aux impacts et aux conséquences du volcanisme ont porté sur les évènements de très forte amplitude. Or, un récent papier paru dans la revue Nature indique que les éruptions d'amplitudes plus faibles pourraient avoir des effets tout aussi dévastateurs. Se focaliser sur les évènements massifs, mais peu probables nous conduirait ainsi à sous-estimer le risque réel.
Des groupes de volcans à proximité de zones vulnérables
Les chercheurs ont identifié sept points-clés sur Terre où la survenue d'éruptions modérées suffirait à provoquer un enchaînement de catastrophes à l'échelon mondial. Et pour cause, en plus d'être actifs, les groupes de volcans en question se situent à proximité d'infrastructures et de réseaux de première importance pour l'économie globale.
On peut mentionner le groupe de volcans situé au nord de Taïwan, environnant une des principales régions du monde qui produisent et exportent des puces électroniques. Il y a aussi celui qui borde l'archipel indonésien jusqu'à l'île de Java, en passant par le détroit de Malacca où 40 % du commerce mondial flue chaque année par voie maritime.

Une illustration concrète de l'asymétrie du risque
Lorsque l'on compare le coût économique associé à l'éruption du Pinatubo (Philippines) en 1991 à celui de l'Eyjafjallajökull (Islande) en 2010, on constate que cette dernière, pourtant cent fois moins puissante, a provoqué des pertes cinq fois plus importantes. La raison ? L'Eyjafjallajökull se situe dans une région critique, en particulier en ce qui concerne le réseau aérien. Le Pinatubo se situe quant à lui loin de toutes infrastructures vitales pour l'économie mondiale. Il n'aura ainsi coûté que 700 millions de dollars contre 5 milliards pour le volcan islandais.
« Pour le moment, les calculs sont trop biaisés en faveur d'explosions géantes ou de scénarios cauchemardesques, alors que les risques les plus probables proviennent d'évènements modérés qui entravent les principales communications internationales, les réseaux commerciaux ou les centres de transport », détaille Lara Man. « Cela est vrai aussi bien pour les tremblements de terre que les conditions météorologiques extrêmes ou les éruptions volcaniques ».




Commentaire : Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :