Note du traducteur : Il était temps de s'intéresser un peu plus en détail à l'entreprise Moderna — à l'origine baptisée ModeRNA — et à tous les aspects et acteurs qui lui ont permis de prospérer « grâce » à la plandémie de Covid-19. Cette article constitue le premier volet d'une série en trois parties. La première partie s'attache aux quelques années tumultueuses pour Moderna qui ont précédé l'arrivée de la plandémie de Covid-19. La seconde partie se concentrera sur l'histoire de Moderna depuis l'avènement de cette même plandémie. La troisième partie examinera comment le miracle tant attendu par Moderna qui s'est produit lors de la crise du Covid-19 n'était que le début de son sauvetage miraculeux, puisque l'entreprise a non seulement étendu son partenariat avec le gouvernement, mais aussi avec une entreprise liée à la CIA.

Cette série est longue, mais il s'agit d'un travail d'investigation majeur dont le contenu révèle bien des aspects non seulement en ce qui concerne Moderna, mais aussi Big Pharma, le Forum économique mondial et le Département de la Défense des États-Unis, et surtout, il donne un éclairage sur le dangereux réseau bien structuré du Pouvoir mondial — une hydre — qui s'abat sur les populations depuis plus de 18 mois sous couvert d'une « plandémie de Covid-19 ». L'analyse de Whitney Webb est, comme bien souvent, magistrale.

Le terme « vaccin » a été changé chaque fois qu'il est question des produits transgéniques nommés « vaccins anti-Covid-19 ». Sauf indication contraire, toutes les emphases (italique et gras) sont de notre fait.

Accrochez-vous et bonne lecture.
En raison de préoccupations persistantes liées au manque de fiabilité — mais pas que — de son système capable de délivrer de l'ARNm qui menaçaient l'ensemble de son éventail de produits, l'entreprise Moderna était avant le Covid-19 sur le point de perdre des investisseurs. La peur causée par la [soi-disant - NdT] crise pandémique a largement fait disparaître ces préoccupations, même si rien ne prouve qu'elles aient jamais été résolues.
Moderna Covid-19 FEM
© Inconnu
Ceux qui ont analysé la [soi-disant - NdT] crise du Covid-19 et ses effets se sont surtout concentrés sur la façon dont sa nature perturbatrice a entraîné des transformations et des recalibrages majeurs dans la société et l'économie. Cette perturbation s'est également prêtée à une variété d'agendas qui avaient besoin d'un événement au potentiel de « réinitialisation » pour faire aboutir leurs projets. Dans le cas de l'industrie des vaccins, le Covid-19 a entraîné des transformations spectaculaires dans la manière dont les agences fédérales gèrent l'approbation des contre-mesures médicales en cas de crise déclarée, dans la manière dont les essais des vaccins candidats sont menés, dans la manière dont le public perçoit la vaccination et même dans la manière dont le terme « vaccin » est défini.

De tels transformations, bien qu'évidentes, ont suscité des éloges de la part de certains et de vives critiques de la part d'autres, cette dernière catégorie étant largement censurée du discours public à la télévision, dans la presse écrite et en ligne. Cependant, en analysant objectivement ces transformations radicales, il est clair que la plupart de ces réformes dans le développement et la politique des vaccins favorisent de façon spectaculaire la rapidité et la mise en œuvre de technologies nouvelles et expérimentales au détriment de la sécurité et d'études approfondies. Dans le cas des « vaccins », on peut affirmer que personne n'a davantage profité de ces transformations que les développeurs des produits transgéniques nommés « vaccins anti-Covid-19 » , en particulier l'entreprise pharmaceutique et biotechnologique Moderna.

La [soi-disant - NdT] crise du Covid-19 a non seulement éliminé les obstacles qui empêchaient auparavant Moderna de commercialiser ne serait-ce qu'un seul de ses produits, mais elle a aussi radicalement inversé le destin de l'entreprise. En effet, de 2016 jusqu'à l'émergence du Covid-19, Moderna parvenait tout juste à garder la tête hors de l'eau, puisqu'elle se séparait à un rythme alarmant de ses cadres clés, de ses meilleurs talents et de ses principaux investisseurs. Pour l'essentiel, la promesse de Moderna de « révolutionner » la médecine et les remarquables capacités de vente et de collecte de fonds de son principal dirigeant, Stéphane Bancel, étaient les principaux atouts qui la maintenaient à flot. Dans les années qui ont précédé la [soi-disant - NdT] crise du Covid-19, et en dépit des efforts de Bancel, les promesses de Moderna sont devenues de plus en plus creuses — en raison du penchant permanent de l'entreprise pour le secret extrême — et en dépit de près d'une décennie d'activité, l'entreprise n'avait jamais été en mesure de prouver de manière définitive qu'elle était capable de réaliser la « révolution » dont elle promettait sans cesse l'imminence aux investisseurs.

À cela se sont ajoutés des problèmes majeurs liés aux brevets détenus par un concurrent hostile — qui menaçaient la capacité de Moderna à réaliser des bénéfices sur tout ce qu'elle parviendrait à commercialiser — ainsi que des problèmes majeurs liés à son système capable de délivrer de l'ARNm, qui l'ont amenée à abandonner tout traitement nécessitant plus d'une dose en raison de problèmes de toxicité. Cette dernière question, bien qu'aujourd'hui largement oubliée et/ou ignorée par les médias, devrait constituer un sujet majeur dans le débat sur les rappels anti-Covid-19, étant donné qu'il n'existe toujours aucune preuve que Moderna ait jamais résolu le problème de toxicité auquel elle a dû faire face pour les produits multidoses.

Dans ce premier volet d'une série en deux parties, la situation désastreuse dans laquelle se trouvait Moderna juste avant l'émergence du Covid-19 est examinée en détail, révélant que Moderna — tout comme l'entreprise Theranos, aujourd'hui en disgrâce — n'était depuis longtemps qu'un château de cartes avec des valorisations faramineuses complètement déconnectées de la réalité. La deuxième partie explique comment cette réalité se serait effondrée en 2020 ou 2021 si la crise du Covid-19 n'avait pas éclaté, si Moderna n'avait pas ensuite conclu un partenariat avec le gouvernement des États-Unis et si les processus de développement et d'approbation de son produit n'avaient pas été aussi inhabituels. Malgré l'émergence de données réelles remettant en cause les affirmations selon lesquelles le produit transgénique nommé « vaccin anti-Covid-19 » de Moderna est sûr et efficace, le rappel d'injection du produit Moderna est adopté à la hâte par certains gouvernements, tandis que d'autres ont récemment interdit son utilisation chez les jeunes adultes et les adolescents en raison de préoccupations quant à son innocuité.

Comme le montrera cette série en deux parties, les préoccupations quant aux risques liés aux produits de Moderna étaient connues bien avant la [soi-disant - NdT] crise du Covid-19, mais elles ont pourtant été ignorées par les autorités sanitaires et les médias pendant la [soi-disant - NdT] crise elle-même. En outre, pour éviter la faillite, Moderna doit continuer dans les années qui viennent à vendre son produit transgénique nommé « vaccin anti-Covid-19 ». En d'autres termes, si les injections dites de rappel de son produit ne sont pas adoubées — ce qui a suscité une grande controverse, même au sein des principaux fonctionnaires chargés des vaccins aux États-Unis — l'entreprise Moderna se retrouvera confronté à un énorme problème financier. Si la [soi-disant - NdT] crise du Covid-19 lui a permis de se mettre [temporairement - NdT] à l'abri, l'administration de son produit transgénique nommé « vaccin anti-Covid-19 », dans laquelle le gouvernement des États-Unis a aujourd'hui investi près de 6 milliards de dollars, doit se poursuivre dans un avenir prévisible en vue d'assurer le succès du renflouement. Sinon, une entreprise qui vaut aujourd'hui 126,7 milliards de dollars, et qui bénéficie d'investissements majeurs du gouvernement et de l'armée des États-Unis, et des liens avec les individus les plus riches du monde, s'effondrera en peu de temps.

L'entreprise Moderna est-elle une nouvelle Theranos ?
Note du traducteur : Theranos était une entreprise aux États-Unis dans le domaine des technologies de la santé implantée dans la Silicon Valley, une start-up fondée en 2003 par Elizabeth Holmes, alors âgée de seulement 19 ans, dont l'ambition était de transformer le marché des analyses sanguines ; elle a aujourd'hui 37 ans. Après la révélation du scandale par le journaliste du Wall Street Journal, John Carreyrou, les dirigeants « enfoncés dans le mensonge, jusqu'à falsifier les résultats et mettre en péril la vie des patients » ont été inculpés en 2018 pour fraude massive ». Le procès a commencé le 1er septembre dernier. Selon l'article publié le 31 août par Les Échos,
« La technologie de Theranos devait permettre aux laboratoires pharmaceutiques d'avoir des retours presque immédiats sur les traitements administrés aux patients lors d'essais cliniques — de quoi prescrire sur-mesure et, imaginait même Elizabeth Holmes, prédire l'apparition de tumeurs grâce aux données collectées et à la rétro-ingénierie. [...] Theranos, qui avait levé au total plus de 700 millions de dollars, avait pour sa part atteint à son plus haut une valorisation de 9 milliards. »
En septembre 2016, Damian Garde, journaliste spécialiste des biotechnologies pour la société de médias médicaux STAT aux États-Unis, a écrit un long exposé sur « l'ego, l'ambition et la tourmente » qui affligent « l'une des startups les plus secrètes de la biotechnologie ». L'article portait sur l'entreprise Moderna, fondée en 2010 pour commercialiser les recherches du biologiste cellulaire Derrick Rossi, de l'hôpital pour enfants de Boston. La stratégie visant à réaliser des bénéfices grâce à la création de l'entreprise Moderna — qui impliquait intimement Bob Langer, le controversé scientifique et proche associé de Bill Gates, ainsi que la société Flagship Ventures (aujourd'hui Flagship Pioneering) basée à Cambridge dans le Massachusetts — a commencé peu après la publication par Rossi d'un rapport sur la capacité de l'ARN [génétiquement - NdT] modifié à transformer des cellules de peau en différents types de tissus.

Entre le moment où Moderna a été fondée et l'enquête de Damian Garde en 2016, le buzz autour des recherches de Rossi et de leur potentiel à créer des percées médicales s'était estompé, tout comme le buzz autour de son potentiel à rendre ses investisseurs très riches. Bien qu'elle se soit associée à des géants pharmaceutiques comme AstraZeneca et qu'elle ait levé des fonds records, Moderna ne disposait toujours d'aucun produit sur le marché six ans après sa création et, comme l'a révélé STAT, « l'environnement de travail de l'entreprise pour le moins persifleur » avait entraîné le départ massif des meilleurs talents, même si en raison de « son obsession du secret » peu de choses sur les conflits internes de l'entreprise étaient connues du public. Toutefois, et ce fut bien plus préoccupant cette année-là pour l'entreprise Moderna, est qu'elle semble avoir « rencontré des obstacles dans ses projets les plus ambitieux ».
Stéphane Bancel, président directeur général de Moderna
© InconnuStéphane Bancel, président directeur général de Moderna
Outre les problèmes scientifiques rencontrés par Moderna, l'un des principaux « obstacles » pour l'entreprise selon Damian Garde, n'était autre que Stéphane Bancel, le plus haut dirigeant de Moderna, aujourd'hui encore à la tête de l'entreprise. Selon Damian Garde, Bancel était carrément au centre de nombreuses controverses au sein de l'entreprise en raison, notamment, de sa « conviction inébranlable que la science de Moderna va fonctionner — et que les employés qui ne sont pas habités par la mission n'ont pas leur place dans l'entreprise. » Entre 2012 et 2016, Bancel aurait été un facteur clé dans la démission d'au moins une douzaine de « cadres haut placés », y compris ceux qui dirigeaient l'éventail de produits de Moderna ainsi que ses projets de vaccins.

Avant de rejoindre Moderna, Bancel a passé la majeure partie de sa carrière dans le secteur des « sales operations », et non dans celui de la science. Il s'est fait un nom chez le géant pharmaceutique Eli Lilly avant de diriger une entreprise française de diagnostic appelée bioMérieux. Ses performances dans cette entreprise, ainsi que son ambition, ont attiré l'attention de Flagship Ventures, l'un des cofondateurs et principaux investisseurs de Moderna, qui l'a ensuite mis en contact avec l'entreprise qu'il allait diriger.
Note du traducteur : Les « sales operations » désignent la fonction ayant pour rôle d'améliorer l'efficacité des vendeurs. Les fonctions clés intègrent tous les métiers et domaines qui aident les commerciaux à améliorer leur vision stratégique et à atteindre leurs objectifs de performance avec l'aide notamment des technologies. Le terme est parfois traduit en français par « planification des ventes et des opérations ».
Bien qu'il n'ait pas d'expérience dans le domaine de l'ARNm et de la science qui sous-tend son utilisation en tant que thérapie, Bancel a compensé cette lacune en devenant le vendeur par excellence de Moderna. Sous sa direction, l'entreprise est devenue
« peu encline à publier ses travaux dans Science ou Nature, mais enthousiaste à annoncer son potentiel sur CNBC et CNN. »
En d'autres termes, sous le règne de Bancel, l'entreprise en est venue à promouvoir sa science par la publicité dans les médias et les relations publiques plutôt que par la publication de données réelles ou de preuves scientifiques. Lorsque deux de ses vaccins candidats sont entrés en phase 1 des essais sur l'être humain en 2016 (essais qui n'ont finalement abouti à rien), l'entreprise a refusé de les inscrire sur le registre fédéral public ClinicalTrials.gov. Cette décision de ne pas les y inscrire — qui diffère de la pratique courante observée pour les concurrents de Moderna et autres fabricants de vaccins plus traditionnels — signifie qu'une fois les essais terminés, les informations relatives aux risques éventuels que pourraient poser ces vaccins candidats ne seront probablement jamais rendues publiques. Moderna a également refusé de commenter de manière publique les pathologies que ces vaccins étaient censés cibler.

Après l'arrivée de Bancel à la tête de l'entreprise, ce type de secret est devenu monnaie courante, et au moment de la publication de l'exposé de STAT en 2016, Moderna n'avait publié aucune donnée susceptible d'« asseoir sa technologie vantée ». Les initiés ainsi que les investisseurs qui avaient engagé des millions dans l'entreprise n'ont eu droit qu'à un « rapide aperçu » sur les données de l'entreprise. Selon d'anciens scientifiques de Moderna qui se sont exprimés auprès de STAT, l'entreprise correspondait à « une affaire de type Les habits neufs de l'empereur ».
Note du traducteur : Les habits neufs de l'empereur est un conte de Hans Christian Andersen qui raconte l'histoire d'un roi qui n'a de souci que de sa vêture et n'aime rien tant que de se montrer devant ses sujets dans ses habits tout neufs. Ce roi néglige toutes les affaires du royaume, et on dit de lui qu'il « siège dans sa garde-robe ». Utilisé comme idiome dans la langue anglo-saxonne, il peut être traduit comme une situation dans laquelle les gens ont peur de critiquer quelque chose parce que tout le monde semble penser que c'est bon ou important. En d'autres termes, il s'agit d'aveuglement collectif et/ou d'ignorance pluraliste.

Trame de l'histoire :

Un empereur particulièrement coquet est dupé par deux escrocs de passage, qui se font passer pour des tisserands ayant conçu une étoffe au pouvoir étonnant : elle est invisible à toute personne stupide ou remplissant mal sa fonction. Séduit, l'empereur leur commande des habits. Les escrocs se mettent immédiatement au travail, c'est-à-dire qu'ils font semblant de tisser tout en empochant les produits précieux qu'ils demandent pour fabriquer « l'étoffe ». Source

On notera avec délectation la capacité d'Andersen à manier l'allégorie politique et la façon dont celle-ci en particulier correspond si bien à Moderna, entre autres.
Les anciens employés ont également affirmé que Bancel
« dirigeait en fait une entreprise d'investissement [en] espérant par ailleurs qu'elle développe également un médicament qui soit couronné de succès. »
Ce sont peut-être les raisons pour lesquelles Bancel a été considéré comme le dirigeant le plus à même de diriger Moderna. En tant que vendeur ambitieux à la tête d'une entreprise surévaluée, il accorderait la priorité à l'image de l'entreprise et à ses finances, indépendamment des problèmes posés par les aspects scientifiques qui en constituent pourtant la base. C'est peut-être pour cette raison que Bancel, selon d'anciens employés,
« a fait comprendre [dès le début] que la science de Moderna ne pouvait pas échouer. Et que tous ceux qui seraient incapables de la faire fonctionner n'avait rien à faire là. »
Comme STAT l'a noté en 2016, les personnes chargées de faire « fonctionner la science » étaient justement celles qui le plus souvent démissionnaient, ce qui a conduit Moderna à perdre deux directeurs de chimie en l'espace d'un an, suivi de peu par la perte de son directeur scientifique et de son directeur de la fabrication. De nombreux cadres supérieurs, y compris les responsables de la recherche sur le cancer et sur les maladies rares, ont finalement occupé leurs postes respectifs moins de dix-huit mois. Les démissions abruptes ne concernaient pas uniquement les postes de direction à vocation scientifique, puisque le directeur de l'information et le directeur financier de Moderna ont également été concernés. Bancel a in fine sollicité les conseils des départements des ressources humaines de Facebook, Google et Netflix quant aux méthodes à utiliser pour retenir les employés.

La démission abrupte et mystérieuse du directeur de la recherche et du développement de Moderna, Joseph Bolen, après environ deux ans de travail, a été particulièrement révélatrice. Un initié de l'entreprise de l'époque a déclaré à STAT que la seule raison pour laquelle Bolen aurait pu démissionner était « l'existence d'un problème avec la science ou le personnel ». En d'autres termes, soit Bolen est parti parce que la science qui sous-tendait l'évaluation massive de Moderna n'était pas à la hauteur du battage médiatique, soit Bancel l'avait forcé à partir, avec la possibilité supplémentaire que ces deux scénarii aient concouru à la démission de Bolen.

Les spéculations de l'époque pointent du doigt Bancel, bien que l'on ne sache pas exactement pourquoi le désaccord entre les deux hommes est apparu. Bancel a affirmé qu'il avait essayé de convaincre Bolen de rester, bien que des employés anonymes aient fait des affirmations contraires déclarant que Bolen avait « lui-même voté pour quitter l'île ».
Note du traducteur : Voter pour quitter l'île se réfère à l'émission de télé-réalité Survivor.
Quelle que soit la cause exacte de la démission du directeur de la recherche et du développement, elle n'a fait qu'ajouter au mystère qui entoure les rouages de Moderna et sa capacité à tenir sa promesse de « révolutionner » la médecine. Elle révèle également bien plus que de simples similitudes entre Moderna et l'entreprise Theranos, aujourd'hui disgraciée. Theranos, dont l'ancienne directrice générale, Elizabeth Holmes, est actuellement jugée pour fraude, était connue pour sa culture extrême du secret qui maintenait les investisseurs et les partenaires commerciaux dans l'ignorance, imposait des accords de non-divulgation à tous ceux qui entraient en contact avec l'entreprise, et maintenait les employés « cloisonnés » grâce à une politique extrêmement stricte qui compartimentait ce que chacun avait besoin de savoir. Comme Moderna, Theranos avait été présentée comme révolutionnaire et sur le point de « changer à jamais l'industrie médicale ». De même, son principal dirigeant n'avait aucune expérience professionnelle dans le domaine de la santé ou de la science. Pourtant, les deux entreprises ont licencié ou forcé à démissionner les employés qui n'étaient pas d'accord avec leur point de vue ou qui n'étaient pas en mesure de fournir des résultats « positifs ». Les deux entreprises n'ont pas non plus publié de preuves dans des revues évaluées par des pairs que la science qui sous-tendait leurs entreprises évaluées à plusieurs milliards de dollars était plus qu'une simple fantaisie et allait au-delà d'un argumentaire de vente bien conçu.

Il est fort probable que la différence la plus importante entre Moderna et Theranos est que Moderna, dont les nombreux problèmes et défis n'ont été révélés qu'après le début de l'effondrement de Theranos, n'a jamais été confrontée au même degré de contrôle de la part du gouvernement des États-Unis ou des journalistes d'investigation mainstream. Quant à cela, il existe de nombreuses raisons possibles, notamment les relations étroites de Moderna avec le ministère de la défense des États-Unis par l'intermédiaire de la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA), ou encore la crainte que l'affaire Theranos puisse l'exposer et attirer l'attention sur toute entreprise existant à l'intersection de la Silicon Valley et de l'industrie des soins de santé. Toutefois, Moderna aurait probablement dû faire face à cette situation si la [soi-disant - NdT] crise du Covid-19 n'était pas survenue au moment le plus opportun pour l'entreprise.

Les dysfonctionnements du « logiciel » de Moderna

Bon nombre des problèmes de Moderna identifiés par Damian Garde en 2016 ont continué de tourmenter l'entreprise jusqu'au début de la [soi-disant - NDT] crise du Covid-19. Le principal d'entre eux était la bataille menée par Moderna pour prouver que sa technologie fonctionnait et qu'elle était sans danger. Rendues publiques à partir de 2017, les craintes concernant l'innocuité et l'efficacité des produits de l'entreprise se sont évaporées dans la vague de panique suscitée par le Covid-19 et son corollaire que fut la course pour développer « à la vitesse de l'éclair » un vaccin qui « mettrait fin à la pandémie ». Pourtant, il existe peu, voire aucune preuve d'une prise en compte de ces craintes autrefois bien identifiées avant que l'utilisation d'urgence du produit transgénique de Moderna nommé « vaccin anti-Covid-19 » ne soit autorisée par le gouvernement des États-Unis et son déploiement désormais généralisé dans de nombreux pays du monde. Au contraire, il existe des preuves indiquant que ces craintes ont été dissimulées avant et pendant le développement de son produit transgénique nommé « vaccin anti-Covid-19 ».
Le siège de Moderna à Cambridge dans le Massachusetts, États-Unis
© Wikimedia CommonsLe siège de Moderna à Cambridge dans le Massachusetts, États-Unis
Les articles qui ont émergé en janvier 2017 notaient que Moderna avait
« rencontré des problèmes de sécurité troublants avec sa thérapie la plus ambitieuse » et que la société « misait désormais sur une nouvelle technologie mystérieuse pour se maintenir à flot. »
La « thérapie ambitieuse » en question était censée traiter le syndrome de Crigler-Najjar et
« devait être la première thérapie à utiliser une nouvelle technologie audacieuse qui donnerait lieu selon Bancel à la production de dizaines de médicaments dans la décennie à venir. »
Bancel avait spécifiquement utilisé la thérapie de Crigler-Najjar comme argument de vente majeur auprès des investisseurs, notamment en 2016 lorsqu'il en a vanté les mérites lors de la Conférence JP Morgan sur la Santé.
Note du traducteur : Le syndrome de Crigler-Najjar, nommé d'après ses deux découvreurs, est une maladie génétique très rare qui affecte une naissance sur 1 million ; moins de 20 cas en France à ce jour et quelques centaines dans le monde entier.
Pourtant, des employés d'Alexion — la société qui codéveloppe le médicament avec Moderna — ont en 2017 dénoncé le projet et révélé qu'il « ne s'était jamais avéré suffisamment sans danger pour être testé chez l'être humain » et que l'échec de cette thérapie et de la plateforme technologique sur laquelle elle cherchait à s'appuyer avait été à l'origine de l'abandon par Moderna de la classe de thérapies médicamenteuses qui, pendant des années, avait justifié sa valorisation faramineuse et attiré des centaines de millions de dollars provenant des investisseurs.

Suite au problème du médicament de Crigler-Najjar, les médias ont affirmé que Moderna avait désormais « besoin d'un miracle accordé par la Sainte Vierge » qui empêcherait sa valorisation d'imploser et ses investisseurs de fuir. La persistance de problèmes relevés pour la première fois dans l'enquête STAT de 2016, comme l'incapacité de Moderna à publier des données significatives à même d'étayer sa technologie à ARNm, ne faisait qu'exacerber la position de plus en plus précaire de l'entreprise. En effet, peu de temps avant le report indéfini dans la recherche d'une thérapie pour lutter contre le syndrome de Crigler-Najjar, Bancel avait écarté d'un revers de main les questions concernant les promesses de Moderna en décrivant l'ARNm comme un moyen facile de développer rapidement de nouveaux traitements pour toute une variété de maladies. Il a déclaré que
« l'ARNm est comme un logiciel : il suffit de tourner la manivelle pour que de nombreux produits soient mis au point. »
Si tel était le cas, pourquoi l'entreprise n'avait-elle aucun produit sur le marché après presque sept ans, et pourquoi son projet le plus vanté avait-il rencontré de tels obstacles ? Il est clair que, dans la lignée de la métaphore « logicielle » de Bancel, la technologie de Moderna avait rencontré des dysfonctionnements, et ces dysfonctionnements étaient potentiellement insurmontables.

Il s'est avéré que la thérapie médicamenteuse de Crigler-Najjar sur laquelle Moderna avait tant misé avait échoué à cause du système d'administration de nanoparticules lipidiques utilisé pour transporter l'ARNm dans les cellules. Le syndrome de Crigler-Najjar avait été choisi comme cible parce que les scientifiques de Moderna estimaient qu'il s'agissait du « fruit le plus facile à cueillir ». Premièrement, le syndrome est causé par un défaut génétique spécifique ; deuxièmement, l'organe affecté, le foie, est parmi les plus faciles à cibler avec des nanoparticules ; troisièmement, et c'est le plus important pour l'entreprise, le traitement de la maladie avec l'ARNm nécessiterait des doses fréquentes, ce qui garantirait un flux régulier de revenus pour l'entreprise. Ainsi, étant donné les deux premières raisons pour lesquelles la société s'est concentrée sur le syndrome de Crigler-Najjar, si Moderna ne pouvait pas développer une thérapie pour cette maladie en particulier, cela signifiait qu'elle ne serait pas en mesure de développer une thérapie pour d'autres maladies qui, par exemple, sont causées par des défauts génétiques multiples ou affectent plusieurs organes ou qui sont plus résistantes aux traitements à base de nanoparticules. En d'autres termes, le fait que « Moderna n'ait pas pu faire fonctionner sa thérapie [pour le syndrome de Crigler-Najjar] » signifie qu'il était peu probable que les thérapies portant sur l'ensemble de cette catégorie de maladies fonctionnent également.

En effet, les rapports des médias sur le retard indéfini pris dans la recherche de cette thérapie particulière ont noté que
« ce retard signale des problèmes de sécurité persistants et troublants pour tout traitement à ARNm qui doit être administré en plusieurs doses. »
Ce problème allait bientôt conduire Moderna à ne poursuivre que des traitements pouvant être administrés en une seule dose — tout du moins jusqu'à l'émergence du Covid-19 et l'avènement du débat sur le rappel d'injection du produit transgénique de Moderna nommé « vaccin anti-Covid-19 ». Il convient également de mentionner qu'en raison de l'extrême rareté du syndrome de Crigler-Najjar, même si le traitement avait été commercialisé avec succès par Moderna, il aurait été peu probable qu'il rapporte suffisamment d'argent pour pérenniser l'entreprise.

Le problème spécifique que Moderna a rencontré avec le traitement du syndrome de Crigler-Najjar était lié au système d'administration de nanoparticules lipidiques qu'elle utilisait. Selon d'anciens employés de Moderna et leurs collaborateurs d'Alexion,
« dans les études animales, la dose sans danger était trop faible, et les injections répétées d'une dose suffisamment forte pour être efficace ont eu des effets troublants sur le foie [l'organe cible de cette thérapie particulière]. »
Selon des rapports publiés à l'époque, Moderna avait apparemment rencontré ce problème avec son système d'administration de nanoparticules dans d'autres cas également. Selon STAT, le système d'administration employé par Moderna
« engendrait [invariablement] un défi de taille : un dosage trop faible ne permet pas d'obtenir suffisamment d'enzymes pour agir sur la maladie ; un dosage trop important rend le médicament trop toxique pour les patients. »
Moderna a tenté de compenser la mauvaise presse liée au report indéfini dans la recherche d'un médicament contre le syndrome de Crigler-Najjar en affirmant qu'elle avait mis au point un nouveau système d'administration de nanoparticules appelé V1GL qui « délivrera l'ARNm de manière plus sûre ». Ces affirmations ont été faites un mois après que Bancel ait présenté à Forbes un autre système d'administration appelé N1GL. Dans cette interview, Bancel a déclaré à Forbes que le système d'administration qu'ils avaient utilisé, sous licence Acuitas, « n'était pas très bon » et que Moderna avait « cessé d'utiliser la technologie Acuitas pour les nouveaux médicaments ». Cependant, comme nous le verrons en détail dans cet article ainsi que dans la deuxième partie, il semble que Moderna a bien continué à utiliser la technologie sous licence d'Acuitas pour des « vaccins » ultérieurs et d'autres projets, notamment son produit transgénique nommé « vaccin anti-Covid-19 ».

À l'époque, les anciens employés de Moderna et les personnes proches du développement de leurs produits avaient émis des doutes quant au fait que ces nouveaux systèmes d'administration de nanoparticules, censés être plus sûrs, puissent être d'une quelconque utilité. Selon trois anciens employés et collaborateurs étroitement impliqués dans le processus de développement en question — qui se sont exprimés auprès de STAT de manière anonyme — Moderna
« travaillait depuis longtemps sur de nouvelles technologies d'administration dans l'espoir de trouver quelque chose de plus sûr que ce qu'elle avait déjà développé. »
Toutes les personnes interrogées estiment que
« le N1GL et le V1GL sont soit des découvertes très récentes, qui n'en sont qu'aux premiers stades des tests, soit de nouveaux noms apposés sur des technologies que Moderna possède depuis des années. »
Toutes les personnes interrogées ont parlé sous le couvert de l'anonymat en raison des accords de non-divulgation qu'elles ont signés avec l'entreprise, des accords qui sont imposés de manière agressive.

Alors qu'il commentait la promesse présumée de N1GL et V1GL [les deux systèmes d'administration de nanoparticules - NdT], un ancien employé a déclaré que ces plateformes
« nécessiteraient une sorte d'intervention miraculeuse de la Sainte Vierge pour parvenir au résultat souhaité dans les délais impartis par leur calendrier [...] Soit [Bancel] est extrêmement confiant dans le fait que ça va marcher, soit il commence à s'agiter et à penser que, vu l'absence de progrès, il doit produire quelque chose. »
Stephen Hoge, président de Moderna, et Melissa Moore, responsable de la recherche sur les plateformes chez Moderna.
© ModernaStephen Hoge, président de Moderna, et Melissa Moore, responsable de la recherche sur les plateformes chez Moderna.
Il semble que les anciens employés qui pensaient que N1GL et V1GL étaient de nouveaux noms apposés sur une technologie déjà existante et que Bancel exagéraient leurs mérites avaient raison, puisque Moderna semble être revenu au système chaotique d'administration de nanoparticules lipidiques dont elle avait obtenu la licence auprès d'Acuitas pour développer des thérapies ultérieures, y compris son produit transgénique nommé « vaccin anti-Covid-19 ». À nouveau, comme nous le verrons dans le présent article et dans la deuxième partie de cette série, rien ne prouve que Moderna ait jamais réussi à obtenir le « miracle accordé par la Sainte Vierge » dont elle avait besoin lorsqu'il s'est agi d'acquérir les droits ou de développer un système d'administration à ARNm sans danger.

En plus des promesses tant vantées de N1GL et de V1GL en tant que traitements plus sûrs, Moderna s'est également engagé à créer « de nouvelles et meilleures formulations » pour la thérapie du syndrome de Crigler-Najjar, qui pourraient éventuellement faire l'objet d'essais sur l'être humain à un moment ultérieur. Ces annonces ont permis d'éviter une mauvaise presse, mais seulement pendant quelques semaines. Un mois après l'annonce publique des problèmes liés à la thérapie du syndrome de Crigler-Najjar, le directeur de la division oncologie de Moderna, Stephen Kesley, a quitté l'entreprise. Cela s'est produit au moment même où Moderna s'apprêtait à réaliser les premiers essais sur l'être humain de son traitement anticancéreux, ce qui a contraint « une équipe de direction ayant peu d'expérience dans le développement de médicaments à déterminer l'avenir de la société dans ce domaine. »

Quelques semaines avant le départ de Kesley, Bancel avait audacieusement affirmé, pour tenter de séduire de nouveaux investisseurs lors de la Conférence JP Morgan sur la Santé — qui s'est tenue en janvier 2017 à San Francisco — que l'oncologie était la « prochaine grande opportunité de Moderna après les vaccins. »

Le même mois que celui du départ de Kesley, Moderna a réussi à attirer l'attention des médias sur un autre sujet, puisque pour la toute première fois, elle publiait des données dans une revue à comité de lecture. Dans Cell, ses scientifiques ont publié les résultats d'un essai sur l'animal pour son vaccin candidat contre le virus Zika, qui a démontré de manière concluante à la fois son efficacité et son innocuité chez la souris. Bien que les résultats des essais sur les animaux ne se traduisent pas nécessairement par des résultats équivalents chez l'homme, les résultats ont été jugés de « bon augure » pour l'essai clinique de ce candidat vaccin chez l'être humain prévu par Moderna. En outre, les résultats étaient similaires à ceux de l'essai sur l'animal publié un mois plus tôt par son concurrent BioNTech pour son propre candidat vaccin à ARNm contre le virus Zika.

Toutefois, côté Moderna, les nouvelles positives ont été atténuées par une décision sur un litige juridique qui lui a été défavorable et qui menaçait sa capacité à réaliser un jour des bénéfices avec le vaccin contre le virus Zika ou tout autre vaccin à ARNm de son invention, une menace à laquelle les concurrents de Moderna, tels que BioNTech, n'ont pas eu à faire face. Ce jugement, dont nous parlerons plus en détail dans la suite de cet article, a considérablement restreint l'utilisation par Moderna du système d'administration des nanoparticules lipidiques dont Acuitas lui a concédé la licence, et a directement menacé la capacité de l'entreprise à créer un produit rentable grâce à l'utilisation de la propriété intellectuelle liée aux brevets concernés. Cela aurait également donné le coup d'envoi à un litige juridique de plusieurs années qui a suggéré à plusieurs reprises que les promesses du V1GL et du N1GL étaient soit complètement inventées, soit grandement exagérées, comme l'avaient déclaré d'anciens employés et collaborateurs de Moderna.

Peu de temps après, en juillet 2017, plusieurs articles de presse défavorables à Moderna ont été publiés lorsque Alexion — son partenaire dans le projet de vaccin pour le syndrome de Crigler-Najjar — a complètement cessé de collaborer avec l'entreprise. Moderna a minimisé la décision d'Alexion et déclaré avoir acquis les « connaissances approfondies » qui lui permettraient de continuer à développer seule la thérapie défaillante. Néanmoins, la décision d'Alexion est arrivée à un moment inopportun pour Moderna, car l'un de ses principaux investisseurs avait, deux semaines auparavant, réduit son évaluation de l'entreprise de près de 2 milliards de dollars, prétendument parce que Moderna avait « du mal à atteindre le niveau de réussite qu'elle avait annoncée avec fracas dans les médias ». Des rapports ont commencé à circuler, affirmant que « les investisseurs de Moderna pourraient perdre confiance dans l'avenir de l'entreprise ».

En effet, et selon d'anciens employés et partenaires, le médicament contre le syndrome de Crigler-Najjar n'était pas le seul qui, à ce moment-là, s'était révélé « trop faible ou trop dangereux pour être testé sur l'être humain dans des essais cliniques ». Le problème persistant, qui concernait une fois de plus le système d'administration par nanoparticules dont Moderna avait acquis la licence auprès d'Acuitas, avait contraint l'entreprise — en plus de retarder la recherche dans le traitement du syndrome de Crigler-Najjar — à
« donner la priorité aux vaccins, qui peuvent être administrés une seule fois et éviter ainsi les problèmes d'innocuité qui ont affecté des projets plus ambitieux. »
Pourtant, ces « vaccins » ou thérapies à dose unique n'étaient pas considérés comme aussi lucratifs que les thérapies médicamenteuses que Moderna promettait depuis longtemps et qui sous-tendaient sa valorisation de plusieurs milliards de dollars, obligeant ainsi l'entreprise à « miser gros sur un produit d'appel ». Le fait que Moderna soit à la traîne par rapport à ses concurrents dans le domaine des vaccins à ARNm et que la promesse supposée de sa technologie de produire des vaccins viables n'ait été à ce stade « prouvée » que par un seul essai de faible envergure posait également problème. Cet essai, comme l'a noté le Boston Business Journal, constituait un
« essai précoce sur l'être humain qui visait principalement à évaluer la sécurité d'un vaccin contre la grippe aviaire. »
Bien que l'essai ait été conçu pour évaluer la sécurité, Moderna avait affirmé avoir « fourni la preuve que le vaccin est efficace, sans effets secondaires majeurs ». En outre, comme nous le verrons dans une section ultérieure de cet article, le différend juridique concernant le système de nanoparticules lipidiques sous licence Acuitas a menacé la capacité de Moderna à réaliser un jour un bénéfice sur tout vaccin à ARNm que l'entreprise aurait réussi à faire passer par le processus des essais et par la procédure d'approbation fédérale, ce qui rendrait l'avenir de Moderna plutôt sombre.

En dépit d'articles de presse élogieux, des doutes sérieux subsistent

En septembre 2017, lors d'un événement à huis clos destiné à empêcher d'autres investisseurs majeurs de dévaluer l'entreprise ou de quitter le navire, Moderna a fourni davantage d'informations dans un communiqué de presse récemment publié concernant les résultats d'un essai sur une thérapie destinée à régénérer le tissu cardiaque en stimulant la production d'une protéine appelée VEGF. Le communiqué de presse, qui a fait l'objet de Unes élogieuses dans les médias, indiquait que la thérapie s'était avérée sans danger dans une étude portant sur un échantillon de 44 patients. Cependant, ni le communiqué de presse ni les données que Moderna a divulguées aux investisseurs lors de la réunion à huis clos n'ont révélé la quantité de protéines que le traitement a fait produire aux patients, ce qui laisse planer le mystère sur son efficacité. En effet, les rapports des médias sur la réunion des investisseurs ont noté que
« puisque Moderna n'a pas publié ce point de données crucial, les personnes extérieures ne peuvent pas juger du potentiel thérapeutique qui pourrait exister. »
Les résultats, bien qu'ils aient semblé atténuer les inquiétudes quant à l'aspect sans danger de la technologie de Moderna, n'ont pas réussi à susciter chez de nombreux participants une confiance suffisante. Plusieurs d'entre eux ont déclaré plus tard aux journalistes qu'ils n'étaient « pas très impressionnés » par la présentation de Moderna, qui n'a fait que
« souligner les questions persistantes quant à sa capacité à atteindre le niveau de réussite qu'elle avait annoncée avec fracas dans les médias. »
L'un des problèmes ici, une fois de plus, est que la valorisation de Moderna était et est toujours sous-tendue par sa promesse de développer des produits pour les maladies rares qui nécessitent des injections répétées au cours de la vie d'un patient. La thérapie VEGF promue par Moderna lors de cette réunion concernait un produit à injection unique, et, par conséquent, la preuve de son innocuité ne résout en rien le problème pour les produits injectables multidoses de Moderna qui ne se sont pas avérés être suffisamment sans danger pour les expérimenter sur des êtres humains. L'événement à huis clos organisé pour les investisseurs a clairement montré que Moderna cherchait à éviter ce problème persistant en donnant la priorité aux vaccins à dose unique.

Comme STAT l'a noté à l'époque :
« La présentation aux investisseurs a également montré de manière claire que Moderna donne la priorité aux vaccins. Ils sont plus faciles à développer à partir d'ARNm étant donné que les patients n'ont besoin que d'une seule dose, ce qui élimine certains des aspects dangereux qui ont plombé des projets plus ambitieux comme les thérapies pour les maladies rares. »
Toutefois, le choix de Moderna de privilégier les vaccins engendre chez de nombreux investisseurs une grande contrariété étant donné qu'ils les considèrent comme
« des produits à faible marge qui ne peuvent pas générer des profits aussi importants que ceux réalisés dans des domaines plus lucratifs tels que les maladies rares et l'oncologie. »
Ces deux champs de recherche médicale, comme nous l'avons déjà mentionné, sont ceux-là mêmes sur lesquels l'évaluation massive de Moderna était basée, mais pour lesquels elle n'avait pas été capable de produire des thérapies efficaces et sans danger. Clairement consciente de l'existence de ces préoccupations au sein de sa base d'investisseurs actuels et potentiels, Moderna a lors de cette même présentation tenté de parler de manière prometteuse de ses avancées en matière d'oncologie. Elle est toutefois restée muette sur le calendrier des essais et sur d'autres données clés, préservant ainsi la réputation de secret entretenue depuis toujours par l'entreprise à l'égard des initiés et du grand public. Que Moderna soit restée si secrète sur des données clés lors d'une présentation non seulement fermé au public et à la presse, mais destiné à rassurer les investisseurs existants et à en attirer de nouveaux, est certainement révélateur. Si Moderna a refusé de montrer des données importantes aux investisseurs à un moment où elle cherchait désespérément à les retenir, on peut en déduire que l'entreprise soit n'avait rien à montrer soit avait quelque chose à cacher.

En dépit de ses relations publiques constamment idyllique, la situation interne de plus en plus troublée de Moderna s'est aggravée un mois plus tard lorsque des articles ont fait état des démissions soudaines de son directeur de la chimie, du directeur de sa division cardiovasculaire et du directeur de sa division des maladies rares. Ces démissions, survenues vers la fin de l'année 2017, ont fait suite à celles très médiatisées dont a souffert l'entreprise et qui ont été mentionnées par Damian Garde dans son exposé publié sur STAT en 2016.

Quelques mois plus tard, en mars 2018, Giuseppe Ciaramella, le directeur scientifique du département des vaccins de Moderna, a également quitté l'entreprise. Cette démission marquait de manière caractéristique l'existence de nouvelles dissensions au sein de l'entreprise, d'autant plus que Moderna avait récemment et de manière très officielle orienté son activité vers les vaccins ; et en plus de diriger le développement des vaccins à ce moment critique, Ciaramella avait été le premier cadre de Moderna à avoir émis l'hypothèse selon laquelle la technologie de l'entreprise pourrait se révéler utile dans le développement des vaccins, une suggestion désormais devenue l'atout majeur de l'entreprise. On ne peut s'empêcher de se demander si la tendance de Bancel à évincer les employés et les cadres qui « n'ont pas été capables de faire fonctionner la science » a joué un rôle dans l'une ou l'autre de ces démissions très médiatisées, y compris celle de Ciaramella.

Un casse-tête juridique qui dure depuis des années

Jusqu'à présent, cet article s'est largement concentré sur la manière dont Moderna semble avoir cultivé à outrance le secret au sein de son entreprise pour masquer et atténuer les problèmes majeurs liés à sa technologie et à son éventail de produits, et sur la manière dont ces problèmes ont atteint leur paroxysme après l'introduction en bourse de Moderna et ce juste avant la [soi-disant - NdT] crise du Covid-19. Cependant, le défi qui consiste à créer des produits qui fonctionnent et dont l'efficacité peut être prouvée en milieu clinique n'est que l'un des deux problèmes majeurs auxquels Moderna est confrontée en tant qu'entreprise. En effet, au cours de la même période explorée ci-dessus, Moderna était empêtrée dans de virulents litiges en lien avec la propriété intellectuelle et les brevets. Il est à noter que ces mêmes litiges portent sur le système de nanoparticules lipidiques, celui-là même qui serait également à l'origine des problèmes de sécurité relatifs à l'éventail des produits de Moderna.

Comme mentionné précédemment, le système d'administration de nanoparticules lipidiques utilisé dans de nombreuses thérapies en cours de développement de Moderna leur a été concédé sous licence par Acuitas. Cependant, Acuitas avait obtenu une licence pour ce système auprès d'une autre société, Arbutus, laquelle a intenté un procès en 2016 en affirmant que la sous-licence d'Acuitas à Moderna était illégale. Arbutus ayant obtenu gain de cause, une injonction temporaire a été en 2017 prononcée à l'encontre d'Acuitas lui interdisant désormais de concéder une quelconque sous-licence pour la technologie des nanoparticules lipidiques. En 2018, un accord conclu entre Acuitas et Arbutus a mis fin à la licence d'Acuitas et a limité l'utilisation de la technologie par Moderna à quatre candidats vaccins ciblant des virus déjà identifiés.

En 2017, Bancel déclarait à Forbes que le système Acuitas/Arbutus était à peine médiocre et que Moderna était en train de développer son propre système d'administration version améliorée qui n'enfreindrait pas la propriété intellectuelle d'Arbutus (les systèmes N1GL et V1GL susmentionnés). Cependant, peu de temps après ces déclarations, les dirigeants d'Arbutus les ont contestées, déclarant que leur société avait examiné tous les brevets, publications et présentations de Moderna concernant ces « nouveaux » systèmes d'administration et n'avait trouvé que des éléments issus de leur propre propriété intellectuelle. Même les anciens employés de Moderna, comme mentionné précédemment, doutaient fortement que le N1GL et le V1GL soient différents du système Acuitas/Arbutus, ce qui signifie que — et en dépit des affirmations de Bancel — Moderna était confronté à des problèmes juridiques non résolus relatifs à ces nanoparticules lesquelles, sans même parler des problèmes de toxicité, paralysaient l'avancée des produits candidats de Moderna.

Il est important de noter à ce stade que, si seule Moderna est engagée depuis des années dans une bataille juridique contre Acuitas/Arbutus au sujet de la propriété intellectuelle des nanoparticules lipidiques, les autres principaux producteurs de produits transgéniques nommés « vaccins anti-Covid-19 », Pfizer/BioNTech et CureVac, utilisent également des aspects majeurs de la même technologie dérivée d'Arbutus. Cependant, BioNTech a homologué une licence pour les nanoparticules lipidiques d'une manière telle qu'elle pouvait éviter les problèmes qui ont entravé Moderna pendant des années.

Le litige juridique impliquant Moderna, en plus des problèmes de sécurité de ses produits déjà évoqués, menaçait considérablement sa capacité à survivre en tant qu'entreprise. Ayant déjà été contrainte de se rabattre sur le marché des vaccins et de renoncer aux thérapies à ARNm plus lucratives et « révolutionnaires » bien qu'elle en ait fait miroiter l'avènement depuis longtemps, Moderna se retrouvait progressivement dans une position où elle n'avait « aucun droit de vendre » des produits vaccinaux basés sur la technologie brevetée par Arbutus et concédée par Acuitas. Cette situation a mis la pression sur Moderna qui a dû accepter de négocier une nouvelle licence avec Arbutus directement, des négociations dans lesquelles l'entreprise ne pèserait pas bien lourd.

Depuis la première affaire judiciaire en 2016, Moderna et Arbutus sont restés bloqués à la fois dans des conflits relatifs aux nanoparticules et aussi pour déterminer qui en est le propriétaire. Avec des résultats mitigés, Moderna a contesté trois brevets d'Arbutus auprès de l'Office des brevets et des marques des États-Unis. Pourtant, Moderna a aussi affirmé au même moment que sa technologie n'était « pas couverte par les brevets d'Arbutus », ce qui a incité de nombreux observateurs et journalistes à poser des questions telles que : « Dans ce cas, pourquoi [Moderna] a-t-elle alors engagé une action en justice contre Arbutus ? »

Moderna a répondu à cette question en prétendant avoir ciblé Arbutus uniquement en raison de l'« agression » passée d'Arbutus à son encontre. Cependant, en dépit de ces affirmations, l'effort et le coût inhérents au recours en justice révèlent que Moderna prend — a minima — très au sérieux la menace des revendications d'Arbutus en matière de propriété intellectuelle. La réponse objective tient plutôt du fait que Moderna est prêt à affirmer publiquement que sa technologie des nanoparticules lipidiques est suffisamment différente du système dérivé d'Arbutus couvert par les brevets, sans pour autant vouloir fournir la moindre preuve attestant de cette différence — que ce soit au tribunal, à ses propres investisseurs ou au public. Les rebondissements les plus récents de cette longue bataille juridique, y compris une décision cruciale particulièrement défavorable à Moderna rendue en 2020, seront abordés dans la deuxième partie de cette série.

Tous les moyens sont bons pour contrer la chute du cours des actions
Bâtiment du Nasdaq jour d'introduction en bourse de Moderna 2018
© NasdaqLe bâtiment du Nasdaq le jour de l'introduction en bourse de Moderna en 2018.
Selon les médias, Moderna avait affirmé, juste avant la démission de Ciaramella, avoir
« résolu les problèmes scientifiques de ses premiers traitements à ARNm trop toxiques pour les essais cliniques sur les êtres humains. »
Ces articles affirmaient en outre que, de ce fait, « Moderna pense être revenue sur la bonne voie », même si l'entreprise n'a fourni aucune preuve à l'appui de cette affirmation. La promesse a néanmoins permis à Moderna de réaliser un nouveau tour de table financier, au cours duquel elle a levé 500 millions de dollars supplémentaires auprès d'un « consortium d'investisseurs peu habitués aux biotechnologies », parmi lesquels les gouvernements de Singapour et des Émirats arabes unis. Certains observateurs se sont demandés comment Moderna avait réussi à lever autant d'argent et ce en dépit des questions récurrentes restées sans réponse quant à la science utilisée, celle-là même qui a permis sa haute valorisation.

Damian Garde a donné la réponse en publiant sur STAT les diapositives du diaporama confidentiel de Moderna destiné aux investisseurs, selon lequel l'entreprise avait prédit que des médicaments ayant été testés uniquement sur des souris vaudraient bientôt des milliards de dollars et que ses revenus annuels provenant de la vente de vaccins s'élèveraient à 15 milliards de dollars. Un investisseur sceptique a jugé les diapositives « plutôt absurdes » et « destinées à des généralistes pleins d'espoir qui peuvent rêver en grand », et a expliqué pourquoi le dernier tour de table de l'entreprise avait attiré des investisseurs en biotechnologie « non conventionnels » plutôt que des investisseurs chevronnés spécialisés dans ce secteur. Un investisseur expérimenté en biotechnologie, qui s'est exprimé sous le couvert de l'anonymat en raison de la confidentialité du diaporama, a déclaré qu'il s'agissait
« d'un jeu de diapositives conçu pour vanter les mérites de l'entreprise auprès d'un groupe d'investisseurs peu avertis — dont le contenu affirmait « Nous serons des géants » — et qu'il y parvenait à merveille [...] Juste assez de science et de technologie pour transmettre le sentiment « Nous savons ce que nous faisons », mais pas assez pour susciter des questions techniques. »
Vous pouvez téléchargez le diaporama de Moderna ici.

Selon les participants à la présentation de Moderna, l'entreprise s'est montrée « très généreuse dans les hypothèses de taille de marché concernant leurs programmes », tandis qu'un ancien collaborateur de Moderna a estimé que la valeur réelle d'un traitement prétendument estimé par l'entreprise à plusieurs milliards par an se situait en fait entre « 100 et 250 millions de dollars ». Bien entendu, cette estimation des revenus est assortie d'une mise en garde selon laquelle le traitement, testé jusqu'à présent uniquement sur des souris, se révélerait un jour efficace chez l'être humain. Un ancien employé de Moderna au sein de la division des maladies rares a déclaré à l'époque que Moderna
« continue de se précipiter et de promettre à l'excès le potentiel d'une large utilisation de l'ARNm avant de disposer de preuves qui aillent au-delà des vaccins ou des expériences très précoces sur des souris. »
Malgré la capacité de Moderna à convaincre des investisseurs « non avertis » et/ou « non conventionnels » de soutenir son tour de table financier du début de l'année 2018, il semble que l'une de ses plus importantes promesses utilisées pour attirer les investisseurs — à savoir qu'elle avait résolu le problème de la toxicité des nanoparticules lipidiques — n'était pas vraie.

Dans une déclaration archivée auprès de la Securities and Exchange Commission [Organisme fédéral de réglementation et de contrôle des marchés financiers des États-Unis- NdT] daté de novembre 2018, plusieurs mois après que Moderna ait affirmé avoir résolu les problèmes liés à son système d'administration de nanoparticules lipidiques, la société a fait plusieurs affirmations qui semblent contredire son prétendu développement d'une nouvelle technologie de nanoparticules plus sûre.

Par exemple, la déclaration archivée indique à la page 33 :
« La plupart de nos médicaments expérimentaux sont formulés et administrés dans une LNP [nanoparticule lipidique], ce qui peut entraîner des effets secondaires systémiques liés aux composants de la LNP, qui n'ont peut-être jamais été testés chez l'être humain. Bien que nous ayons continué à optimiser nos LNPs, rien ne permet de garantir que nos LNP n'auront pas d'effets indésirables. Nos LNPs pourraient contribuer, en tout ou en partie, à un ou plusieurs des effets suivants : réactions immunitaires, réactions à l'injection, réactions du système de complément, réactions d'opsonation [sic], réactions aux anticorps, y compris IgA, IgM, IgE ou IgG ou une combinaison de ceux-ci, ou réactions au PEG [polyéthylène glycol - NdT] de certains lipides ou de PEG autrement associés au LNP.

Certains aspects de nos médicaments expérimentaux peuvent induire des réactions immunitaires de l'ARNm ou du lipide, ainsi que des réactions indésirables dans les voies hépatiques ou la dégradation de l'ARNm ou du LNP, chacune de ces réactions pouvant entraîner des effets indésirables importants dans un ou plusieurs de nos essais cliniques. Plusieurs de ces types d'effets secondaires ont été observés avec les LNPs déjà existants. Il peut en résulter une incertitude quant à la cause sous-jacente d'un tel événement indésirable, ce qui entraînerait des difficultés à prévoir de manière précise des effets secondaires dans les futurs essais cliniques et des retards importants dans nos programmes [les emphases de l'auteur]. »
Note du traducteur : Le système de complément est un groupe connu d'environ 50 protéines présentes dans le sérum et qui fait partie de l'immunité innée. Par ailleurs, l'extrait ci-dessus parle d'opsonation, mais ce terme ne semble pas exister, et c'est peut-être la raison pour laquelle l'auteur a inclus un [sic] juste après. Par contre, on trouve bien le terme d'opsonisation en tant que processus biochimique par lequel les opsonines (anticorps ou opsonines non spécifiques) rendent un micro-organisme invasif plus sensible à la phagocytose.
Sur la base de ces déclarations, Moderna n'avait pas l'air de savoir si son système d'administration de nanoparticules lipidiques d'alors était plus sûr que celui qui a entraîné le report indéfini de sa thérapie contre le syndrome de Crigler-Najjar. En outre, la référence aux « réactions indésirables dans les voies hépatiques » — l'un des principaux problèmes qui ont déclenché le retard spécifique de la thérapie contre le syndrome de Crigler-Najjar — suggère que Moderna continue de s'appuyer sur la technologie concédée sous licence par Acuitas. Comme nous le verrons dans la deuxième partie de cette série, le produit transgénique de Moderna nommé « vaccin anti-Covid-19 » semble également utiliser la technologie controversée d'Acuitas laquelle est à la base depuis plusieurs années des problèmes importants rencontrés par Moderna tant en terme de sécurité du produit, mais aussi en termes judiciaires et financiers.

La déclaration archivée auprès de la Securities and Exchange Commission en novembre 2018 comporte d'autres éléments sur le système d'administration de nanoparticules lipidiques de Moderna — dont les problèmes seraient prétendument solutionnés — qui méritent d'être soulignés :
« Si des événements indésirables importants ou d'autres effets secondaires sont observés dans l'un de nos essais cliniques actuels ou futurs, nous pourrions avoir des difficultés à recruter des participants à l'un de ces essais cliniques, les participants pourraient se retirer des essais, ou nous pourrions être obligés d'abandonner les essais voire même renoncer complètement à nos projets de développer un ou plusieurs candidats ou médicaments expérimentaux
[...]
Même si les effets secondaires ne nuisent pas à l'obtention d'une autorisation de mise sur le marché du médicament ni à son maintien, un rapport bénéfice/risque défavorable pourrait décourager le marché d'accepter le produit approuvé en raison de don degré de tolérance par rapport à d'autres thérapies. L'un ou l'autre de ces développements pourrait nuire de manière significative à nos activités, à notre situation financière et à nos perspectives. »
Ces déclarations sont significatives en ce qu'elles suggèrent ouvertement au moins une raison pour laquelle Moderna privilégie depuis longtemps le secret quant à la publication des données sur ses traitements : communiquer au public les difficultés persistantes de sa technologie menacerait sa capacité à attirer les participants aux essais cliniques, les investisseurs et, plus tard, les consommateurs.

En décembre 2018, environ un mois après avoir admis en détail ces faits pour le moins troublants, Moderna a réussi une introduction en bourse record. Pour y parvenir, Moderna avait retenu les services de onze banques d'investissement, ce qui représenterait environ « le double du nombre habituellement observé dans les offres de biotechnologie ». Cependant, quelques heures après, la valeur de son action a dégringolé,
« un signe que la société et ses souscripteurs pourraient avoir surestimé la demande pour cette société richement valorisée. »
Un mois après l'introduction en bourse, l'action de Moderna a encore dévissé,
« faisant exactement le contraire de ce que les investisseurs privés recherchent dans une introduction en bourse. »
Ceux qui avant l'introduction en bourse de Moderna avaient prédit ce résultat ultérieur avaient également annoncé que cette tendance à la baisse se poursuivrait probablement jusqu'au début de 2020, voire plus longtemps. Les sceptiques, tels que Damian Garde de STAT, avaient prédit juste avant l'introduction en bourse de Moderna que la baisse de la valeur de l'action de l'entreprise se poursuivrait probablement tout au long de l'année 2019 en raison d'un « manque apparent d'annonces imminentes », étant donné que « la dynamique dans le domaine de la biotechnologie, qu'elle soit positive ou négative, est déterminée par des catalyseurs » et que « Moderna devrait connaître une année 2019 plutôt silencieuse » [en termes d'annonces - NdT].

Pendant ce temps, les médias ont souligné, comme ils le font depuis des années, que Moderna « est encore loin d'avoir démontré le potentiel de [sa] technologie », bien que l'entreprise existe depuis neuf ans. Ces artciles ont également noté que l'incapacité de Moderna à prouver la valeur de sa technologie après quasiment une décennie d'activité était entravée par ses
« difficultés dans ses travaux initiaux pour transformer l'ARNm en médicaments pouvant être administrés de manière répétée, ce qui l'a conduit à orienter ses travaux vers les vaccins, qui peuvent être administrés en une ou deux fois seulement. »
Les investisseurs présents à la Conférence JP Morgan sur la Santé se sont dits préoccupés par le fait que
« Moderna [n'a] pas encore éliminé les risques persistants liés à l'ARNm et que, même avec sa valorisation en berne, l'entreprise est tout simplement trop onéreuse. »
D'autres ont confié aux journalistes qu'ils
« resteraient en retrait jusqu'à ce que Moderna change la donne soit en présentant des données sur l'être humain prometteuses soit en devenant nettement moins coûteuse. »
Quelques semaines plus tard, Bancel a assisté au nom de Moderna à la réunion annuelle 2019 du Forum économique mondial aux côtés de Paul Stoffels, cadre chez Johnson & Johnson, et d'autres dirigeants de sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques, afin de
« côtoyer des dirigeants mondiaux et des personnalités parmi les plus riches du monde et de parler de l'avenir des soins de santé. »
Parmi les autres personnalités du secteur de la santé présentes, citons le chef de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, et le « philanthrope de la santé mondiale » Bill Gates, dont la fondation a en 2016 conclu un accord avec Moderna dans
« le cadre d'un programme de santé mondiale [pour] faire avancer les projets de développement basés sur l'ARNm destinés à lutter contre diverses maladies infectieuses. »
Sur le site Web de Moderna, la Fondation Bill & Melinda Gates est la seule fondation répertoriée en tant que « collaborateur stratégique ». Parmi les autres « collaborateurs stratégiques » figurent la Biomedical Advanced Research and Development Authority (BARDA) du gouvernement des États-Unis, la DARPA de l'armée des États-Unis et les géants pharmaceutiques AstraZeneca et Merck.
Note du traducteur : Le laboratoire Merck qui vient de déposer une demande d'autorisation d'urgence pour sa « pilule miraculeuse pour lutter contre le Covid-19 », dont les effets sont déjà considérés comme dangereux pour la santé ; Voir notre Focus Le Molnupiravir ou la fausse Ivermectine de Big Pharma — Merck demande à la FDA une autorisation d'urgence pour sa pilule anti-Covid-19 en dépit des risques graves sur la santé

Nous connaissons la DARPA, mais peu la BARDA. Elle est placée dans le giron du ministère de la Santé et des Services sociaux des États-Unis et elle est en charge de l'acquisition et du développement de contre-mesures médicales, principalement contre le bioterrorisme, y compris les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires, ainsi que contre la grippe pandémique et les maladies émergentes. Elle travaille avec l'industrie biomédicale, en utilisant des subventions et d'autres formes d'assistance, pour promouvoir la recherche avancée, l'innovation et le développement de dispositifs médicaux, de tests, de vaccins et de produits thérapeutiques. Elle fournit et maintient également des stocks de matériaux, tels que des médicaments, des équipements de protection individuelle et des vaccins. Tout un programme.

La même BARDA, qui en juin 2018, a annoncé une nouvelle initiative, sa Division de l'innovation et des entreprises de Recherche (DRIVE), la même DRIVE que l'on retrouve liée à Merck, en tant que startup pharmaceutique qui évolue au sein de l'université Emory à Atlanta en Géorgie, et qui est à l'origine du développement du Molnupiravir, la « pilule miraculeuse pour lutter contre le Covid-19 » de Merck. Voir le Focus mentionné ci-dessus.

Rappelons aussi, pour mesurer la taille de l'hydre, que les trois principaux actionnaires de Pfizer, Johnson & Johnson et Merck sont Vanguard et BlackRock (et aussi SSGA). Voir nos trois articles :
Moderna a fait équipe pour la première fois avec le Forum économique mondial quelques années seulement après sa fondation, en 2013, lorsqu'elle a été intronisée auprès de la Communauté du Forum comme faisant désormais partie des Entreprises à croissance mondiale. Cette année-là, Moderna était l'une des trois seules entreprises du secteur de la santé nord-américaines à recevoir cet honneur et a en outre été reconnue par le Forum comme « un leader de l'industrie dans le domaine des thérapies innovantes à base d'ARNm ». Bancel avait alors déclaré :
« Nous sommes honorés d'être reconnus pour nos efforts visant à faire progresser notre plateforme et à faire en sorte que son potentiel soit réalisé à l'échelle mondiale, et nous nous réjouissons de faire partie de la Communauté du Forum économique mondial. »
Stéphane Bancel au Forum économique mondial, janvier 2020
© Forum économique mondialStéphane Bancel lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial, janvier 2020.
Note du traducteur : Les Entreprises à croissance mondiale sont des entreprises de taille moyenne à l'échelle mondiale qui sont distinguées par le Forum économique mondial pour leurs modèles commerciaux innovants, leur croissance dynamique, leur citoyenneté mondiale et leur leadership visionnaire.
En 2013, une fois adoubée par le Forum économique mondial au sein des Entreprises de croissance mondiale, Moderna s'est depuis lors engagée de manière étroite et régulière avec le Forum économique mondial, à la fois lors de la réunion annuelle des nouveaux champions organisée par la Chine [en 2018 - NdT] et lors des réunions régionales du Forum économique mondial, tout en ayant accès à la plateforme de réseautage exclusive du Forum économique mondial qui offre à Moderna un accès privilégié aux dirigeants des entreprises et des États parmi les plus puissants au monde. En outre, ces entreprises soigneusement sélectionnées se voient offrir par le Forum économique mondial la possibilité
« d'élaborer des programmes mondiaux, régionaux et sectoriels et de participer à des échanges significatifs sur les moyens de poursuivre une croissance durable et responsable. »
En définitive, la liste de ces entreprises constitue un consortium de sociétés qui sont promues et guidées par le Forum économique mondial en raison de leur engagement à « améliorer l'état du monde », c'est-à-dire leur engagement à soutenir les programmes à long terme du Forum économique mondial pour l'économie et la gouvernance mondiales.

En avril 2019, Moderna a publié quelques informations sur les modifications apportées à ses nanoparticules lipidiques — ce qui sera abordé plus en détail dans la deuxième partie. Un mois plus tard, en mai 2019, Moderna a publié dans la revue Vaccine des résultats [qu'elle considère - NdT] positifs concernant des données de phase 1 sur des candidats vaccins à ARNm concernant « deux souches potentielles [??? - NdT] de grippe pandémique » qui ont été administrés en deux doses à trois semaines d'intervalle. Le communiqué de presse de l'entreprise portant sur cette étude indiquait que « le développement futur du programme de Moderna sur la grippe pandémique dépend du financement du gouvernement ou d'autres subventions », ce qui suggère qu'elle utiliserait les résultats de l'essai pour faire pression sur le gouvernement afin d'obtenir des fonds en vue de poursuivre ce projet en particulier.

Il est à noter qu'au moment où ces résultats ont été publiés, le Bureau du Secrétaire adjoint à la Préparation et à l'Intervention [ASPR - NdT] — qui dépend du Département de la Santé et des Services sociaux des États-UNis — alors dirigé par Robert Kadlec, était en train de conduire une simulation nommée « Crimson Contagion », qui se déroule sur plusieurs mois et qui met en scène une pandémie mondiale impliquant une souche de grippe originaire de Chine et se propageant dans le monde entier par le biais des transports aériens. La souche au centre de la simulation, appelée H7N9, est l'une des souches utilisées dans l'étude susmentionnée de Moderna [d'où le terme potentielles ci-dessus mis en points d'interrogation - NdT]. Moderna a publié ses résultats le 10 mai, quatre jours seulement avant que la simulation Crimson Contagion n'accueille son séminaire interagences fédéral. La BARDA, supervisée par le Bureau de l'ASPR, est un allié stratégique majeur de Moderna et co-développait ces « vaccins » contre la « grippe pandémique potentielle » qui sont mentionnés dans ce communiqué de presse bien opportun, c'est-à-dire pour les infections grippales H10N8 et H7N9.

« Crimson Contagion » est remarquable à plus d'un titre, notamment en raison de la participation de Robert Kadlec aux simulations « Dark Winter » qui ont précédé et sinistrement prédit les attaques à l'anthrax de 2001. Comme nous l'avons vu en détail dans une précédente enquête de The Last American Vagabond - Unlimited Hangout, les attaques à l'anthrax de 2001 ont commodément sauvé d'une ruine certaine l'entreprise BioPort, le fabricant de vaccins contre l'anthrax devenue entre temps Emergent Biosolutions, un peu comme la crise du Covid-19 l'a fait pour Moderna.
Note du traducteur : Pour cerner un tout petit peu plus le personnage de Robert Kadlec, voici un cours extrait de l'enquête précédente mentionnée par l'auteur à propos de l'histoire de l'ascension au pouvoir de ce personnage au parcours pour le moins singulier...

Robert Kadlec est issu d'un groupe très fermé d'« alarmistes du bioterrorisme » au sein du gouvernement des États-Unis et du secteur privé, lesquels se sont fait connaître grâce à leur penchant à imaginer les scénarios les plus horribles mais qui, bien que fictifs, ont toutefois inspiré la peur aux présidents, aux politiciens de premier plan et au public des États-Unis. Robert Kadlec est un ancien médecin de l'armée de l'air des États-Unis, et savoir comment il a pu, de là, obtenir la licence de distributeur exclusif de la plus grande réserve de médicaments de l'histoire du monde demeure obscur. Pourtant, l'ascension de Kadlec au pouvoir n'est pas le fait d'un génie du mal qui aurait conquis un point particulièrement vulnérable des ressources de la nation. Il s'agit plutôt d'un homme profondément impliqué dans le monde du renseignement, de l'intelligence militaire et de la corruption d'entreprise, qui réalise en coulisses la vision de ses amis en haut lieu de manière bien consciencieuse.

Ce qui ne lasse pas d'inquiéter et de manière significative, surtout à la lumière des événements actuels, puisque le même Robert Kadlec dirige désormais la réponse au coronavirus pour l'ensemble du Département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis.

Parmi les alarmistes mentionné précédemment, on trouve des « partisans de la Guerre froide » — de l'époque où Fort Detrick développait ouvertement des armes offensives — qui se sont engagés dans des expériences et des études inquiétantes sur l'anthrax tout en développant des liens suspects en 2000 avec la fameuse entreprise nommée BioPort.

Il s'agit du même Fort Detrick à l'origine du Sras-CoV-2. Voir notre Focus Les preuves irréfutables de l'origine humaine du Sras-Cov-2.
Un mois plus tard, en juin 2019, Moderna a de nouveau réussi à faire parler d'elle de manière élogieuse dans les Unes des médias en participant pour la toute première fois à la réunion annuelle de l'American Society of Clinical Oncology [organisation professionnelle qui rassemble les oncologistes des États-Unis - NdT], où elle a cherché à promouvoir sa capacité à produire les traitements anticancéreux personnalisés grâce auxquels elle avait réussi à séduire les investisseurs avant et après son introduction en bourse record. C'était la première fois que l'entreprise présentait publiquement des données sur un traitement contre le cancer, et ce traitement particulier était développé conjointement avec Merck. Les données ont montré des résultats positifs dans la prévention des rechutes chez les patients cancéreux dont les tumeurs solides avaient été retirées par chirurgie, mais l'essai n'a pas montré d'effet définitif chez les patients cancéreux dont les tumeurs n'avaient pas été retirées. Ainsi, les premières données semblaient indiquer que le traitement de Moderna n'aiderait les patients cancéreux à rester en rémission uniquement après avoir eu recours à d'autres interventions médicales. Bien que cette nouvelle ait permis à Moderna de se réjouir d'une publicité médiatique favorable dont elle avait particulièrement besoin et de promouvoir ses produits oncologiques en cours de développement, certains articles ont noté à juste titre qu'il était « encore trop tôt pour porter un jugement définitif » sur les avantages cliniques de ce traitement contre le cancer.

En dépit de cette avancée apparente, en septembre 2019, le cours de l'action de Moderna a continué de baisser, entraînant une perte d'environ 2 milliards de dollars en valeur boursière par rapport à l'évaluation de 7,5 milliards de dollars de la société au moment de son introduction en bourse record. Les principaux facteurs de cette situation étaient les mêmes problèmes persistants auxquels l'entreprise était confrontée depuis des années — le manque de progrès, notamment l'absence de produits sur le marché, les problèmes de sécurité persistants liés à sa technologie à ARNm et le manque de données qui puissent témoigner des progrès en cours à même de rendre cette technologie viable d'un point de vue commercial.

Les données préliminaires de l'entreprise, qui n'ont été présentées que pour tenter à nouveau de convaincre les investisseurs de rester, comprenaient également une mise en garde selon laquelle Moderna avait décidé de suspendre les essais pour ce produit particulier, un traitement à ARNm à injection unique contre le virus du chikungunya, développé en partenariat avec la DARPA du Pentagone. Lors de cette réunion, d'autres données plus positives issues d'un essai préliminaire ont également été communiquées. Cet essai portait toutefois sur un traitement à ARNm du cytomégalovirus qui ne sera probablement jamais lucratif puisque le cytomégalovirus est
« un virus commun généralement maîtrisé par le système immunitaire de l'organisme et qui cause rarement des problèmes chez les personnes en bonne santé. »
Le 26 septembre 2019, peu de temps après cette réunion d'investisseurs peu reluisante, et puisque son éventail de produits semblait être au point mort, l'entreprise Moderna, autrefois si secrète, a annoncé avoir décider de collaborer avec des chercheurs de l'université de Harvard
« dans l'espoir que la recherche ouvre la voie à de nouveaux médicaments. »
Le président de Moderna, Stephen Hoge, a décrit cette collaboration en soulignant qu'elle incluait des scientifiques de Harvard triés sur le volet qui ont reçu
« un ensemble de choses dans lesquelles nous avons mis notre sang, notre sueur et nos larmes, et quelqu'un va donc forcément en faire quelque chose. On verra ultérieurement quels sont les résultats. »
Pour une entreprise connue depuis longtemps pour son extrême goût du secret dans une industrie déjà porté sur la discrétion, l'accord de Moderna avec Harvard, qu'elle a reconnu être « inhabituel », a semblé quelque peu désespéré.

Un mois plus tard, lors du sommet 2019 de l'Institut Milken sur l'Avenir de la santé, une table ronde a été consacrée aux vaccins antigrippaux universels et à la nécessité qu'un événement « perturbateur » puisse bouleverser le processus bureaucratique d'approbation des vaccins en vigueur depuis longtemps, afin de faciliter une adoption plus large de vaccins « non traditionnels », tels que ceux produits par Moderna. Parmi les intervenants du panel figuraient Margaret Hamburg, une ancienne commissaire de la FDA qui avait participé en 2001 à la simulation « Dark Winter » et qui est aussi conseillère scientifique de la Fondation Bill & Melinda Gates, ainsi qu'Anthony Fauci, de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) qui relève de l'Institut national de la Santé des États-Unis, et Rick Bright, de la BARDA, qui travaillait auparavant pour PATH, une organisation financée par la Fondation Bill & Melinda Gates. La table ronde a notamment eu lieu peu de temps après la simulation controversée d'une pandémie de coronavirus appelée « Event 201 », dont les modérateurs et les sponsors avaient été étroitement impliqués en 2001 dans « Dark Winter ».
Note du traducteur : PATH, et donc la Fondation Bill & Melinda Gates, est largement impliqué dans le scandale des « vaccinations » contre le Papillomavirus de jeunes filles en Inde qui ont causé la mort de plusieurs d'entre elles et détruit la vie de dizaines d'autres. Voir notre Focus Comment Bill Gates et Big Pharma ont utilisé des enfants comme « cobayes »... sans être inquiétés par la justice. Pour rappel, entre 1995 et mai 2021, PATH a reçu plus de 2,5 milliards de dollars de la Fondation Bill & Melinda Gates. Ce qui précède prouve encore une fois la puissance de l'hydre, ce dangereux réseau trop bien structuré et verrouillé à tous les niveaux du Pouvoir mondial pour être inoffensif.
table ronde sur le vaccin universel contre la grippe - Milken Institute en 2019.
Extrait de la table ronde sur le vaccin universel contre la grippe
organisée par le Milken Institute en 2019.
La vidéo complète de la table ronde qui portait sur les vaccins antigrippaux universels est disponible ici.

Lors de la table ronde, le modérateur — Michael Specter du New Yorker — a posé la question suivante :
« Pourquoi ne faisons-nous pas exploser le système ? De toute évidence, nous ne pouvons pas fermer le robinet du système que nous avons actuellement et dire ensuite 'Hé ! tous les habitants du monde entier devrait recevoir ce nouveau vaccin que nous n'avons encore administré à personne', mais il doit y avoir un moyen. »
Michael Specter a ensuite mentionné que l'actuel production de vaccins est archaïque et a demandé comment un événement suffisamment « perturbateur » pourrait se produire pour inciter à la modernisation du processus actuel de développement et d'approbation des vaccins. Margaret Hambourg a d'abord répondu en disant qu'en tant que société, nous sommes actuellement en retard par rapport au stade où nous devrions être pour adopter une nouvelle approche, plus technologique, et qu'il est maintenant « temps d'agir » pour que cela devienne une réalité.

Quelques minutes plus tard, et en faisant essentiellement référence aux vaccins à ARNm, Anthony Fauci déclarait que passer à la méthode supérieure de production de vaccins implique
« de ne pas cultiver le virus du tout, mais d'obtenir des séquences, d'obtenir la protéine appropriée et de la coller sur des nanoparticules auto-assemblées. »
Anthony Fauci a ensuite ajouté :
« Le défi essentiel [...] est que pour passer de la [méthode] éprouvée de la culture [réalisée avec] des œufs [de poule] [...] à quelque chose de mieux, il faut prouver que cela fonctionne, et il faut ensuite passer par tous les essais critiques — phase 1, phase 2, phase 3 — et démontrer que ce produit particulier sera efficace pendant plusieurs années. Rien que cela, et si le produit fonctionne parfaitement, va prendre une décennie. »
Anthony Fauci a poursuivi en ajoutant qu'il était nécessaire de modifier la perception du public selon laquelle la grippe n'est pas une maladie grave dans le but d'accroître le sentiment d'urgence et que modifier cette perception parallèlement au processus actuel de développement et d'approbation des vaccins, serait « difficile », sauf à ce que le système existant n'adopte la position suivante : « Je me fiche de votre perception, nous allons nous attaquer au problème de manière perturbatrice et itérative. »

Toujours lors de cette table ronde, Rick Bright a déclaré que « nous devons agir aussi vite que possible et de manière urgente pour obtenir ces technologies qui permettent d'améliorer la rapidité et l'efficacité du vaccin », avant d'expliquer que le Conseil des experts économiques de la Maison Blanche venait de publier un rapport soulignant qu'il était primordial de donner la priorité aux vaccins « rapides ». Rick Bright a ensuite ajouté qu'un vaccin « médiocre et rapide » était préférable à un vaccin « médiocre et lent ». Il a ensuite ajouté que nous pouvons fabriquer « de meilleurs vaccins et les fabriquer plus rapidement » et que l'urgence et la perturbation étaient nécessaires pour produire le développement ciblé et accéléré d'un tel vaccin. Plus tard dans la discussion, Rick Bright a indiqué que la meilleure façon de « perturber » le secteur des vaccins en faveur de vaccins « plus rapides » serait l'émergence d'une « entité excitante, complètement perturbatrice, qui n'est pas soumise aux ficelles et processus bureaucratiques ». Il a ensuite ajouté et de manière très franche que par vaccins « plus rapides », il entendait les vaccins à ARNm.

La BARDA, dirigée par Rick Bright, et le NIAID, dirigé par Anthony Fauci, sont devenus en quelques mois les plus gros bailleurs de fonds du produit transgénique de Moderna nommé « vaccin anti-Covid-19 », à la fois en investissant respectivement des milliards et en co-développant le produit avec l'entreprise. Comme nous l'expliquerons dans la deuxième partie de cette série, le partenariat entre Moderna et le NIH [Instituts de la santé des États-Unis - NdT] pour le co-développement de ce qui allait bientôt devenir le produit transgénique de Moderna nommé « vaccin anti-Covid-19 » s'est forgé dès le 7 janvier 2020, bien avant que la [soi-disant - NdT] crise du Covid-19 en tant que pandémie ne soit déclarée de manière officielle et avant que ne soit proclamé par des officiels et d'autres personnes la nécessité d'un tel [soi-disant - NdT] vaccin. Non seulement le produit transgénique nommé « vaccin anti-Covid-19 » est rapidement devenu la réponse à presque tous les maux de Moderna, mais il a également fourni le scénario perturbateur nécessaire pour modifier les perceptions du public sur ce qu'est un « vaccin » et éliminer les garanties et la bureaucratie existantes dans l'approbation de ces derniers.

Comme le montrera la deuxième partie de cette série, ce qui a propulsé Moderna en tête de la course « Warp Speed » pour un « vaccin » contre le Covid-19 résulte d'un prétendu mélange de « heureux hasard et de prévoyance » issu de l'association de Stéphane Bancel de Moderna et de Barney Graham du NIH. Ce partenariat, ainsi que l'effet perturbateur de la [soi-disant - NdT] crise du Covid-19, a créé cette même « intervention miraculeuse de la Sainte Vierge » tant espérée par Moderna depuis au moins 2017, celle-là même qui a permis à la plupart des membres de son équipe dirigeante de devenir en quelques mois des milliardaires et des multimillionnaires.

Toutefois, l'« intervention miraculeuse de la Sainte Vierge » en faveur de Moderna ne durera pas — à moins que l'injection massive de son produit transgénique nommé « vaccin anti-Covid-19 » ne devienne annuelle [voire semestrielle - NdT] pour des millions de personnes dans le monde. Même si les données réelles recueillies depuis le début de son administration remettent en question la nécessité, la sécurité et l'efficacité de son produit transgénique nommé « vaccin anti-Covid-19 », Moderna — et ses partenaires — ne peuvent se permettre de laisser passer cette opportunité. Cela signifierait la fin du château de cartes soigneusement construit par Moderna.
Note de l'auteur : Le Dr Michael Palmer, le Dr Meryl Nass et Catherine Austin Fitts ont fourni des commentaires et des conseils très appréciés pour la rédaction de cet article. Je remercie tout particulièrement Katy M. pour son aide en tant que lectrice-correctrice.

À propos de l'auteur : Whitney Webb est rédactrice, investigatrice et journaliste professionnelle depuis 2016. Elle a écrit pour plusieurs sites web et, de 2017 à 2020, a été rédactrice en chef et journaliste d'investigation senior pour Mint Press News. Elle écrit actuellement pour The Last American Vagabond.
Source de l'article initialement publié en anglais le 7 octobre 2021 : Unlimited Hangout
Traduction : Sott.net