Oubliez les débats et les meetings, selon une étude américaine, notre orientation politique est déterminée par notre cerveau. Déconcertant.

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Selon une étude américaine, notre orientation politique serait déterminée par notre cerveau. © Bertrand Langlois / Eric Feferberg / AFP
Il y aurait donc des cerveaux siglés Hollande et d'autres Sarkozy. À quelques mois de l'élection présidentielle, voilà une révélation qui devrait grandement simplifier la tâche des sondages. Point de machination électorale bleu-blanc-rouge, rassurez-vous, l'étude en question n'a pas été réalisée dans l'Hexagone, mais de l'autre côté de l'Atlantique (où la campagne présidentielle fait également rage, cela dit). Et c'est The Guardian qui relate les principales conclusions de cette enquête. Et si le cerveau d'un électeur de droite n'était pas le même que celui d'un électeur de gauche ?

C'est ce qu'ont imaginé des chercheurs de l'université Lincoln dans le Nebraska, aux États-Unis, en constatant que les esprits conservateurs réagissaient davantage aux stimuli négatifs que les libéraux, qui, eux, seraient plus réactifs aux stimuli positifs. Une étude réalisée en avril 2011 par des membres de l'University College of London nous apprenait déjà que la structure cérébrale pouvait varier en fonction des opinions politiques. Les conservateurs, nous apprenait-on, posséderaient un plus petit cortex cingulaire antérieur (région cérébrale associée à la prise de décision) et des amygdales (région des émotions liées à la peur et à l'anxiété) plus développées que les libéraux. Qui l'eût cru ?

Et les centristes ?

Cette nouvelle étude américaine, qui repose sur les concepts de stimuli appétitif et aversif, va plus loin. Le principe de l'expérience est simple : l'équipe de chercheurs a présenté à un groupe de deux cents personnes une série d'images plaisantes ou désagréables et a analysé les réactions du cerveau de chacun des cobayes. Elle a ainsi distingué deux groupes : ceux qui se focalisaient sur les images plaisantes et ceux qui se concentraient davantage sur les clichés qui les dérangeaient.

Pendant que des électrodes mesuraient les modifications de chaleur de la peau, des capteurs surveillaient les mouvements de leurs yeux. Le résultat ? Les premiers s'avèrent libéraux, les seconds conservateurs. L'opinion politique s'exprimerait donc de manière physiologique et cognitive ? Lors d'une seconde expérience, les cobayes ont cette fois-ci été confrontés à des photos d'hommes politiques célèbres (Ronald Reagan, Bill Clinton, Hillary Clinton et George W. Bush). Le verdict est édifiant : les électeurs de droite réagissent plus fortement aux politiciens éloignés de leur bord politique, tandis que les électeurs de gauche sont davantage stimulés par les politiciens appartenant à leur propre tendance.

Et les centristes dans tout ça ? Quelles sont les particularités de leur cortex ? L'histoire ne le dit pas, mais une chose est sûre : si, d'aventure, les sondages décidaient de se baser sur les seules données biologiques, Bayrou aurait bien peu de chances de percer...