Voici le témoignage d'un étudiant qui a participé à la manifestation du 4 mai à Victoriaville organisée par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, et qui tient à l'anonymat :J'étais responsable d'un des autobus partant de Montréal. Avec moi, 35 étudiantEs. Mon rôle était de m'assurer que tous reviennent à Montréal sains et saufs. Je leur ai tous parlé de leurs droits face à la police, de comment réagir face à une arrestation, des questions auxquelles ils et elles ont l'obligation de répondre ainsi que des avocats à contacter. Je les ai tous et toutes avertis que la SQ a différentes tactiques que le SPVM n'a pas. Que le gaz lacrymogène risque d'être fortement utilisé à Victoriaville, contrairement à Montréal où l'utilisation de ce gaz est interdite. Leur expliquer les premiers soins en manifestation, en passant du Maalox au jus de citron, des meilleures façons de réagir devant des gaz lacrymogènes, du poivre de Cayenne, des gaz irritants. De s'assurer de se changer de linge en partant de la manifestation pour enlever toutes traces de produits chimiques ou même de peinture marquante envoyée par la police, parfois invisible à l'œil nu. C'est la routine du manifestant et de la manifestante typique. Nous étions tous stresséEs, sachant qu'à n'importe quel moment, l'autobus pourrait se faire intercepter par la police, ou même fouiller en entier. On ne se sent jamais en sécurité des forces de l'ordre, alors qu'on tente seulement de défendre nos droits... Enfin, bref.
Une fois à Victoriaville, la ville était morte, sous état de siège. Les rues barrées, les commerces fermés, les fenêtres fortifiées, les poubelles, les cendriers publics et les pots de fleurs cachés. Nous, syndicats, associations étudiantes, citoyens et citoyennes, prenons enfin la route vers l'hôtel Victorin. Devant l'hôtel, tout semblait préparé par la SQ pour que ça pète. Des clôtures minuscules facilement déplaçables, des palettes de briques dédiées à une quelconque rénovation, et sachant que le stationnement à côté de l'hôtel est encore en construction, et qu'il contient donc une quantité phénoménale de roches et de pavés. Pourquoi le service de police a-t-il recommandé de cacher tous les pots de fleurs alors que, directement à proximité de l'hôtel, des tonnes de briques sont visibles?