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Des apiculteurs frappés par le déclin des abeilles et des paysans aux champs moins fertiles s'associent pour recréer ce service naturel en voie de disparition.Ils se sont trouvés sur un site de rencontre. L'un est agriculteur, l'autre est apiculteur. La raison de leur union : la pollinisation. Ce service, indispensable à la multiplication des semences potagères et oléagineuses (colza ou tournesol), est, en principe, rendu gratuitement par la nature. En principe, car
« d'un coté le nombre d'insectes pollinisateurs décline, de l'autre, les besoins de l'agriculture augmentent avec les surfaces de cultures dépendantes de ces insectes, comme les variétés hybrides », résume
Bernard Vaissière, chargé de recherche en pollinisation et écologie des abeilles à l'
Inra (Institut national de recherche agronomique) d'Avignon (Vaucluse). Résultat : certaines régions d'agriculture intensive, comme la Beauce et ses plaines sans haies ni bosquets, sont confrontées à une pénurie de butineurs. Or, ceux-ci contribuent au moins à 30% de la fécondation des fleurs. Sans eux,
certaines productions s'effondrent.
Pour y remédier, les agriculteurs multiplicateurs, spécialisés dans la production de semences oléagineuses, louent les ruches d'apiculteurs pendant les périodes de floraison. Pour ce faire, ils surfent même désormais sur un site dédié,
Beewapi.fr à la recherche d'apiculteurs de leur région. Cette année, ils sont près de 2 000 a avoir été inscrits sur cette plateforme par
les sociétés de semences auxquels ils sont rattachés. Et une centaine d'apiculteurs les ont rejoints.