Il existe de nombreuses méthodes de méditations, mais il demeure un seul principe : vivre dans le présent et reprendre contact avec son être intérieur. Chacun appellera ce dernier comme il l'entend. Dieu, le Moi, le Soi, l'âme, l'être profond, le cœur... Quoi qu'il en soit, il s'agit de partir à la conquête de nous-même ; d'aller à la racine de notre âme. Ce n'est qu'en rétablissant ce contact que nous pourrons prétendre à un bien-être durable. Non pas un bonheur éphémère mais une paix et une joie présente en toute circonstance ou presque.

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La marche comme chemin pour se retrouver
Assis, debout, couché ? Les deux mon général ! Mais dès que l'on parle de méditation, on pense de suite au méditant parfaitement immobile assit en position du lotus. Pourtant, dans la tradition bouddhiste, on insiste sur le développement de la présence d'esprit dans les quatre positions principales : debout, assis, couché et en marchant. Dans la tradition de méditation de forêt de la Thaïlande du Nord-est, on accorde beaucoup d'importance à la méditation en marchant. De nombreux moines passent beaucoup de temps à marcher.

Le mouvement perpétuel

Pour qui n'est pas habitué à méditer pour stopper son mental, cela peut s'avérer un peu ardu au début. Nous sommes habitués à être en perpétuel mouvement, que ce soit sur le plan physique ou intellectuel, et de s'arrêter, ne serait-ce que de cogiter, nous paraît presque insurmontable. Si on le fait, c'est le plus souvent pour faire la sieste ou durant notre nuit de sommeil. Il n'est donc pas toujours facile de s'imposer à nos débuts, une demi-heure ou une heure de méditation assise avec pour ordre de vider notre esprit de toute pensée. Ce n'est d'ailleurs pas comme cela que l'on doit procéder. À ce niveau, toute injonction de notre mental est à proscrire. Il vaut mieux regarder ses pensées passer et les observer en toute conscience, que de se battre contre elles et lutter pour les chasser de notre esprit.
Tout cela pour dire que la marche méditative est parfois plus adaptée pour certaines personnes, car elle évite la notion d'immobilisme qui peut les gêner. Ainsi, certains sont plus naturellement attirées par la méditation en marchant, parce qu'ils la trouvent moins austère et plus naturelle. Quoi de plus naturel que de marcher ! Elle est également plus accessible à ceux qui ont des problèmes de dos ou d'articulation ou à ceux sujets à la somnolence et à l'endormissement
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Il existe plusieurs circonstances durant lesquelles on peut méditer, on peut même méditer en faisant sa vaisselle si l'on est vraiment à ce que l'on fait. Peut-être qu'on ne rentrera pas dans un état proche de l'extase en lavant des assiettes, mais on fera notre tâche en toute conscience et c'est cela le plus important.

Il en est de même pour la marche méditative. Le mouvement de notre corps engendré par la marche peut s'avérer un parfait allié, mais également le chemin que l'on foule. Il va de soi que la marche à une forte teneur symbolique. Marcher signifie aller, se diriger vers et plus précieux encore : être sur le chemin. Le simple fait de poser un pied devant l'autre évoque une direction. Un but, ou pas de but, et pour aller où ? Marcher signifie la lenteur, la simplicité, la fluidité, la tranquillité, l'inspiration, la contemplation et j'en passe ! C'est un formidable moyen de s'inscrire dans le présent et dans une posture de méditant. Hormis ce que nous pouvons rencontrer sur le sentier (notre chemin), la cadence et la monotonie de nos pas nous fait rentrer presque malgré nous dans un état de silence intérieur très favorable à la méditation.

Un autre avantage. La méditation en mouvement permet de prolonger l'état de concentration et de paix plus facilement qu'avec la méditation assise. Par exemple, après une demi-heure ou une heure de méditation immobile, le simple fait de reprendre la station debout et de se retrouver en mouvement peut nous faire sortir très rapidement de l'état de conscience acquis durant la méditation. En revanche, dans la marche méditative, et même si la méditation est moins profonde, il n'y a pas de rupture d'ambiance aussi franche. Après une heure de marche par exemple, la concentration et le degré d'intériorité acquis continuent de se poursuivre, quel que soit le nouvel environnement. C'est en tout cas ce que je constate lors de mes marches méditatives. En somme, la transition et le retour au quotidien se font plus naturellement, car l'on est toujours resté dans le mouvement.

Marcher est pour chacun une pratique journalière. C'est pourquoi, méditer en marchant est une façon naturelle d'introduire la méditation dans notre vie de tous les jours.