Le président Biden nous rejoue le « péril jaune » : la Chine volerait nos brevets, entretiendrait la corruption et détruirait l'environnement avant de nous imposer par la force son régime totalitaire. Heureusement les États-Unis et l'Otan protégeraient les démocraties et la paix. Mais alors comment expliquer l'alliance entre Beijing et Moscou qui devrait ressentir la même peur ? Ce serait simplement l'« alliance des dictatures ».
Pour toute personne ayant vécu la Guerre froide, cette narration sonne faux.

© Wikimedia Commons« En Chine - Le gâteau des Rois et... des Empereurs » — Caricature politique française de la fin des années 1890
Le projet chinois des routes de la soie est un succès mondial. Malgré toutes les critiques émisses (corruption des élites locales, endettement des pays partenaires, atteintes aux droits environnementaux), les pays qui y participent connaissent une forte croissance.
Comment ne pas s'étonner que les programmes d'aide au développement des Occidentaux n'y soit pas parvenus depuis la décolonisation ?
Et surtout, comment ne pas s'étonner, qu'après avoir durant des décennies vanté les mérites pour tous des échanges internationaux, l'Occident dénonce ce succès ?
Les relations entre l'Occident et la Chine au XXIe siècle ne sont pas une succession de qui-pro-quo, mais de méprises à sens unique. Les États-Unis refusent de comprendre le mode de pensée chinois et ne cessent de projeter leurs propres défauts sur Beijing.
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