Nous avons tous le mot « Démocratie » à la bouche et nos médias nous mettent en garde contre les dérives autoritaires de pays illibéraux. Pourtant, certains d'entre nous refusent d'organiser des débats contradictoires aussi bien sur les attentats du 11-Septembre que sur la réaction à l'épidémie de Covid-19.

© InconnuLes trois singes du temple shintoïste Toshogu. Ils illustrent le précepte d’un sage chinois : « Ne rien dire de mal, ne rien voir de mal, ne rien entendre de mal ». Ils pourraient aussi illustrer la lâcheté occidentale : « Ne rien dire de la Vérité, ne rien voir de la Vérité, ne rien entendre de la Vérité ».
Les célébrations du 20e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 donnent à lire deux narrations absolument contradictoires selon que l'on se réfère à la presse écrite et audio-visuelle ou à la presse digitale. Pour les uns, Al-Qaïda avait déclaré la guerre à l'Occident en ourdissant un crime à grand spectacle, tandis que pour les autres le même crime a masqué un coup d'État intérieur aux USA.
Tout débat est impossible entre les tenants de ces deux versions. Non pas que les deux camps le refusent, mais parce que les partisans de la version officielle — et eux seuls — s'y refusent. Ils considèrent leurs adversaires comme des « complotistes », c'est-à-dire dans leur esprit au mieux des imbéciles, au pire des gens malfaisants, des complices — volontaires ou non — des terroristes.
Désormais ce désaccord s'applique à tout événement politique majeur. Et la vision du monde des deux camps ne cesse de se distancier l'une de l'autre.
Comment une telle fracture entre des concitoyens a-t-elle pu advenir dans des sociétés qui aspirent à la démocratie ? D'autant plus que, non pas cette fracture, mais la réaction à cette fracture rend toute démocratie impossible.
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