A en croire les dépêches d'agence, la quasi-majorité de la classe politique française aurait fait part de son indignation
après l'occupation du chantier de la mosquée de Poitiers par un groupuscule d'extrême-droite. La belle affaire... Attendons d'abord un peu avant de saluer un tel unanimisme. Dans les prochaines heures ou dans les prochains jours, il se trouvera bien un politicien pour nuancer cette sévérité et trouver des circonstances atténuantes à ces extrémistes qui se réclament du bloc identitaire. Il se trouvera bien quelques éditorialistes ou intellectuels médiatiques pour réinjecter le poison de l'islamophobie dans le débat public français.
Car l'occupation du chantier de la mosquée de Poitiers n'est pas un acte isolé. Elle s'inscrit dans une longue liste d'actions et de déclarations visant à dénigrer les musulmans de France et à engranger des bénéfices électoraux sur le dos d'hommes et de femmes qui se demandent d'où viendra le prochain coup. Le discours politique islamophobe, à droite comme à gauche, le pilonnage frénétique des médias (témoin cette journée spéciale de France Inter, radio publique..., sur l'islamisme radical), les petites phrases des politiques chez qui l'islam semble être une obsession, les écrits démentiels (et, finalement, si peu décriés) d'un éditeur français qui magnifie le massacre d'Oslo : tout cela a créé les conditions idéales pour qu'arrive ce qui s'est passé à Poitiers. En attendant la suite qui risque d'être pire.