Le lynchage de 3 jeunes Palestiniens par un groupe d'Israéliens, en plein centre de Jérusalem, vendredi dernier (1) fait des vagues dans la société et la presse israéliennes, dont une partie découvre avec stupeur et effroi le niveau de haine criminelle de la jeunesse qu'elle a engendrée et qui est son miroir. Les jeunes agresseurs ne sont pas des délinquants marginaux, ce sont des garçons et des filles entre 13 à 18 ans, qui se sont déchaînés, aux cris de "Mort aux Arabes", lorsqu'ils ont vu Jamal, 18 ans, Mujahad et Nuaman al-Julani, de Ras al-Amud, marcher tranquillement rue Ben-Yehuda. Une foule s'est amassée autour de la scène, observant pour la plupart sans intervenir, sinon pour empêcher les premiers secours appelés sur les lieux de prendre en charge Jamal, gisant par terre, blessé à la tête, inconscient.

Jamal al-Julani en soins intensifs à l'hôpital Hadassah Ein karem, le 18 août 2012, avec sa mère (Photo by Oren Nahshon)
Quelques heures auparavant, d'autres Israéliens avaient jeté un cocktail Molotov sur un taxi palestinien, près de Ramallah. Les cinq passagers du taxi ont été blessés, dont deux brûlés au second degré.
Les deux attaques, l'une en plein Jérusalem, et l'autre en Cisjordanie , font la preuve, s'il en était besoin, que la distinction entre les Israéliens du Territoire 48 et ceux qu'on nomme commodément "les colons extrémistes" de Cisjordanie est nulle et non avenue. Il n'y a pas d'un côté des Israéliens "modérés", et de l'autre des colons fous. Il y a des individus, nourris de l'idéologie sioniste et de haine anti-arabe depuis leur enfance, par l'enseignement ou l'éducation familiale, à qui leur propre histoire apprend que le Palestinien est l'ennemi, un ennemi sous-humain, à qui on peut tout voler, son pays, sa terre, son histoire et sa vie, dans la plus grande impunité, et même avec la complicité tacite du monde extérieur dit civilisé. Et les colons qui sèment la terreur dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie ne sont que l'avant-garde, la tête de pont décomplexée de toute une société militarisée à l'extrême.