« Plus personne ne le conteste en dehors du petit cercle des militants de la dés-instruction qui se sont toujours servis de l'école pour faire de la politique, et dont le cas est sans remède : le taux de réussite au baccalauréat est si élevé qu'il ne signifie plus rien, les autorités elles-mêmes n'osant plus s'en réjouir, pas plus qu'elles ne consentent à avouer que pour connaître le niveau réel de la population, il vaut parfois mieux s'en remettre aux évaluations auxquelles procède l'institution militaire qu'à celles effectuées par ce qu'il reste de l'institution scolaire. »
« Avant de savoir comment remonter de là, si c'est encore possible, il est indispensable de prendre l'exacte mesure du désastre dissimulé par des chiffres flatteurs et pourtant si suspects aux yeux de tous.
Près de 90 % de réussite, une explosion du nombre des mentions, des notes faramineuses conduisant même, dans quelques rares et néanmoins curieux cas, à obtenir plus de points que le total des points théoriquement possibles, voilà pour le côté face ; et pourtant, derrière ces records stupéfiants, une réalité catastrophique mais soigneusement tue, un taux d'échec dans l'enseignement supérieur parmi les plus élevés des pays comparables et difficile à dissimuler quant à lui, un quasi-illettrisme d'une grande masse des admis dont on fait semblant de s'accommoder en décrétant que les impétrants ont d'autres compétences, voilà pour le côté pile ! Des professeurs le disent, et depuis longtemps, mais on ne les entend pas.
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