Traduit par Petrus Lombard
Variations des températures du Groenland : Comparaison 2011, 2012 et 2013.
Crédit : NOAA
Grâce à ses armes, peste, famine et (peut-être le controversé) tremblement de terre, l'ainsi nommé « Petit âge glaciaire » réduisit la population de l'Europe de l'ordre de 30 à 50 pour cent. La virulence et la mortalité de la peste de l'année 1348 sont absolument inégalées dans les exemples modernes. En outre, la formidable famine mondiale de 1315, tant à cause du climat que de la peste, fut catastrophique. L'implacable chute des températures combinées à un climat erratique est quasiment impossible à expliquer, mais l'humanité ne jouât aucun rôle dans sa création. Quelles sont les forces naturelles qui provoquèrent ce scénario catastrophique ? Le Groenland est un exemple typique de destruction et d'abandon. Remontons le temps et voyons ce qui s'est passé.
Bien que le Petit âge glaciaire soit une reconstruction scientifique, il couvre une période où, par rapport à l'époque actuelle, sévit un important et chaotique revers climatique. Il est divisé en quatre périodes entre 1280 et 1850. Ces périodes froides et erratiques sont désignées sous le nom de Wolf, Sporer, Maunder et Minimum climatique de Dalton. Créant les premières conditions de la famine et (curieusement) de la peste, ces dramatiques détériorations du climat ne furent en moyenne pas seulement plus froides, plus humides et plus venteuses, mais aussi bien plus chaotiques par leurs fluctuations.
Le petit âge glaciaire suivit une période connue sous le nom de « Maximum médiéval » (Optimum climatique médiéval), daté de 900 à 1280, dont les nombreuses traces révèlent qu'il était bien plus chaud que l'ère moderne. Par exemple, des vignes poussaient dans la région froide de l'actuel Pays de Galles ! Ce fut dans l'ensemble une période de prospérité civilisationnelle. Il y eut une forte augmentation de la population mondiale et une ère d'expansion coloniale. Au cours des années 800 à 1200, le Groenland et l'Islande furent colonisés par les Vikings. L'Optimum climatique médiéval permit le développement de cette grande migration. Plus tard, les icebergs firent courir les plus grands dangers aux marins, mais les rapports concernant les glaces flottantes n'apparurent qu'à partir du XIIIe siècle dans les anciens dossiers.