Interview de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, accordée au holding médiatique RBC, Moscou, 19 février 2021.

Sergueï Lavrov
Vaccins, politique, relations Russie/UE, sanctions anti-russes, le Nord Stream, la Otan, l'Ukraine, relations Russie/États-Unis, la question du désarmement... voilà entre autres les sujets que Sergueï Lavrov aborde dans cette entrevue.
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Question : On a le sentiment que l'Occident est très irrité par l'apparition du vaccin russe Sputnik V. Au début, ils se sont vraiment comportés de manière très agressive et ne l'ont pas autorisé. Quand j'ai parlé au Ministre russe de l'Industrie et du Commerce, Dmitri Mantourov, il a déclaré que c'était une
"guerre des vaccins". Cet avis a changé à présent. S'agit-il vraiment uniquement de la qualité du vaccin ou la politique est tout de même mêlée à ces décisions ?
Sergueï Lavrov : Ici s'applique certainement la logique du proverbe russe "je le veux mais ça gratte". L'Occident sait que le Sputnik V est effectivement le premier, si pas le meilleur, vaccin. Sinon il n'y aurait pas autant de demandes - et elle grandit de manière exponentielle.
D'un autre côté, ils ont conscience du fait que la propagation du Sputnik V et d'autres vaccins russes qui sortiront prochainement sur le marché international signifie une hausse de l'autorité et de la réputation de la Russie sur la scène internationale. Ils ne le veulent pas. Mais ils ont pris conscience du fait que la première réaction était complètement révoltante du point de vue des faits, du point de vue de la science médicale. Quand, en août 2020, le Président russe Vladimir Poutine a annoncé la création du vaccin, les attaques n'étaient pas du tout diplomatiques : elles laissaient transparaître l'irritation, vous avez absolument raison.
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