On dit que l'enfer est pavé de bonnes intentions, et c'est là toute l'histoire de la modernité occidentale et de son libéralisme triomphant. Ainsi, le Marché et le Droit étaient censés venir à bout de l'Histoire et de ses guerres par l'avènement d'une humanité nouvelle sans autre aspiration que la réalisation des désirs particuliers de chacun. L'échec est total. Non seulement la modernité occidentale à la sauce libérale conduit le monde à la ruine ; non seulement elle organise méthodiquement la guerre de tous contre tous dans une tentative désespérée de faire cohabiter tous les égoïsmes concurrents ; non seulement elle réussit le tour de force de multiplier les conflits locaux ou régionaux et de paver la voie au retour des grandes guerres qu'elle prétendait éviter ; mais elle exige aussi d'être adorée et considérée comme un modèle de vertu indépassable, glissant dès lors inexorablement vers ce totalitarisme dont elle se croyait également l'antidote.
La faillite est donc complète, parfaite et pour tout dire exemplaire. Pourtant, cette modernité pervertie, cet empire libéral mondialisé devenu « Système », aligne une puissance de feu telle désormais qu'il ne peut même plus s'effondrer naturellement. Reste dès lors une sorte d'empire déjà mort mais incapable de mourir tout à fait en même temps, un Système-zombie en somme, croulant sous le poids des crises qu'il engendre, qu'elles soient écologique, géopolitique, économique ou, comme aujourd'hui, migratoire.
Philip Giraldi/Maxime Chaix De Defensa sam., 08 août 2015 04:55 UTC
Avec son aimable autorisation, j'ai traduit cet article de Philip Giraldi, un ancien officier de la CIA devenu un commentateur dissident de la politique étrangère états-unienne. Cette analyse m'a semblé intéressante au regard de l'actualité. En effet, le concept d'« État profond » est en train de se populariser : aux États-Unis, il désigne un système de gouvernance informel, occulte et démocracide dont Wall Street est l'épicentre. J'ai moi-même tenté d'appliquer ce concept à la France, dans un article publié par DeDefensa.org et influencé par Peter Dale Scott, dont je suis le traducteur. Philip Giraldi m'a indiqué ne pas connaître cet auteur ; néanmoins, sa définition de l'État profond américain est proche de celle du Dr. Scott.
Dans cet article, M. Giraldi explique d'abord ce qu'est l'État profond turc, montrant dans quelle mesure le patriotisme peut devenir un prétexte pour subvertir la démocratie et satisfaire des intérêts particuliers. Il décrit ensuite l'État profond américain, en déplorant le fait que ses acteurs soient attirés par le profit au détriment de l'intérêt général, de la démocratie et de la sécurité collective. Ainsi, il dénonce notamment la surveillance de masse, la dérégulation financière, la corruption politique et la guerre globale contre le terrorisme. Il est donc intéressant de connaître l'opinion d'un ancien officier de la CIA sur l'actuel système de gouvernance aux États-Unis, car son constat est aussi sévère qu'alarmant. Maxime Chaix.
Afin de lutter contre la propagation des "rumeurs" sur le net, les autorités chinoises vont déployer des policiers directement dans les principales sociétés du web.
C'est un cap majeur que la Chine s'apprête à franchir en matière de surveillance. En plus des mesures déjà en place pour supprimer les informations qui ne plaisent pas au pouvoir central, Pékin va prochainement déployer des policiers dans les locaux des principales sociétés du web pour empêcher plus rapidement la propagation des contenus illicites sur la toile mais aussi pour augmenter la pression sur ces entreprises afin qu'elles mettent davantage de cœur à l'ouvrage dans la censure.
On ne sait pas encore quelles seront les firmes qui devront accueillir ces "commissariats décentralisés", selon l'expression de Pierre Haski de Rue89, mais Alibaba, qui est le spécialiste du e-commerce en Chine, a d'ores et déjà fait part de sa volonté (a-t-il le choix ?) de coopérer avec les autorités. L'on imagine que des groupes chinois comme Baidu (moteur de recherche), Sina (portail web) et Tencent (réseautage social) vont suivre rapidement le mouvement.
La multinationale au logo de pomme se prépare à lancer Apple News pour concurrencer Google News.
Le démarrage se fera aux États-Unis, en Australie et en Grande-Bretagne, les nations gendarmes du nouvel ordre mondial. Apple a déjà signé des accords avec différents médias tels que The New York Times, The Economist, Time, Vanity Fair,... Ceux-ci fourniront aux services d'Apple News des articles mais c'est Apple qui sélectionnera ce qui sera publié sur Apple News et choisira les titres. L'application francophone d'Apple News ne fera son apparition qu'après le rodage de la version anglo-saxonne.
Mais il est à craindre que cette nouvelle emprise d'Apple sur l'information diffusée sur internet vienne ajouter à l'aseptisation de la grille de lecture de l'actualité. En effet, il existe déjà un indice inquiétant à ce sujet : la charte qu'Apple fait signer à la presse française pour « mériter » de publier une publicité d'Apple - chèrement payée - en dos de couverture. Pour bénéficier de ce budget publicitaire, les médias français doivent s'engager à ne pas aborder certains sujets en couverture. Les thèmes interdits sont la cigarette, le sexe, la violence, mais aussi... la guerre et le terrorisme.
Si Apple News conserve la même politique que cette charte publicitaire d'Apple, le traitement de l'actualité pourrait bien ressembler à un concert de banalités positives destinées à assurer le formatage d'une société consumériste. Pas un mot sur les guerres ou le terrorisme téléguidés par l'Empire du Nouvel Ordre Mondial, juste des conseils pour continuer à sagement consommer les produits dont Apple se chargera par ailleurs de vous faire la publicité.
Pour mémoire, ci-dessous, une vidéo de Steve Jobs, fondateur d'Apple, datant de 1983. Avec culot, il y était question de s'opposer à la dictature de la pensée unique décrite par George Orwell dans son roman d'anticipation 1984.
Le 2 Août, le journal britannique du Sunday Express titrait "Le SAS se déguise en combattants de l'EI dans la guerre secrète contre les djihadistes":
"Plus de 120 membres appartenant au régiment d'élite se trouvent actuellement dans le pays ravagé par la guerre, secrètement déguisés en noir et faisant flotter les drapeaux de l'EIIL", ils sont engagés dans ce qui est appelé l'Operation Shader: attaquer des cibles syriennes sous le prétexte de combattre l'EIIL.
Il se peut que des forces commandos américaines et des éléments de la CIA soient impliqués de la même manière. Pendant la guerre d'Obama en Libye, la Grande-Bretagne a déployé des centaines de ses membres des Special Forces Support Group (SFSG) parachutistes, tirés de ses personnels du SAS (Special Air Service) et du SBS (Special Boat Service).
Environ 800 Royal Marines et 4000 Marine américains se tenaient en renfort, prêts à intervenir le cas échéant.
Cette dernière révélation intervient deux semaines après avoir appris que le premier ministre David Cameron avait approuvé l'an dernier que les avions britanniques rejoignent ceux des Etats-Unis pour bombarder la Syrie malgré le rejet du parlement britannique en Août 2013.
La propagande US est tellement ridicule qu'aucune personne intelligente et éclairée ne lui donnerait la moindre considération sérieuse. Elle insulte l'intelligence du public.
Voici un exemple typique de ce ridicule : le 16 juillet, le Département d'État américain a publié un « Voyage en Ukraine Avertissement » qui dit :
« Le Département d'État des États-Unis conseille à ses citoyens de reporter tout voyage en Crimée et dans les régions orientales de Donetsk et Louhansk, et recommande à ceux qui vivent actuellement là-bas ou y sont en visite de les quitter... Les séparatistes soutenus par la Russie continuent de contrôler les zones dans les oblasts de Donetsk et Louhansk. Malgré la signature d'un accord de cessez-le feu par les représentants de l'Ukraine, de la Russie et de l'OSCE, de violents affrontements entre les forces séparatistes russes combinées et les forces ukrainiennes continuent dans certaines parties de ces régions orientales de l'Ukraine, provoquant des milliers de blessés et de morts. L'accord de cessez-le feu a créé une ligne de démarcation de facto entre les zones ukrainiennes contrôlées par le gouvernement et celles tenues par les séparatistes en Ukraine, avec de nombreux points de contrôle tenus par les uns ou les autres. Des individus, y compris des citoyens américains, ont été menacés, détenus ou enlevés pendant des heures ou des jours après avoir été arrêté aux points de contrôles séparatistes ...
Le Département d'État des États-Unis conseille également à ses citoyens de reporter tout voyage dans la péninsule de Crimée, qui est occupée par la Russie. La Fédération de Russie est susceptible de prendre d'autres mesures en Crimée pendant le reste de l'année 2015 suite à son annexion illégale et à son occupation de cette partie de l'Ukraine. La communauté internationale, y compris les États-Unis et l'Ukraine, ne reconnaissent pas cette prétendue annexion. La Fédération de Russie maintient une présence militaire en Crimée et le long de la frontière orientale de l'Ukraine... »
Le crime contre l'humanité que le capitalisme et l'UE commettent contre des dizaines de milliers de personnes forcées à migrer, continue de s'accroître. Générant une hécatombe face à laquelle nous ne pouvons rester silencieux, ni commettre l'obscénité d'adopter pour vraies les théories fallacieuses qui cherchent à faire porter la responsabilité du drame par des supposées "mafias".
Responsabiliser les supposées « mafias de migrants » c'est essayer d'occulter les véritables responsables. Le Capitalisme est le responsable de cette tragédie : ceux qui s'enrichissent sur la sueur d'autrui et le saccage de la planète. Les transnationales gonflent leur fortune grâce à la torture des peuples : le saccage est viabilisé moyennant les guerres impérialistes, la répression et le paramilitarisme. 85 multimillionnaires capitalisent une richesse équivalente à la somme partagée par la moitié de la population de la planète (1) ; 3,570 millions de personnes qui survivent exploitées dans des fabriques tombeaux, devant s'alimenter des détritus, devant vendre leurs organes ou leur sang, devant se prostituer depuis l'enfance, ou devant entreprendre des exodes terribles, dont la culmination ne sera autre que la mort par noyade ou la noyade en vie, devant pâtir l'exploitation extrême dans l'Europe Forteresse, en cas de survivre au voyage.
Alors que l'État islamique menace directement la Russie à travers ses républiques musulmanes du Caucase et aussi par ses nombreux immigrés, clandestins ou non, en provenance des anciennes républiques islamiques soviétiques, Vladimir Poutine observe l'expansion de l'État islamique sunnite à quelques encablures des frontières de la Russie d'un très mauvais œil. Les rapports extrêmement troubles entre les USA et l'État islamique d'une part et la Turquie, le Qatar, l'Arabie saoudite et l'État islamique d'autre part, n'échappent certes pas à la diplomatie russe, surtout maintenant que la coopération entre la Turquie et les USA est en train d'accentuer la pression contre l'État Syrien, en développant l'approche d'un programme de partage de zones d'influence, voire une approche de partage des terres ou des ressources syriennes.
C'est dans ce contexte que Vladimir Poutine lance un grand pavé dans la marre islamo-occidentale en proposant une autre alliance pour lutter contre l'expansion islamiste, qui prend à revers les relations troubles de la coalition islamo-mondialiste avec les bandes terroristes islamistes. (Coalition islamo-mondialiste = Occident avec USA en tête + Turquie, Arabie Saoudite, Israël, Qatar... ). Vladimir Poutine oppose aux actions aériennes inefficaces sous commandement américain de la coalition alliée, une large coalition de forces terrestres incluant les armées syrienne et irakienne, les forces kurdes et celles d'autres pays de la région, parmi lesquelles on peut penser à l'Egypte du général al-Sissi, ou à l'Iran.
Le 8 juillet 2015, s'est produit un événement massivement ignoré mais historiquement très importante (brièvement mentionné par la BBC). Il s'agit du seul jugement dans lequel un ancien chef d'État, l'ami guatémaltèque de Ronald Reagan, le général Rios Montt, ait jamais été condamné dans son pays pour génocide. Il s'est enfin terminé, après un long procès, par une déclaration d'un tribunal guatémaltèque, alléguant que le jugement du 10 mai 2013, condamnant Montt à 80 ans de prison pour génocide, devait maintenant être simplement abandonné, parce que Montt est censé être mentalement inapte à être jugé. Même si une révision de son procès avait été promise, elle n'aura probablement pas lieu. La ploutocratie du Guatemala semble avoir bloqué toute sanction pour le génocide provoqué par leur général et ancien président.
Le parlement israélien vient d'approuver ce matin un projet de loi autorisant l'alimentation forcée. Cette loi permet d'alimenter de force un prisonnier en grève de la faim.
L'alimentation forcée est définie comme étant un acte de torture par l'Association Médicale Mondiale et est condamnée par les Nations unies ainsi que par le Comité International de la Croix Rouge. Cette loi est la réponse du gouvernement israélien aux mouvements successifs de grève de la faim portant les revendications des prisonniers pour leur libération et l'amélioration de leurs conditions de détention. C'est une nouvelle atteinte à leurs droits fondamentaux.
Israël emprisonne actuellement plus de 5700 Palestiniens en violation du droit international. Ainsi, les détenus palestiniens sont systématiquement transférés dans des établissements situés sur le territoire israélien, en violation des articles 49 et 76 de la IVe Convention de Genève qui prohibe les transferts forcés d'individus hors du territoire occupé.
Les conditions de détention des Palestiniens dans les prisons israéliennes sont extrêmement dures et impliquent un large éventail de violations du droit international humanitaire et de la IVe Convention de Genève : torture, transferts de prison à prison, détention administrative, isolement, interdiction de visites, absence de traitements médicaux, et autres mauvais traitements. L'alimentation forcée, outre les questions éthiques qu'elle pose sera un moyen d'interdire aux prisonniers palestiniens la grève de la faim, arme ultime, qu'ils utilisent au risque de leur vie, pour faire valoir les droits qui leurs sont déniés par le système judiciaire israélien. La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine condamne cette pratique et souhaite que la France en tant que Haute Partie contractante à la quatrième Convention de Genève agisse urgemment pour le retrait de cette loi.
Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s'y prendre de manière violente. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l'idée même de révolte ne viendra même plus à l'esprit des hommes. L'idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, l'on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l'éducation, pour la ramener à une forme d'insertion professionnelle. Un individu inculte n'a qu'un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l'accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l'information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.
- Aldous Huxley, Le Meilleur des Mondes
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Commentaires Récents
Bon, je vais moi aussi prendre le risque d'ajouter ma pierre, puisqu'on en est à partager des convictions profondes, totalement invérifiables,...