Second volet de notre interview en trois volets consacrée à la guerre en Ukraine avec Oleg Nesterenko. On a coutume de dire que, transposant le fameux aphorisme de Carl von Clausewitz. « L'économie n'est que la continuation de la guerre par d'autres moyens ». Et si elle en était le moteur ? C'est ce que défend le président du Centre de commerce et d'industrie européen (
CCIE), un homme rompu aux affaires et à la politique internationale.
A rebours des médias occidentaux, nous avons fait le choix de lui donner la parole, non pas pour présenter et défendre une certaine vision du conflit, au risque de propagande - ce n'est pas et ne sera pas notre rôle - mais pour que cet autre point de vue permette de mieux éclairer toutes les facettes d'une guerre qui est aussi celle de l'information.
L'Éclaireur - Alors que la question se pose de la fin de la suprématie du dollar, vous dites que la guerre en Ukraine est non seulement la guerre du dollar mais qu'elle n'est pas la première...Oleg Nesterenko - Je vois que vous faites allusion à mon
analyse sur les guerres du dollar, publiée cela fait quelque temps. En effet, ce n'est pas la première, ni même la deuxième, mais la troisième guerre du dollar. La première, c'était la guerre contre l'Irak de Saddam Hussein. La deuxième, celle de la guerre contre la Libye de Kadhafi. Et la troisième, donc, contre Moscou sur le territoire de l'Ukraine, menée sur le territoire d'un État tiers, tout simplement parce qu'on ne peut pas mener la guerre contre les Russes directement chez eux. Et ce n'est que la guerre hybride et par procuration qui peut avoir lieu face à la Russie.