La vive controverse déclenchée par les propos du Secrétaire d'État John F. Kerry, affirmant qu'Israël risquait de devenir un « état d'apartheid », nous rappelle une fois de plus que les faits, les données et l'apparente complexité des règles du droit international semblent souvent avoir un effet sur les discussions tenues en haut lieu à propos d'Israël.
Comme ce fut déjà le cas à l'époque lorsque d'autres figurent majeures du pays avaient brandis le « A-word » à propos d'Israël (on pense à Jimmy Carter), la réaction politique aux propos de Kerry fut instantanée et émotionnelle. « Israël est la seule démocratie du Proche Orient, et établir un lien entre Israël et l'apartheid est insensé et ridicule, » déclarait la Sénatrice de Californie Barbara Boxer. Fin de l'histoire, donc ?
Pas vraiment. Les politiciens pourront se contenter de déclarations plates et sans fondement, mais pour quiconque est poussé par un minimum de curiosité, il n'est pas inutile de s'arrêter quelques instants pour réfléchir au terme et à son application à Israël.
Le terme « apartheid » n'est pas simplement une invective ; il s'agit d'un mot ayant une signification légale spécifique, laquelle est définie par la Convention Internationale sur l'Élimination et la Répression du Crime d'Apartheid, adoptée par l'Assemblée des Nations Unies en 1973 et ratifiée par la plupart des États membres (à l'exception éhontée d'Israël et des États-Unis).