Traduit par Marie-Ange Patrizio pour Mondialisation.ca« Est-ce possible : bombarder l'après-midi, juste à côté d'une université ? Heureusement qu'il n'y avait pas d'étudiants : nous avions fermé, ce jour-là, à cause d'un problème survenu la veille ». Ali Mohamed Mansour, originaire de Ajdabiya et recteur de la faculté d'économie et de sciences politiques de l'université Al Fateh, explique que c'est un camp militaire hors d'usage qui a été visé et touché, mais que le déplacement d'air a endommagé les salles de l'université. Il nous montre les lourds plafonds de ciment écroulés, les vitres brisées : « Quels Libyens protège-t-on et quels sont ceux qu'on veut éliminer ? ».
A l'Académie des études supérieures, le directeur Milad Salad Milad nous montre sur son ordinateur la photo de sa fille Safà, deux ans et demie. La première nuit de bombardements, deux missiles sont tombés à 500 mètres de chez eux. En deux mois, Safà s'est plus ou moins habituée. Son père par contre ne s'est pas habitué à un autre fait : « Je me sens trahi par nos amis universitaires d'avant. Nous avions des contacts avec des centaines d'entre eux. Et deux seulement se sont manifestés, de l'étranger, depuis que la guerre a commencé. L'establishment ne m'intéresse pas, les Berlusconi qui passent du baisemain au poignard, mais mes collègues... pourquoi ? A cause, je crois, des mensonges quotidiens de la plupart des medias ».